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22 déc. 2008

Dark Shadows Revival


Série créée par Dan Curtis en 1990. Remake de la série Dark Shadows (1966-1971).
Avec Ben Cross, Joanna Going, Barbara Steele, Roy Thinnes...

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Victoria Winters, jeune gouvernante originaire de New York et qui n'a jamais connu ses parents se rend au manoir de Collinwood où elle doit prendre ses quartiers pour s'occuper du petit David Collins. Dans le même temps, un cousin éloigné du Nom de Barnabas Collins revient au manoir prétendant être le descendant du Barnabas qui partit pour l'angleterre en 1790. Très vite il semble qu'entre lui et Victoria une étrange passion naisse.

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"My name is Victoria Winters..." ainsi commençait chaque épisode de la série dark Shadows et ainsi commence chaque épisode de son trop court revival. le theme si reconnaissable de dark Shadows, qui a hanté toute une génération d'amateur de soap-opéra, de gothicophages et de vampirophiles nous reviens empli de nostalgie pour cet élégant remake qui restera malheureusement inachevé:
Si la série originale compte 1225 épisodes, Dark Shadows revival n'en compte malheureusement que 12 dont le dernier se termine sur un cliffhanger hasardeux. L'abandon de la série est due parait-il à des problèmes financiers de la production. Mais l'absence de final digne de ce nom n'altère en rien la qualité de l'ensemble.
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On se trouve là devant un sommet de la série télévisée comme seules NBC aux Etats Unis et la BBC en Grande Bretagne savent en faire. Dark Shadows Revival sent bon la production Dan Curtis et son savoir faire dans le domaine du gothique aux accents so british et aligne les références pour donner au final un spectacle magistrale comme on en verra plus de sitôt sur le petit écran. Le Manoir de Collinwood n'est pas sans rappeler l'imposante batisse de Manderley dans Rebecca de Daphné Du Maurier, Barnabas a bel et bien le profil Draculéen, et les doutes de Victoria finissent par évoquer l'état de la gouvernante dans The Turn of the screw d'Henry James (sans pour autant aller jusqu'à la folie). Les dialogues très bien écrits et l'importance de l'aspect pictural des descriptions renforcent la dimension littéraire de la série qu'on pourrait facilement croire adaptée d'un classique !



Il faut ajouter à cela la maestria avec laquelle les réalisateurs comme Armand Mastroiani et Paul Lynch dirrigent la caméra dans les couloirs lambrisés de Collinwood, les décrors somptueux du domaine, les superbes musiques et des interprètes parfaits.

Joanna Going campe une radieuse Victoria Winters, belle et attachante, Ben Cross fait un vampire mesmérique à l'allure noble et Barbara Steele, toujours aussi belle campe une Dr Hoffman froide dont chaque réplique cinglante est un pur délice. Mais les acteurs ne se contente pas d'interpréter un seul personnage, il campent aussi leur pendants de 1790 (la série se déroule parallèlement sur 2 époques), ainsi Joanna Going devient Josette Du Près, la promise de Barnabas, Barnabas reste barnabas, mais dans un temps où il n'est pas encore vampire et Dr Hoffman devient la Comtesse Nathalie Du Près dont l'accent français très prononçé est un pur délice (délicieuse Barbara et son fameux "I agrrri").



Basé sur un scénario captivant qui comme je l'ai dit plus haut n'est pas sans évoquer les grands classiques de la littérature gothique, de Dracula à Rebecca ou les chef-d'oeuvres du cinéma de genre tels que Les Innocents de jack Clayton, ou justement le Dracula de Curtis, ou même son adaptation du Tour d'écrou de Henry James, Dark Shadows Revival est passionnant de bout en bout et possède se souffle envoutant, quasi épique qui manque à nombre de séries de genre du moment. On pourrait presque dire que dark Shadows constitue la synthèse du cinéma de Dan Curtis et de ses références littéraires et cinématographiques, ce qui en fait une oeuvre, puisqu'on peut réellement parler d'oeuvre, extrèmement riche et extrèmement poignante.

La qualité esthétique est à saluer et la scènes des noces de barnabas et Josette, au centre d'une chapelle envahie de brume et entourés de centaines de chandeliers dorés est l'apogé du véritable travail artistique de l'équipe.



Soap Opéra gothique ensorcelant, Dark Shadows Revival n'a pas à rougir devant son ancêtre, le Dark Shadows original, car il est par bien des aspects plus abouti, si l'on peut parler d'aboutissement puisqu'il s'agit là d'une chef-d'oeuvre inachevé, 12 épisodes ont suffit à faire de Dark Shadows Revival une véritable réussite du genre, et c'est sans compter sur des acteurs fabuleux et des décors magnifiques.

28 sept. 2008

La Chambre des tortures (1961)

Réalisé par Roger Corman.

Scenario de Richard Matheson

Avec : Vincent Price, Barbara Steele...

Musique de Les Baxter

D'après la nouvelle Le Puits et le Pendule d'Edgar Allan Poe.

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Espagne, XVIe siècle. Afin d'éclaircir les mystères qui entourent la mort de sa sœur Elizabeth, Francis Barnard se rend au château où elle vivait en compagnie de son mari Nicholas. Nicholas Bernard, neveu d'un redoutable inquisiteur espagnol, sombre lentement dans la folie, persuadé d'avoir enterré sa femme vivante...

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1960, le cinéma d'épouvante gothique est en plein essor : la Hammer revisite les grands mythes de la littérature gothique (Dracula, frankenstein, Holmes, Jekyll and Hyde, le fantôme de l'opéra...) avec brio et Mario Bava offre quelques uns de ses chef-d'oeuvres comme Le Masque du Démon ou Opération Peur, Même l'Allemagne parvient à tirer son épingle du jeu avec Le Vampire et le sang des Vierges et son titre assez délirant. Il fallait donc s'attendre à une réponse des Etats Unis, et c'est Roger Corman qui demande un budget plus conséquent qu'à l'ordinaire pour s'atteler à une série d'adapations de Poe. La première à voir le jour sera La Chûte de la Maison Usher, dans lequel l'immense acteur Vincent Price interprète le dernier d'une longue lignée maudite...composée en majeur partie de personnes mentalement instables. Le succès est au rendez-vous, et Corman obtient le feu vert pour continuer ce qui restera comme un série de sommets du cinéma gothique.

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Le second film du cycle Poe est celui qui nous inéteresse ici : The Pit and The Pendulum adapté de la nouvelle éponyme de Poe, confronte deux monstres du cinéma d'épouvante de l'époque, à savoir Vincent Price (Dragonwick, la chûte de la maison Usher, la nuit de tous les mystères...) et Barbara Steele (Le Masque du Démon, Danse Macabre, Dark Shadows revival...) dans un scénario torturé et machiavélique qui aura vite fait de mettre mal à l'aise le spectateur. Corman maîtrise pleinement son sujet et donne vie au scénario que Richard Matheson (grand auteur dans le domaine du fantastique) a tiré de l'oeuvre de Poe, dans des décors gothique époustouflants : Un immense château surplombant la mer, un orgue trônant dans une chapelle baroque, des souterrains labyrinthiques peuplés d'instruments de tortures fort peu engageants...


Price interprète à merveille un homme désespéré, sans cesse au bord de la folie, persuadé d'avoir fait enterrer vivante sa femme, ce personnage pathétique attire très vite la sympathique du spectateur, qui n'a qu'une envie pour le pauvre homme, que l'enquête s'arrête et qu'on le laisse en paix.
Barbara Steele quant à elle s'illustre avec talent dans le rôle trouble de la (spoiler!) supposée défunte femme de Nicholas Bernard.

Le thème principal de La Chambre des Tortures n'a donc rien d'hilarant et est traité d'une manière tout à fait sérieuse, ce qui n'empêche pas Matheson et Corman de faire preuve d'une ironie macabre lors du final, et on ne peut s'empêcher de penser "Bien fait !" au dépend de la pauvre Barbara Steele.
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Difficile donc de ne pas crier au chef-d'oeuvre devant ce film qui dépasse allègrement La Chûte de la Maison Usher en matière de qualité et qui donne véritablement envie de continuer le cycle Poe de Corman (même si on se passera aisément de L'enterré vivant ou du Corbeau...) qui comporte encore d'autres chefs d'oeuvres comme La Tombe de Ligeia ou Le Masque de la Mort Rouge.