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23 janv. 2011

The Turn of the Screw (2009)

Réalisé par Tim Fywell en 2009.
Avec Michelle Dockery, Eva Sayer, Josef Lindsay, Dan Stevens...
D'après le roman de Henry James.
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Ann est engagée comme gouvernante auprès de deux jeunes enfants. Elle est vite conquise par les deux adorables têtes blondes, mais il semblerait que des esprits malveillant rôdent autour d'eux. Comprenant le sort qui les accable, elle se jure de les protéger coute que coute contre cette menace surnaturelle qui mettra sa raison à rude épreuve.
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Cette nouvelle adaptation du Tour d'Ecrou d'Henry James fait partie des "Ghost Stories" de Noël produite par la BBC qui semble vouloir perpétuer la tradition initiée par Dan Curtis. Après le Sweeney Todd de Dave Moore et un superbe Dracula réalisé par Bill Eagles (tous deux en 2006), voila un téléfilm qui prend encore beaucoup de libertés avec le texte d'origine.
C'est Tim Fywell qui se retrouve aux commande, et comme Bill Eagles, c'est un habitué des séries TV, ce qui se ressent profondément dans sa mise en scène.


Fywell n'est pourtant pas aussi adroit que Eagles, et l'on sent une volonté de pallier grace au montage, le manque de dynamisme de sa caméra. Le tout donne une forme bancale, peu sûre à l'ensemble, qui perd dès le début une partie de sa crédibilité.
Pour ceux qui s'attendent à une adaptation fidèle, la déception se fera sentir, certes, le principal est là, mais servit tièdement et sans véritable audace (au contraire du Dracula de Eagles), même pour les puristes, le tout semblera certainement fade.
The Turn of the Screw mouture 2009 ne propose pas non plus une ambiance satisfaisante, toute l'ambigüité qui fait l'intêret de cette histoire de revenants et de perversion semble avoir disparue. Le jugement du spectateur qui garde en mémoire le magnifique Les Innocents, de Jack Clayton (1961, scénarisé par Truman Capote, avec Deborah Kerr) en sera d'autant plus sévère.
Bien sûr, cette adaptation comporte de bonnes choses, certaines séquences ajoutées, ne figurant pas dans l'histoire d'origine, apportent leur petit lot d'originalité au métrage, sans pour autant le rendre plus convaincant.
L'interprétation des principaux acteurs se révèle à l'image du film, correcte mais translucide. Michelle Dockery pourtant parfaite pour le rôle est trop affectée et manque de nuance dans ses expressions. Eva Sayer et Josef Lindsay qui interprètent Flora et Miles semblent tout droit sorti d'une version burtonnesque du village des damnés, quant à Edward Macliam dans le rôle de Peter Quint, il fait de risibles apparitions qui rendent hystérique la pauvre Ann. Enfin, Dan Stevens (Une star made in BBC : The Line of Beauty, Dracula, Raison et Sentiments) s'offre une quasi figuration aussi inutile qu'ennuyeuse en Dr Fisher, essayant de comprendre les raisons qui font qu'Ann ait été retrouvée folle, un enfant mort dans les bras.

A tout ceux que Le Tour d'Ecrou de Sir James fait frémir, de peur comme de plaisir, je ne peut conseiller cette version qui manque véritablement de tout ce qu'il faut pour être ne serait-ce que satisfaisante. A tout les curieux, les complétistes qui compteraient déjà les autres adaptations dans leurs collections, voila la version 2009 du Tour d'Ecrou, qui fait, vous verrez, très très très pâle figure à côté de films comme Les Innocents, ou The Turn of the Screw de Dan Curtis (1974)

22 déc. 2008

Dark Shadows Revival


Série créée par Dan Curtis en 1990. Remake de la série Dark Shadows (1966-1971).
Avec Ben Cross, Joanna Going, Barbara Steele, Roy Thinnes...

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Victoria Winters, jeune gouvernante originaire de New York et qui n'a jamais connu ses parents se rend au manoir de Collinwood où elle doit prendre ses quartiers pour s'occuper du petit David Collins. Dans le même temps, un cousin éloigné du Nom de Barnabas Collins revient au manoir prétendant être le descendant du Barnabas qui partit pour l'angleterre en 1790. Très vite il semble qu'entre lui et Victoria une étrange passion naisse.

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"My name is Victoria Winters..." ainsi commençait chaque épisode de la série dark Shadows et ainsi commence chaque épisode de son trop court revival. le theme si reconnaissable de dark Shadows, qui a hanté toute une génération d'amateur de soap-opéra, de gothicophages et de vampirophiles nous reviens empli de nostalgie pour cet élégant remake qui restera malheureusement inachevé:
Si la série originale compte 1225 épisodes, Dark Shadows revival n'en compte malheureusement que 12 dont le dernier se termine sur un cliffhanger hasardeux. L'abandon de la série est due parait-il à des problèmes financiers de la production. Mais l'absence de final digne de ce nom n'altère en rien la qualité de l'ensemble.
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On se trouve là devant un sommet de la série télévisée comme seules NBC aux Etats Unis et la BBC en Grande Bretagne savent en faire. Dark Shadows Revival sent bon la production Dan Curtis et son savoir faire dans le domaine du gothique aux accents so british et aligne les références pour donner au final un spectacle magistrale comme on en verra plus de sitôt sur le petit écran. Le Manoir de Collinwood n'est pas sans rappeler l'imposante batisse de Manderley dans Rebecca de Daphné Du Maurier, Barnabas a bel et bien le profil Draculéen, et les doutes de Victoria finissent par évoquer l'état de la gouvernante dans The Turn of the screw d'Henry James (sans pour autant aller jusqu'à la folie). Les dialogues très bien écrits et l'importance de l'aspect pictural des descriptions renforcent la dimension littéraire de la série qu'on pourrait facilement croire adaptée d'un classique !



Il faut ajouter à cela la maestria avec laquelle les réalisateurs comme Armand Mastroiani et Paul Lynch dirrigent la caméra dans les couloirs lambrisés de Collinwood, les décrors somptueux du domaine, les superbes musiques et des interprètes parfaits.

Joanna Going campe une radieuse Victoria Winters, belle et attachante, Ben Cross fait un vampire mesmérique à l'allure noble et Barbara Steele, toujours aussi belle campe une Dr Hoffman froide dont chaque réplique cinglante est un pur délice. Mais les acteurs ne se contente pas d'interpréter un seul personnage, il campent aussi leur pendants de 1790 (la série se déroule parallèlement sur 2 époques), ainsi Joanna Going devient Josette Du Près, la promise de Barnabas, Barnabas reste barnabas, mais dans un temps où il n'est pas encore vampire et Dr Hoffman devient la Comtesse Nathalie Du Près dont l'accent français très prononçé est un pur délice (délicieuse Barbara et son fameux "I agrrri").



Basé sur un scénario captivant qui comme je l'ai dit plus haut n'est pas sans évoquer les grands classiques de la littérature gothique, de Dracula à Rebecca ou les chef-d'oeuvres du cinéma de genre tels que Les Innocents de jack Clayton, ou justement le Dracula de Curtis, ou même son adaptation du Tour d'écrou de Henry James, Dark Shadows Revival est passionnant de bout en bout et possède se souffle envoutant, quasi épique qui manque à nombre de séries de genre du moment. On pourrait presque dire que dark Shadows constitue la synthèse du cinéma de Dan Curtis et de ses références littéraires et cinématographiques, ce qui en fait une oeuvre, puisqu'on peut réellement parler d'oeuvre, extrèmement riche et extrèmement poignante.

La qualité esthétique est à saluer et la scènes des noces de barnabas et Josette, au centre d'une chapelle envahie de brume et entourés de centaines de chandeliers dorés est l'apogé du véritable travail artistique de l'équipe.



Soap Opéra gothique ensorcelant, Dark Shadows Revival n'a pas à rougir devant son ancêtre, le Dark Shadows original, car il est par bien des aspects plus abouti, si l'on peut parler d'aboutissement puisqu'il s'agit là d'une chef-d'oeuvre inachevé, 12 épisodes ont suffit à faire de Dark Shadows Revival une véritable réussite du genre, et c'est sans compter sur des acteurs fabuleux et des décors magnifiques.

14 déc. 2008

Dan Curtis' Dracula

Réalisé par Dan Curtis en 1973.
Scénario de Richard Matheson.
Avec Jack Palance, Simon Ward, Nigel Davenport, Fiona Lewis, Murray Brown...

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1897, un jeune clerc de notaire anglais se rend chez le comte Dracula qui veut acquérir une demeure à Londres. Lorsqu'au dîner Dracula tombe sur une photo réunissant Lucy et Mina, son attitude change du tout au tout. Décidé à retrouver celle qu'il pense être la réincarnation de sa défunte femme, il abandonne Harker à ses 3 compagnes vampires et se rend à Londres...

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Au début des années 70, la figure de Dracula au cinéma est devenu totalement incontournable. La Hammer achève définitivement sa série avec Dracula vit toujours à Londres (Dracula is dead...and well and living in London, 1973), Jess Franco réalise ce qui reste comme l'un de ses meilleures films avec Les Nuits de Dracula (El Conde Dracula 1970) Et Andy Warhol et Paul Morissey s'apprètent à réaliser Du sang pour Dracula (1974). Il est donc normal que la télévision américaine s'intéresse au célèbre vampire et nous livre, dans la même période un téléfilm créé par des grands noms du fantastique, j'ai nommé Dan Curtis (la série Dark Shadows et son superbe Revival) et Richard Matheson (La maison des Damnés, ainsi que les scénarios du cycle Poe de Roger Coman). La succès télévisuel de cette production de 2 heures est tel, que les producteurs le réduisent à 1H40 (ce qui en fait quand même le Dracula le plus long à l'époque...mais on se demande encore où sont passé les 20 minutes charcutées) pour le diffuser en salle.


Malgré un manque de moyens flagrant, Le DRACULA de Dan Curtis n'a pas à rougir face aux films de Terence Fisher (Le Cauchemar de Dracula, 1958 et Dracula prince des ténèbres, 1966) et surtout pas face au film de Jess Franco (duquel on a tendance à le rapprocher facilement).

Le vampire est interprété par Jack palance qui insufle au personnage un côté torturé et bestial, romantique jusque là inédit, évoluant dans un scénario de Richard Matheson (maître du fantastique moderne) assez fidèle au roman de Stoker. L'adaptation, suivant tout de même la lancée de film de Franco met en avant le passé guerrier du comte et introduit pour la première fois l'idée de son amour perdu, idée reprise bien plus tard par Coppola. Il faut reconnaitre en passant que la scène où Dracula expose à Harker les batailles de ses ancêtres est beaucoup moins pognante que celle du film de Franco, mais elle n'en est pas moins belle et le film de Curtis est globalement bien plus réussi que celui de ce vieux Jess.


Jamais auparavant Dracula n'avait fait montre de tant d'émotions, il devient une figure pathétique, transportant une aura imposante, effrayante et attirante, incarnation d'Eros et Thanatos qui est obligé de détruire ce qu'il aime pour le garder auprès de lui.

Les décors démontrent le peu de moyens de la production mais aussi une grande inventivité de l'équipe du film. la demeure du vampire n'est plus le château en ruine du film de Tod Browning ou de celui de Franco, ni la batisse dont les murs arborent trophées de chasse et blasons guerriers du film de Fisher, c'est au contraire un manoir meublé dans un mélange de style empire et victorien, où les meubles vernis et les tentures de velours contrastent avec les épaisses portes de chêne et els immenses cheminés de pierre. Pas question ici de rats ou de toiles d'araignées, le sempiternel caveau est remplacé ici par un burreau certes un peu poussiéreux mais néanmoins classieux.

A côté de Dracula, c'est presque Van Helsing (Nigel Daveport) qui nous apparait comme le méchant. Le vampire devant la caméra de Dan Curtis s'effondre comme le héros d'un opéra de Verdi alors que la clameur d'une foule semble s'élever au loins, elle cri "Dracula, Dracula !", et on pourrait croire que c'est une façon de nous dire "Le roi est mort...Vive le roi !".