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27 févr. 2011

The Haunting of Morella



Réalisé par Jim Wynorski en 1990.
Avec David McCallum, Nicole Eggert, Christopher Halsted, Lana Clarkson, Jonathan Farwell...
D'après le nouvelle Morella d'Edgar Allan Poe.

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Après avoir été jugée comme sorcière, Morella est lynchée par une foule fanatique, mais avant de mourir elle lance la malédiction sur son époux, jurant qu'elle reviendra sous l'apparence de sa propre fille, Lenora.
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Au début des années 90, après avoir, en 1988, réalisé son ultime chef-d'oeuvre, Frankenstein Unbound, Roger Corman passe définitivement à la production et fait tourner à plein régime sa compagnie Concord-New Horizons. Il est alors célèbre pour produire à tour de bras des réponses à petit budget au plus gros blockbusters (resuçant par exemple allègrement les enjeux du Abyss de James Cameron avec Lords of the Deep), mais il en profite aussi pour en revenir à ce qui fit sa renommée dans les années 60 : le cycle Poe.
Après avoir confié à Larry Brand le remake du Masque de la Mort Rouge (qui n'en avait pas besoin), il se tourne vers Jim Wynorski, l'enfant terrible de son écurie, pour réaliser un long métrage issu d'une nouvelle qui n'avait en 1962 occupé qu'un segment de 20 minutes des Tales of Terror : Morella.
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La qualité alléatoire des productions Corman depuis la fin des années 80 incite à une certaine prudence quand on approche un titre comme celui-ci, aussi alléchant soit-il. Mais on peut noter d'emblée que Wynorski semble tout faire pour apparenter ce film, au moins dans sa forme, à ceux du cycle Poe, clot 25 ans plus tôt. The Haunting of Morella a tout d'un film nostalgique et les efforts du réalisateur pour lui donner toute l'élégance de ses ainés sont manifestes et louables : Décors, photographie, musique sont autant d'atouts qui, pourtant ne peuvent pallier des aspects plus discutables.
Le premier de ces aspects, est le scénario, rien que ça. Les films du cycle Poe n'ont jamais été d'une fidélité absolue, mais aucun n'a étiré sur 90 minutes une nouvelle de 7 pages. Si Haunting of Morella n'est jamais ennuyeux, il est souvent complêtement farfelu, ce qui me l'a rendu plutôt sympathique, mais qui se révèle préjudiciable lorsqu'on se demande ce qui reste de Poe dans tout cela.
L'aspect "remplissage" est lui par contre assez déplaisant, Wynorski s'amusant à déshabiller ses actrices sous des pretextes divers et variés, ce qui peut causer des problèmes d'attention à ceux qui ne sont pas là pour mater.
Rien de bien méchant à part ça, sinon les effets spéciaux et maquillages de Dean Jones qui à défaut d'être effrayants sont plutôt désuets, voire savoureusement ringards.
Côté casting, on a le plaisir de retrouver David McCallum, qui nous sort une partition mélancolique à la Vincent Price qui vaut le coup d'oeil. Nicole Eggert manque certainement de charisme pour incarner le double rôle de Morella/Lenora, mais son côté pin-up ravira les amateurs, quant à Lana Clarkson, qui incarne sa plantureuse gouvernante, elle fait à côté d'Eggert et même de McCallum, figure de géante, c'en est terrifiant (l'actrice et top modèle assassinée en 2003 était connue pour sa haute stature).
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Si Corman choisissait avec son segment Morella en 62 de se concentrer sur les relations troublées entre un père et sa fille, le premier jugeant le seconde responsable de la mort de Morella, Wynorski et son scénaristes s'attachent eux à l'état psychologique de la jeune fille qui découvre qu'elle sera le médium qui permettra à sa mère défunte d'assouvir sa vengeance. Un parti pris qui permet à Wynorski de tourner des séquences cauchemardesques, plutôt granguignolesques qui font de The Haunting of Morella un spectacle ô combien distrayant, mais qui peine, et c'est regretable, à passer pour un retardataire du cycle Poe.

21 juin 2010

Carnosaur

Roman de John Brosnan (sous le pseudonyme de Harry Adam Knight)


Il ne se passe jamais rien à Warchester, c'est du moins ce que pense David Pascal, jeune journaliste au Warchester Times. Il semblerait pourtant que cette année fasse exception : Une série de meurtres atroces sont commis dans le petit comté britanique et tout le monde soupçonne bien vite un animal échappé du zoo privé de Lord Penward, un riche excentrique fasciné par les grands fauves. Peu convaincu par toutes les explications données à la presse et intrigué par une foule de détails inexpliqués, David mène l'enquête et pour se rapprocher du zoo, s'embarque dans une liaison avec Lady Jane Penward, l'insatisfaite et malheureuse femme de Lord Penward. Evidemment, David a à l'esprit une autre femme que Jane, mais cela elle ne doit jamais le savoir, sinon David va apprendre à ses dépend que bien plus que le plus grand des prédateurs ayant foulé ce sol, la vengeance d'une femme trahie peut-être dévastatrice.
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Lorsque l'on évoque Carnosaur, c'est plus souvent le film qu'il a vaguement inspiré qui vient à l'esprit plutôt que l'oeuvre originale. Carnosaur, avant d'être un film réalisé en 1993 par Adam Simon et produit par Roger Corman, est un roman, écrit par l'auteur australien John Brosnan et publié en 1984 (soit 5 ans avant le Jurassic Park de Michael Crichton). On pourrait dire de Carnosaur qu'il est à la littérature ce que la série B est au cinéma sans que cela ne soit péjoratif, puisque cette série B littéraire s'avère être une curieuse découverte, extrèmement divertissante, voire même passionnante, mêlant intrigues policières, histoires de cul, manoirs gothiques et dinosaures.
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John Brosnan mélange les genres, dans cette étrange histoires de dinosaures clonés, ce sont le plus souvent les histoires de fesses qui prennent le pas et les héros de l'intrigue sont pour la plupart assez détestables et animés de basses préoccupations, cependant, voila que traversant des évènements terribles, les protagonistes nous apparaissent de plus en plus attachants, avec leur hypocrisie exacerbée, leur cynisme vomitif, bref, David Pascal n'est pas le gendre idéal, il n'est qu'un être humain. Le personnage le plus sympathique du roman est sans conteste Lady Jane Penward, épouse nymphomane, alcoolique et insatisfaite d'un grand malade adepte du sado-masochisme qui a pour dernière lubie de rendre aux dinosaures leur royaume perdu. Figure pathétique du roman, Jane se laisse avoir par David, pensant qu'auprès d'un jeune homme de 20 ans son cadet elle trouvera consolation, instable elle est sans doute une psychotique marginale, comme le pense David après quelques nuits passées avec elle, ce qui se confirmera par la suite, avec l'arrivée de Jennie, l'ex-petite amie de David encore bien présente dans sa vie.
Et les dinosaures dans tout ça ? Vous aurez compris qu'ils ne sont pas le principal intérêt de cette étude sociologique délirante, à la fois malsaine et jubilatoire, mais force est de constater que Brosnan fait preuve d'une originalité inattendue en incluant dans son roman différentes espèces alors assez peu populaires, telles le Tarbosaurus (cousin asiatique du Tyrannosaure), le Dilophosaurus (élégant théropode qu'on croise plus tard dans Jurassic Park), l'Altispinax (17 ans avant le Spinosaurus de Jurassic Park 3) ou encore le Deynonichus (popularisé par les Raptor quelques 9 ans plus tard). Ces animaux sont amenés de façon étonnamment crédible, si les rapports entre les personnages prètent souvent à sourire pour peu que l'on ne soit pas hermétique à l'humour noir, le discours sur le clonage de Lord Penward se tient, pour peu que l'on ne soit pas spécialiste du génie génétique. Cette joyeuse ménagerie va se retrouver bien sûr en libertée dans le petit comté de Warchester lors d'un final apocalyptique, point d'orgue du roman.
Carnosaur est donc un divertissement d'une grande qualité, une lecture inhabituelle qui permet de découvrir le style simple et fluide de John Brosnan et son imagination débordante, qui tient en haleine jusqu'au bout, faisant de sa courte durée de vie (220 pages) l'un de ses plus grands atouts.

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Puisque je l'ai évoque plus haut, j'ajoute queluqes mots sur le film de Adam Simon, Carnosaur, produit par Roger Corman en 1993.

Comparé à celui du roman, le résumé de ce film serait tout autre, je dirait simplement que du roman de Harry Adam Knight, le film ne retient ni les personnages, ni leurs motivations, ni les lieux, ni même les dinosaures...

Diane Ladd y tient le rôle du Dr Tiptree, qui sous couvert de travaux dans l'agro-alimentaire, ressuscite des dinosaures et met au point un virus, qui une fois inoculé, entraine le développement dans l'utérus des femmes d'embryons de dinosaures. Voila qui est tout aussi délirant sinon plus que la base du roman, et les autres personnages, qui ne sont pas des journalistes ici, mais un gardien de chantier et une jeune militante écologiste sont tout aussi cyniques.
Si on peut reprocher au film des effets spéciaux risibles et son bestiaire limité (un tyrannosaure et un deynonichus, pour ce que l'on peut en voire, qui sont l'oeuvre de John Carl Buechler) en raison d'un budget total restreint de 1 million de dollar (pour la comparaison, Jurassic Park a bénéficié de 63 millions) , et une trame plutôt bancale, il a pour lui l'interprétation douce-amère de Diane Ladd et sa fin extrèmement pessimiste. Certes, Carnosaur n'est pas une adaptation digne de ce nom et certainement pas un chef-d'oeuvre mais un film sombre, une production Corman franchement intéressante, plus en tout cas que les suites qu'elle a engendré et qui ne valent même pas la peine d'en parler.

1 sept. 2009

Frankenstein Unbound



Réalisé par Roger Corman en 1990.
Avec John Hurt, Raul Julia, Bridget Fonda...
D'après le roman de Mary Shelley et librement inspiré du roman de Brian Aldiss.

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Le Dr Joe Buchanan pense avoir trouvé le moyen de créer une arme qui contrairement à la bombe atomique ne pourrait jamais mette le monde en péril. Mais sa découverte entraine un boulversement spatio-temporel qui va le conduire au début du 19ème siècle à Genève. Là il fait la connaissance de la jeune Mary Godwin et des poètes Shelley et Byron, mais assiste aussi aux faits qui ont inspiré le roman Frankenstein : il se retrouve en effet face au baron lui même et à sa créature...
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Le mythe de Frankenstein s'est trouvé surexploité dans les années 70, divers téléfilms adaptent en effet plus ou moins fidèlement le roman de Mary Shelley, comme celui de Dan Curtis, Terror of Frankenstein avec Leon Vitali, Frankenstein; The True Story de Jack Smight (dont j'ai parlé précédemment) et le cinéma d'exploitation s'en donne à coeur joie avec des variantes jouissives tel le Chair pour Frankenstein de Paul Morrissey, ou le succulent Lady Frankenstein de Mel Welles, sans oublier l'irrésistible Frankenstein Junior de Mel Brooks...tant d'avatars qu'on en vient à perdre l'essence de l'oeuvre et à oublier sa genèse et sa raison d'être. Si de 85 à 88 sortirons sur les écrans divers films narrant la genèse du roman, avec la fameuse nuit des Shelley à la villa Deodatti : Gothic de ken Russell, Rowing with the wind, avec Hugh Grant ou le très rare Haunted Summer, auxquels on peut ajouter par curiosité The Bride, avec Sting et Jennifer Beals, difficile de mettre en relation cette nuit de débauche hallucinatoire avec le Prométhée Moderne de Mary Shelley.
C'est en 1888 que Corman se voit confié un budget conséquent par la Twentieth Century Fox pour enfin faire ce lien. Voila près de 17 ans que Corman n'a oeuvré qu'en tant que producteur, et si on se souvient de la prolifique décénie 1960 (qui vit entre autre naitre le cycle Poe), Roger Corman, versatile et dillétante professionnel n'entre plus dans les bonnes grâces dans grands studios ni dans celles du spectateur. Le projet de Frankenstein Unbound aboutie finalement en 1990 à un film d'une durée totale d'une heure et vingt minutes certes nanti d'un casting de choix, d'une belle photographie et d'un scénario intéressant mais qui recevra un accueil mitigé duquel le temps n'a pas encore eu raison : Frankenstein Unbound reste un film hautement sous estimé.
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De la même manière que le Phantom of The Opera de Dwight H. Little (1989), Frankenstein Unbound revient aux fondements de l'oeuvre via un twist de même nature : Le Dr Buchanan, version moderne de Frankenstein va apprendre à ses dépend que l'histoire se répète et ce de façon irréversible. Corman réussit à rendre son histoire tout à fait crédible, ou du moins parvient à la rendre moins invraissemblable qu'il n'y parait : En effet, Buchanan en plus de se retrouver à cheval sur deux époques, va devoir jongler avec deux univers, d'un côté celui de Mary Shelley et de l'autre, celui du Baron Frankenstein, qui n'est pas encore devenu le personnage littéraire que l'on connait aujourd'hui. Le tout aurait pu devenir très compliqué, mais au final le scénario s'avère béton et jamais le spectateur ne se retrouve le cul entre quatre chaise comme le pauvre Buchanan mais suit agréablement l'intrigue.
Sur sa forme, le film ne pèche aucunement, les effets spéciaux certes un peu dépassés servent très bien le film ainsi que le superbe maquillage de Nick Dudman (qui oeuvrera plus tard sur la saga Harry Potter), on pourra aussi saluer les magnifiques costumes de Franca Zucchelli. La prestation des acteurs ne souffre aucune critique, le trio de tête John Hurt (Buchanan), Raul Julia (Frankenstein, que l'on retrouvera dans le rôle de Gomez dans The Addams Family) et Bridget Fonda (Mary Shelley) est fantastique. Nick Brimble dans le rôle du monstre offre lui aussi une belle composition, ainsi que Jason Patrick dans le court rôle de Lord Byron.
Mais vous l'aurez compris, ce qui est pour moi le point fort de Frankenstein Unbound, c'est son scénario, qui capte à merveille le message du roman de Mary Shelley dans un final apocalyptique où Buchanan se rend compte qu'il n'est lui-même plus qu'une sorte de Frankenstein et que le progrès pour le progrès engendrera toujours les mêmes effets.
Certes on pourra toujours préférer un adaptation fidèle et plus "grand publique" comme la splendide version de Kenneth Brannagh, dont je ne nie nullement les qualités, mais il serait dommage de passer à côté de la si belle reflexion que nous offre Frankenstein Unbound qui du reste et sur tous les plans n'a que peu à envier aux films de Brannagh et consort.

13 mai 2009

Tales of Terror

Réalisé en 1962 par Roger Corman.
Scénario de Richard Matheson.
Avec Vincent Price, Peter Lorre, Basil Rathbone...
Musique de Les Baxter.

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Morella est morte de puis près de 20 ans après la naissance de sa fille Elenora, mais elle hante toujours son époux. Lorsque Elenora revient à la maison après 20 ans d'absence, Morella y voit la possibiliter de revenir en chair et en os.

Le chat noir est détesté par l'ivrogne chez qui il vit, jusqu'au jour où il pourra se venger en dénonçant le meurtre que ce dernier à commis.

Enfin, Monsieur Valdemar est au prise sur son lit de mort avec un curieux docteur qu'il pourrait bien emmener avec lui dans la tombe.

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"Tales of terror" est le 3ème long métrage du cycle Poe de Roger Corman. Cette fois, Corman n'adapte pas une, mais trois nouvelles de Poe, réalisant lui-même les trois segment qui bénéficient tous de la stupéfiante prestation (j'ai presque envie de dire "présence") de Vincent Price.
Comme toujours, Richard Matheson est obligé de romancer quelque peu les récits pour les rendre adaptable, porter sur grand écran une nouvelle de Poe n'a rien de facil, mais le trio Corman/Matheson/Price a déjà su prouver qu'on pouvait s'en tirer à merveille avec La Chûte de la maison Usher et Le Puit et le Pendule.
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Avec Tales of terror on entre directement dans le vif du sujet, une voix off nous berce tandis que dans le noir apparait un coeur dont les battements nous conduisent jusqu'à Morella.
Morella est le plus court, et le plus classique des trois récits, il se rapproche énormément de la chûte de la maison Usher ou de La Tombe de Ligeia (le personnage de Vincent Price l'éternel angoissé qui vit avec la mort dans une maison branlante), ce qui en fait bien entendue une réussite plastique et tragique mais aussi une découverte assez peu surprenante. Morella aurai pu occuper à lui seul un métrage entier, mais le choix de Corman de l'inclure en tant que sketch est compréhensible compte tenu des similitudes trop flagrantes avec d'autres films de la série.
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Le Chat noir est au centre du film, et en constitue d'ailleurs l'intérêt principal. Bien plus long que Morella, Le chat Noir, quoique bien édulcoré par rapport au texte d'origine, est assez fidèle à l'esprit de la nouvelle. Si Matheson se permet de broder autour du personnage principal, incarné avec beaucoup d'humour par Peter Lorre, le final laisse apparaitre toute l'horreur et toute l'ironie de l'histoire : "j'avais muré le monstre dans la tombe", les cris du chat noir risque de hanter le spectateur un long moment.
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L'étrange histoire de Mr Valdemar sans être ininteressant est certainement le plus faible et le moins accessible des trois récits. Vincent Price y incarne un homme mourant qui réclame les services d'un étrange médecin pour ne pas souffrir. Le médecin, campé par un Basil Rathbone aussi rigide que Sherlock Holmes, va s'emparer de son âme et se jouer du mourant l'empêchant de trouver le repose jusqu'à ce que ce dernier accepte de lui donner la main de la veuve. Le final granguignolesque, même s'il peut se targuer d'une certaine fidélité à Poe n'a pas l'ampleur nécessaire pour clore le métrage.
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En bref, Tales of Terror, de par son caractère inégal et la trop courte durée de ses récits peut paraitre quelque peu hermétique aux novices. La qualité aléatoires des segments ne rend pas pour autant le tout désagréable et on y retrouve toute l'ambiance et de nombreux themes du cycle Poe. Tales of terror constitue donc une belle synthèse de l'univers d'Edgar Poe et de la série initiée par Roger Corman, dont le segment, Morella, s'il n'est pas le plus original reste mon préféré.

2 janv. 2009

La Chûte de la Maison Usher



Réalise par Roger Corman en 1960.
Avec Vincent Price, Mark Damon, Myrna Fahey.
Musique composée par Les Baxter.

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Philip Winthrop fait le voyage de Boston jusqu'au domaine Usher pour rejoindre sa fiancée et la demander en mariage. Il espère aussi l'éloigner ainsi de son frère possessif et de cette maison qui semble l'affaiblir tant. Mais Madeline ne peut quitter la terre de ses ancêtres et elle doit selon son frère s'éteindre avec lui pour mettre fin à la lignée Usher. Et la maison qui semble pensante entend bien servir de tombe à ses derniers occupants.

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Premier d'une série de huit films consacré à Edgar Allan Poe (dont l'un d'eux, The Haunted Palace est adapté de Lovecraft mais on dira rien), La Chûte de la Maison Usher bénéficie au casting de la présence de Vincent Price (qui reviendra fréquemment au cour du cycle Poe) et d'un scénario de Richard Matheson. La recette gagnante sera souvent reprise par la suite avec notamment La Tombe de Ligeia et Le masque de la Mort Rouge.

La première chose qui frappe le lecteur lorsqu'il découvre La chûte de la Maison Usher par Edgar Allan Poe, c'est cette mélancolie poussée à l'extrème, cette minutieuse description d'une maison qui acquiert le statut de personnage central du récit. L'insistante énumérations des éléments liés à la tristesse, à la fatalité, et l'accablement extrème de Roderick Usher achève de nous immerger dans ce monde matiné de gris, de rouge sombre, de noir, de bleu nuit auquel Poe sait si bien donner corps et ne l'a d'ailleurs jamais aussi bien fait que dans la chûte de la Maison Usher.
Ce que l'on peut dire en premier lieu sur le film de Corman, c'est qu'il a parfaitement su capter cette mélancolie poussée à l'extrème et la retranscrire à l'écran via des décors splendides, comme ce plan magnifique de la Maison Usher noyée dans la brume, à ses pieds un immense lac noir à la surface lisse comme un miroir, entourée d'arbres mort dans un silence dérangeant.




L'un des principaux atouts de cette adaptation outre ses décors et son esthétique pointilleuse si fidèle à l'esprit de Poe, est l'acteur Vincent Price qui interprète ici à mon sens l'un des plus grand rôle de sa carrière ; Roderick Usher, personnage malade et affaiblit, hyper sensible et pourtant clairvoyant sur sa condition. Si Usher est possédé par sa demeurre, Price est littéralement possédé par son rôle et livre une interprétation sans faille de ce personnage de dément pathétique.

On ne pourra pas reprocher à Matheson d'avoir quelque peu romancé l'historie originale en y ajoutant cette histoire d'amour entre Patrick et Madeline (à l'origine Patrick vient voir son ami d'enfance, Roderick et Madeline a déjà un pied dans la tombe au début du récit) puisque celle ci permet un beau numéro d'acteur et quelques séquences fort réussies comme lorsque la maison mécontente fait s'éffondrer un lustre dans le hall à l'endroit même ou Patrick se trouvait quelques secondes auparavant. Cette romance permet aussi de renforcer le rapport étroit entre l'amour et la mort qu'on retrouve fréquemment dans les écrits de Poe et qui est au centre de ce cycle puisqu'on le retrouve dans The Pit and The Pendulum et The Tomb of Ligeia entre autres.

La musique de Les Baxter souligne admirablement les "sautes d'humeur" de cette maison, ce qui renforce l'idée que tout le récit tourne autour de cet étrange personnage dont s'inspireront certainement nombre d'auteurs et de réalisateurs plus récents, comme Matheson lui-même avec La maison des damnés, Shirley Jackson avec The Haunting of Hill House et Stephen King avec Rose Red.


Flamboyante réussite gothique qui trouve son apogée dans la fameuse chûte du titre, qui représente à la fois la fin de la dinastie Usher et l'effondrement de ces hautes murailles qui se replient sur sur leurs occupants pour leur servir de tombeau, Malgré quelques détours, The Fall of the House of Usher se trouve être étonnament proche de son homonyme littéraire et reste aujourd'hui la meilleure adaptation cinématographique du roman et même de toute l'oeuvre d'Edgar Allan Poe.

28 sept. 2008

La Chambre des tortures (1961)

Réalisé par Roger Corman.

Scenario de Richard Matheson

Avec : Vincent Price, Barbara Steele...

Musique de Les Baxter

D'après la nouvelle Le Puits et le Pendule d'Edgar Allan Poe.

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Espagne, XVIe siècle. Afin d'éclaircir les mystères qui entourent la mort de sa sœur Elizabeth, Francis Barnard se rend au château où elle vivait en compagnie de son mari Nicholas. Nicholas Bernard, neveu d'un redoutable inquisiteur espagnol, sombre lentement dans la folie, persuadé d'avoir enterré sa femme vivante...

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1960, le cinéma d'épouvante gothique est en plein essor : la Hammer revisite les grands mythes de la littérature gothique (Dracula, frankenstein, Holmes, Jekyll and Hyde, le fantôme de l'opéra...) avec brio et Mario Bava offre quelques uns de ses chef-d'oeuvres comme Le Masque du Démon ou Opération Peur, Même l'Allemagne parvient à tirer son épingle du jeu avec Le Vampire et le sang des Vierges et son titre assez délirant. Il fallait donc s'attendre à une réponse des Etats Unis, et c'est Roger Corman qui demande un budget plus conséquent qu'à l'ordinaire pour s'atteler à une série d'adapations de Poe. La première à voir le jour sera La Chûte de la Maison Usher, dans lequel l'immense acteur Vincent Price interprète le dernier d'une longue lignée maudite...composée en majeur partie de personnes mentalement instables. Le succès est au rendez-vous, et Corman obtient le feu vert pour continuer ce qui restera comme un série de sommets du cinéma gothique.

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Le second film du cycle Poe est celui qui nous inéteresse ici : The Pit and The Pendulum adapté de la nouvelle éponyme de Poe, confronte deux monstres du cinéma d'épouvante de l'époque, à savoir Vincent Price (Dragonwick, la chûte de la maison Usher, la nuit de tous les mystères...) et Barbara Steele (Le Masque du Démon, Danse Macabre, Dark Shadows revival...) dans un scénario torturé et machiavélique qui aura vite fait de mettre mal à l'aise le spectateur. Corman maîtrise pleinement son sujet et donne vie au scénario que Richard Matheson (grand auteur dans le domaine du fantastique) a tiré de l'oeuvre de Poe, dans des décors gothique époustouflants : Un immense château surplombant la mer, un orgue trônant dans une chapelle baroque, des souterrains labyrinthiques peuplés d'instruments de tortures fort peu engageants...


Price interprète à merveille un homme désespéré, sans cesse au bord de la folie, persuadé d'avoir fait enterrer vivante sa femme, ce personnage pathétique attire très vite la sympathique du spectateur, qui n'a qu'une envie pour le pauvre homme, que l'enquête s'arrête et qu'on le laisse en paix.
Barbara Steele quant à elle s'illustre avec talent dans le rôle trouble de la (spoiler!) supposée défunte femme de Nicholas Bernard.

Le thème principal de La Chambre des Tortures n'a donc rien d'hilarant et est traité d'une manière tout à fait sérieuse, ce qui n'empêche pas Matheson et Corman de faire preuve d'une ironie macabre lors du final, et on ne peut s'empêcher de penser "Bien fait !" au dépend de la pauvre Barbara Steele.
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Difficile donc de ne pas crier au chef-d'oeuvre devant ce film qui dépasse allègrement La Chûte de la Maison Usher en matière de qualité et qui donne véritablement envie de continuer le cycle Poe de Corman (même si on se passera aisément de L'enterré vivant ou du Corbeau...) qui comporte encore d'autres chefs d'oeuvres comme La Tombe de Ligeia ou Le Masque de la Mort Rouge.