
Avec Donald Sutherland, Tina Aumont, Daniel Emilfork, Mary Marquet...

Donald Sutherland, agé à l'époque de 42 ans, campe merveilleusement le personnage contradictoire, à la fois capricieux et désenchanté, pathétique et démesuré de Casanova et nous gratifie d'un jeu volontairement outrancier mais tout à fait approprié à ce tour de force ironique. Car l'ironie est à tout moment présente dans le film, une ironie qui à la fois rabaisse le personnage vis à vis de son entourage et le rend dérisoire et pittoyable pour le spectateur notamment lors de la dernière fête où Casanova se retrouve seul face à une horde de bourgeois sauvage parmi lesquels il ne peut même plus briller par sa conversation : personne ne l'écoute, personne ne le voit. Les temps changent et Casanova reste le même. C'est dans sa rencontre fortuite avec sa mère que réside le passage le plus troublant du film. S'instaure avec cette femme sarcastique un rapport étrange, une discussion annodine et surréaliste jusqu'au départ de la mère, sans au revoir ni adieu dans un carosse noir de deuil sur une étendue gelée.
D'un point de vue esthétique, Casanova est une splendeur véritable, le décor est à la démesure du personnage, comme ces énormes lustres qui doivent être déscendus pour être rallumés ou éteint, au milieu desquels seul se tient Giacomo Casanova--un géant déchu parmi ceux qui brillent encore-- Ou la démesure des orgues du Wurtemberg qui obligent les musiciens à monter sur des escabeaux pour jouer. Cette folie des grandeurs ne peut véritablement se rapprocher d'un film de Visconti, car on n'y retrouve à aucun moment ce soucis de réallisme (rappelons que Visconti est issu du néo-réallisme) mais au contraire une éxagération délirante là ou la démesure de Visconti réside dans ses personnages (Ludwig).
La dernière partie du film nous montre un Casanova vieillit, devenu bibliothécaire, au milieu de serviteurs triviaux qui voit, au milieu de cette lagune gelée, poindre puis disparaitre la Vénus de la fête et s'en aller avec elle musiques et rêves de grandeurs. Mort symbolique ou réelle du personnage qui avec ses anciennes conquêtes voit s'évaporer sa raison de vivre.
Cette débauche hallucinatoire, ce véritable "trip" érotique et tragique, surchargé et saturé fait à la fois du Casanova de Felini l'un des plus grands films qui soit mais aussi, et c'est peut-être le plus important, l'essence même du Baroque au cinéma, car c'est bien de cela qu'il s'agit, de baroque dans sa plus pure forme !
1 commentaire:
Excellente critique très cher! j'admire, et je constate que je prends tjrs autant de plaisir à te lire. J'envie ta présentation de page, skyrock c'est pas la meme! je sens que je devrais déménager ici... mais mes amis ne connaissent et ne jugent que par skyrock... superbe conclusion (je lai encore sous les yeux) ! Un film que j'ai vu en projo l'an dernier, comme quoi on ne voit pas que de la crotte en 1ere année! je me rappelle plus de ma note sur mon dossier du film par contre... à rechercher si je ne l'ai pas brulé au barbek cet été!
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