14 déc. 2008

Dan Curtis' Dracula

Réalisé par Dan Curtis en 1973.
Scénario de Richard Matheson.
Avec Jack Palance, Simon Ward, Nigel Davenport, Fiona Lewis, Murray Brown...

*
***
*

1897, un jeune clerc de notaire anglais se rend chez le comte Dracula qui veut acquérir une demeure à Londres. Lorsqu'au dîner Dracula tombe sur une photo réunissant Lucy et Mina, son attitude change du tout au tout. Décidé à retrouver celle qu'il pense être la réincarnation de sa défunte femme, il abandonne Harker à ses 3 compagnes vampires et se rend à Londres...

***
Au début des années 70, la figure de Dracula au cinéma est devenu totalement incontournable. La Hammer achève définitivement sa série avec Dracula vit toujours à Londres (Dracula is dead...and well and living in London, 1973), Jess Franco réalise ce qui reste comme l'un de ses meilleures films avec Les Nuits de Dracula (El Conde Dracula 1970) Et Andy Warhol et Paul Morissey s'apprètent à réaliser Du sang pour Dracula (1974). Il est donc normal que la télévision américaine s'intéresse au célèbre vampire et nous livre, dans la même période un téléfilm créé par des grands noms du fantastique, j'ai nommé Dan Curtis (la série Dark Shadows et son superbe Revival) et Richard Matheson (La maison des Damnés, ainsi que les scénarios du cycle Poe de Roger Coman). La succès télévisuel de cette production de 2 heures est tel, que les producteurs le réduisent à 1H40 (ce qui en fait quand même le Dracula le plus long à l'époque...mais on se demande encore où sont passé les 20 minutes charcutées) pour le diffuser en salle.


Malgré un manque de moyens flagrant, Le DRACULA de Dan Curtis n'a pas à rougir face aux films de Terence Fisher (Le Cauchemar de Dracula, 1958 et Dracula prince des ténèbres, 1966) et surtout pas face au film de Jess Franco (duquel on a tendance à le rapprocher facilement).

Le vampire est interprété par Jack palance qui insufle au personnage un côté torturé et bestial, romantique jusque là inédit, évoluant dans un scénario de Richard Matheson (maître du fantastique moderne) assez fidèle au roman de Stoker. L'adaptation, suivant tout de même la lancée de film de Franco met en avant le passé guerrier du comte et introduit pour la première fois l'idée de son amour perdu, idée reprise bien plus tard par Coppola. Il faut reconnaitre en passant que la scène où Dracula expose à Harker les batailles de ses ancêtres est beaucoup moins pognante que celle du film de Franco, mais elle n'en est pas moins belle et le film de Curtis est globalement bien plus réussi que celui de ce vieux Jess.


Jamais auparavant Dracula n'avait fait montre de tant d'émotions, il devient une figure pathétique, transportant une aura imposante, effrayante et attirante, incarnation d'Eros et Thanatos qui est obligé de détruire ce qu'il aime pour le garder auprès de lui.

Les décors démontrent le peu de moyens de la production mais aussi une grande inventivité de l'équipe du film. la demeure du vampire n'est plus le château en ruine du film de Tod Browning ou de celui de Franco, ni la batisse dont les murs arborent trophées de chasse et blasons guerriers du film de Fisher, c'est au contraire un manoir meublé dans un mélange de style empire et victorien, où les meubles vernis et les tentures de velours contrastent avec les épaisses portes de chêne et els immenses cheminés de pierre. Pas question ici de rats ou de toiles d'araignées, le sempiternel caveau est remplacé ici par un burreau certes un peu poussiéreux mais néanmoins classieux.

A côté de Dracula, c'est presque Van Helsing (Nigel Daveport) qui nous apparait comme le méchant. Le vampire devant la caméra de Dan Curtis s'effondre comme le héros d'un opéra de Verdi alors que la clameur d'une foule semble s'élever au loins, elle cri "Dracula, Dracula !", et on pourrait croire que c'est une façon de nous dire "Le roi est mort...Vive le roi !".

1 commentaire:

Dario a dit…

Ah il l'aime son jessounet ^^ perso je trouve l'adaptation de Curtis supérieure, même si celle de Franco était déjà assez sympa pour une prod européene fauchée... encore un très bel article, fluide et novateur sur son sujet ^^