11 janv. 2009

Dr Jekyll and Mr Hyde (1941)

Réalisé par Victor Fleming en 1941.

Avec Spencer Tracy, Ingrid Bergman, Lana Turner...

D'après le Roman de Robert Louis Stevenson ; "The strange case of Dr Jekyll and Mr Hyde".

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Le docteur Henry Jekyll est un jeune et brillant médecin fiancé à la jolie Beatrix Emery. Ses recherches sur la dualité du Bien et du Mal chez l’individu et son désir de dissocier ces tendances l’accaparent complètement. Ces théories nouvelles ne font pas l’unanimité auprès de ses confrères plus réactionnaires. Le père de Beatrix, Sir Charles Emery, mécontent du non-conformisme de Jekyll et de son impatience à épouser sa fille décide d’éloigner celle-ci pendant un temps, afin d’éprouver leur attachement. Un soir, Jekyll accompagné de son ami, le docteur John Lanyon, sauve d’une agression la belle Ivy Peterson, une serveuse de bar, et la raccompagne chez elle. Reconnaissante, elle fait des avances à un Jekill profondément troublé.
Le soir même, cloîtré dans son laboratoire et après de longues recherches, Jekyll se décide à expérimenter sur lui-même un breuvage qu’il a mis au point et mettre en pratique ses théories...

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Dr Jekyll & Mr Hyde est une oeuvre qui a connu, à l'instar de nombreux classiques de la littérature gothique britanique, un nombre incalculable d'adaptation cinématographiques, dont certaines font figures de chef-d'oeuvres. On se souviendra notamment du film de Robertson avec John Barrymore (1920), de celui de Mamoulian (1931) première adaptation parlante, de celui de Terrence Fisher (1962) The two faces of Dr Jekyll malheureusement quelque peu oubliée, du téléfilm, magistrale de David Wickes avec Michael Caine (1989) et pourquoi pas d ela récente série produite par la BBC avec James Nesbitt, sobrement titré Jekyll. mais s'il en est une qui fait autorité, je le dis et je le crois, c'est bien celle de Victor Fleming, réalisé en 1941 et nanti d'un casting parfait, Spencer Tracy en tête !

Les sceptiques pourront me reprendre en disant que cette version reprend mot pour mot voir même image par image la version de 1931 et que Fleming délaisse l'inspiration qui l'a visité pour Le Magicien d'Oz et Autant en emporte le Vent pour livrer à la MGM une copie conforme de la version Paramount de 10 ans son anée. Pas faux ! Mais pas tout à fait vrai pour autant.

Fleming nous gratifie d'abord d'une séquence d'ouverture tout à fait innovante, bien sûr on échappe pas aux relents de morale chrétienne, mais Fleming et son savoir faire vont bien au delà de la simple opposition entre les deux facettes de l'être humain.

le choix qui choque le plus dirons nous dans cette version, c'est celui d'avoir située l'action dans une idéologie parfaitement bourgeoise, beaucoup plus appuyée que dans les version précédentes. L'image semble se conformer à ce choix et se fait plus lisse, la caméra plus discrète et en opposition Hyde se fait plus vulgaire et plus cruel. Le jeu de Spencer Tracy est absolument remarquable, même si le maquillage aurait gagné à être moins outrancier.


Ce maquillage n'a pourtant rien de choquant et ne constitue pas l'objet principal du film. On retrouve dans ce film le soufle mélodramatique d'Autant en Emporte le Vent, et même si la critique sociale n'est pas aussi développée qu'elle aurait pu, Fleming nous gratifie d'un beau portrait de la haute société britanique de la fin du XIXème siècle. Esthétiquement le film ne souffre absolument pas de l'absence de la couleur regréttée par certains, le noir et blanc est propre, propice à l'épouvante et à la suggestion et les décors superbes noyés dans la brume en ressorte magnifiés.

Les interprétation de la grande Ingrid Berman et de la jolie Lana Turner sont elles aussi à reconnaitre comme de véritables morceau de bravoure tant on sent leurs émotions à fleur de peau. On sent chez Fleming un désir de coller au plus près de l'esprit du roman plus que de la trame, il ne fait pas dans la fidélité aveugle, il adapte réellement plutôt que de retranscrire stupidement, et pour qui visionnera le film en profondeur, cette version est très différente de celle de Rouben Mamoulian, sur tous les points, même si le récit en est trait pour trait le même.



Oeuvre plus dramatique que fantastique, ce Dr Jekyll & Mr Hyde este à mon sens la plus grande adaptation du Roman de Stevenson, même si elle renie le côté expressionniste des deux précédentes et s'ancre dans une société plus lisse, plus sage peut-être...la peinture au vitriol n'en est que plus douloureuse. Chef-d'oeuvre inconstetable !


3 commentaires:

Dario a dit…

Méchant vilain pas bien !!! je meurs d'envie de le revoir (encore plus apres t'avoir lu, magnifique article, again) mais je suis pas sur de retrouver ma VHS... je chercherai chez ma mere quand meme lol. En tout cas, je l'ai vu il y a tres longtemps, très jeune (11 ans?)et l'impression d'avoir vu un grand film ne m'a pas abandonné, et me revient à chaque fois que j'entends parler de cette oeuvre qu'il me tarde de rédécouvrir.

Clelie a dit…

Tout comme Dario, j'ai vu ce film assez jeune (9-10 ans), et il m'avait énormément marquée. Il est d'ailleurs ma première approche avec le récit de Stevenson que j'ai lu bien sûr un peu plus tard.
Il faudrait d'ailleurs que je revoie ce film, ton article (brillant comme toujours) me donne très envie de dénicher le dvd...
Je vois que tu as vu également la série Jekyll créé par Steven Moffat... Très brillante également, même si transposée à notre époque... Le mythe est intemporel, c'est ce qui fait toute sa richesse.

Dario a dit…

Moi aussi j'ai vu d'abord le film qui m'a donné envie de lire le livre... j'ai du attendre quand meme mes 13 ans, et je l'ai revu vers 16 ans^^