









Réalisé par Roger Corman.Avec : Vincent Price, Barbara Steele...
Musique de Les Baxter
D'après la nouvelle Le Puits et le Pendule d'Edgar Allan Poe.
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Espagne, XVIe siècle. Afin d'éclaircir les mystères qui entourent la mort de sa sœur Elizabeth, Francis Barnard se rend au château où elle vivait en compagnie de son mari Nicholas. Nicholas Bernard, neveu d'un redoutable inquisiteur espagnol, sombre lentement dans la folie, persuadé d'avoir enterré sa femme vivante...
1960, le cinéma d'épouvante gothique est en plein essor : la Hammer revisite les grands mythes de la littérature gothique (Dracula, frankenstein, Holmes, Jekyll and Hyde, le fantôme de l'opéra...) avec brio et Mario Bava offre quelques uns de ses chef-d'oeuvres comme Le Masque du Démon ou Opération Peur, Même l'Allemagne parvient à tirer son épingle du jeu avec Le Vampire et le sang des Vierges et son titre assez délirant. Il fallait donc s'attendre à une réponse des Etats Unis, et c'est Roger Corman qui demande un budget plus conséquent qu'à l'ordinaire pour s'atteler à une série d'adapations de Poe. La première à voir le jour sera La Chûte de la Maison Usher, dans lequel l'immense acteur Vincent Price interprète le dernier d'une longue lignée maudite...composée en majeur partie de personnes mentalement instables. Le succès est au rendez-vous, et Corman obtient le feu vert pour continuer ce qui restera comme un série de sommets du cinéma gothique.
Le second film du cycle Poe est celui qui nous inéteresse ici : The Pit and The Pendulum adapté de la nouvelle éponyme de Poe, confronte deux monstres du cinéma d'épouvante de l'époque, à savoir Vincent Price (Dragonwick, la chûte de la maison Usher, la nuit de tous les mystères...) et Barbara Steele (Le Masque du Démon, Danse Macabre, Dark Shadows revival...) dans un scénario torturé et machiavélique qui aura vite fait de mettre mal à l'aise le spectateur. Corman maîtrise pleinement son sujet et donne vie au scénario que Richard Matheson (grand auteur dans le domaine du fantastique) a tiré de l'oeuvre de Poe, dans des décors gothique époustouflants : Un immense château surplombant la mer, un orgue trônant dans une chapelle baroque, des souterrains labyrinthiques peuplés d'instruments de tortures fort peu engageants...
Réalisé par Jess Franco
Herbert Lom campe un Van helsing déterminé, et on attend avec impatience la confrontation entre le vampire et sa némésis. Soledad Miranda, fragile Lucy Westerna, devient la parfaite victime du vampire et la scène ou elle quitte sa chambre pour retrouver Dracula dans le parc, avec sa longue robe de chambre flottant dans la brise atteint presque le niveau des mêmes scènes dans les films de Terence Fisher ou de Peter Sasdy. Klaus Kinski, lui nous offre une composition de fonctionnaire syndiqué, son Renfield est totalement muet, le malade mental se contente de tapisser sa chambre capitonnée de nourriture, de manger des mouches et finit par mourir sans véritable explication, pas convaincu le Kinski, et donc, peu convaincant (sa prestation néanmoins passe auprès de certains pour du pur génie...allez savoir pourquoi). Maria Rohm incarne une Mina belle et décidée, qui aurait pu selon moi s'offrir un rôle un peu plus développé...mais rappelons nous ; 1H38 oblige.
Jusque ici, rien ne s'annonce vraiment mal, Franco nous a gratifié d'une belle entrée en matière, maitrisée et on sent une réelle volonté de bien faire, ainsi qu'un certain dédain pour l'académisme. Pourtant, la seconde partie est bien moins convaincante. En effet, pour éviter d'avoir à gérer les déplacements sur mer de ses personnages, Franco a choisi de situer l'action non plus à Londres, mais à Budapest, et de réduire le cadre à l'asile et à la demeurre de Dracula, ce qui a pour effet de décrédibiliser la raison pour laquelle Harker vient d'Angleterre et de faire cohabiter ensemble dans l'asile tous les personnages de l'intrigue excepté Dracula...
Donc tout n'est pas rose, Franco a eu beau faire un effort non négligeable pour réaliser ce qui reste dans sa filmographie une excellente surprise, l'interprétation des acteurs a beau être correcte, le travail esthétique a beau se sentir, son Dracula n'est pas la perle noire gothique attendue, il ne peut même plus se targuer de fidélité tant les racourcis pris vis à vis de l'intrigue sont abracadabrants. Et en grattant un peu on pourra dire que ses loups ne sont que des bergers allemands, que ses araignées sont en plastique, et que Christopher Lee porte une moustache...lentement, sur la valse macabre de Bruno Nicolaï, les lumières se rallument...mais qu'on se rassure, pour Dracula comme pour Franco, c'est loin d'être la dernière séance !
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Réalisé par Bob Clark.
Bob Clark s'entoure donc d'un casting de choix pour donner vie à un scenario palpitant et non dénué d'un certain humour (noir ?), dont James Mason qui campe un Watson délicieusement ironique et très attachant. Le choix de Christopher Plummer est assez surprenant pour le rôle de Sherlock Holmes, pourtant force est d'admettre que l'acteur parvient à s'emparer du personnage et à rendre, selon moi, la meilleure interprétation du célèbre détective. Le duo Mason/Plummer fonctionne à merveille et certaines scènes de conversation entre les deux hommes frôlent le génie, tant on croirait qu'il s'agit des personnages même de Conan Doyle sortit des pages pour prendre vie devant nos yeux !
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Les seconds rôles ne sont pas en reste puisqu'on retrouve entre autre ce cher Lestrade (souvent tourné en dérision par Holmes et Watson, notament lors d'une scène à l'opéra) interprété par un Frank Finley qui semble beaucoup s'amuser, et Donald Sutherland qui interprète un médium à la santée fragile.

Un soin tout particulier a été apporté à l'atmosphère ; tout au long du film on sent planer une menace sur Holmes et Watson qui semblent de plus en plus proches de la vérité, et on ne pourra que saluer l'équipe technique pour les décors et la photographie. Les rues de Londres sont noyées dans un fog du plus bel effet et les intérieurs lambrisés nous plongent dans l'Angleterre victorienne qui, dans les romans de Doyle est le Fief de Sherlock Holmes, et qui, en 1888 fut le théâtre des crimes affreux imputés au mystérieux Jack l'Eventreur.
Cette version semble nous dire que Sherlock Holmes, loin d'être un héros, comme dans beaucoup de films ou il triomphe facilement, n'est qu'un homme après tout, ainsi, comme le véritable Holmes, Plummer s'emporte, sa détermination peut parfois être affectée...Le Holmes profondément humain ne peut pas toujours vaincre comme il le faudrait. Si on peut ne pas noter l'évolution du personnage tout au long des deux heures de film, il est manifeste qu'à la fin, Christopher Plummer interprète un Holmes quelque peu désenchanté ; l'enquête qu'il a menée l'a poussé à s'opposer au forces qui régissent la société, à affronter la franc maçonnerie qui pourrait le briser pour le réduire au silence, personne ne sera finalement puni.

Ce film s'est imposé pour moi dès sa vision comme le meilleur mettant en scène le célèbre détective, et ce sur tous les plans. Bien sûr jamais je ne considèrerai comme mauvais d'autres films comme "Le chien des Baskerville" avec Peter Cushing à côté de celui là, puisque la plupart des Sherlock Holmes, qu'ils soient adaptés ou non des écrits de Conan Doyle sont souvent d'une grande qualité, mais nous n'avons que trop rarement l'occasion de voir un Sherlock Holmes aussi proche du personnage de son auteur et on pourra sourire du fait que cela arrive dans un film qui n'est justement pas adapté des aventures de Sherlock Holmes.

Réalisé par Ken Russel.
L'arrivée des Shelley et de Claire à Deodati donne lieu à une espèce de course-poursuite entre Percy et deux jeunes femmes qui selon Mary les suivaient depuis Genève. Le poête Percy est donc perçu comme une star, l'attitude des deux filles ressemble à celle de groupies lors d'un concert de rock. Suite à cette entrée en matière un peu déroutante, on découvre la villa Deodati dans toute sa splendeur, véritable manoir gothique entouré de saules démesurés au milieu d'un parc peuplé de paons et de fontaines représentant des figures fantasmagoriques. Le décor intérieur de la villa est aussi baroque que l'extérieur, immenses escaliers de marbre cottoyent draperies rouges et vanités sinistres, de hautes fenêtres à croisillons illuminent des salons pourvus de tapis persans et de chandeliers démesurés...bref un cadre idéal aux "ébats" de nos personnalités littéraires. Du côté justement des personnages, on pourra reprocher à Russel et à son équipe un rendu outrancier de personnages comme Shelley ou Polidori ; L'acteur Julian Sand (Shelley) caricature le personnage à l'excès (comme il le fera 12 ans plus avec le fantôme de l'opéra de Dario Argento), et on déplorera peut-être un jeu sans nuance, tout en mimique et en grimace de la part de Timothy Spall, qui en Polidori anxieux et coupable de ses désirs se tord les doigts à tout bout de champ en arborant un air constipé qui le rend difficilement sympathique. Il en va de même pour Claire Clairmont dont les yeux hallucinés finissent par lasser.

Mary Shelley est interprétée avec conviction par la très jolie Natasha Richardson ; Mary est finalement le personnage le plus affecté par le petit jeu de Lord Byron, au cour de cette nuit, elle fera à la fois face à ses peurs profondes mais aussi à celle de Claire, de Percy, et même de Byron. Cette avalanche de crainte et de haine fera naître en elle l'ébauche de son Frankenstein, né de sa volonté de réssuciter son enfant mort né, et de sa haine envers ce jeu maléfique qui a enjendré le délire de cette nuit. Byron quant à lui est bel et bien le personnage le plus convaincant du film, Gabriel Byrne campe un maître de cérémonie froid et manipulateur, son rôle est pour beaucoup dans le fait que GOTHIC est une expérience unique.
L'élément fantastique est aussi présent ; on ne saura jamais si la créature née cette nuit là est réelle ou si elle est le fruit d'une hallucination collective. Telle la créature de Frankenstein revient tourmenter son créateur, le fruit de leur délire revient les hanter sous une forme à chaque fois différente, une silhouette d'enfant mort pour Mary, ou un arbre enflamé par la foudre, un vampire pour Polidori, une tombe pour un Percy qui est bel et bien vivant, et un véritable filet de sangsues pour Byron.

Le film fourmille de figures fantasmagoriques et de symboles freudiens plus ou moins flagrants, on appréciera le clin d'oeil au tableau 'The Nightmare', ou la scène pathétique et dérangeante ou Byron fait l'amour à une servante portant un masque représentant le visage de sa soeur Augusta, ainsi que les seins affublés d'yeux de Clair dans un délire de Percy. Les effets sonores participent aussi à l'ambiance malsaine, comme cet entêtant battement d'aile d'un oiseau prisonnier dans le grenier, les cris de Clair ou le bruit du vent dans les couloirs aux fenêtres ouvertes. On ne peut que saluer l'esthétisme pointilleux de Russel, en particulier lors du bouquet final, la fuite de Mary à travers le labyrinthe qu'est devenu Deodati, au cour duquel elle est témoin de toutes les peurs profondes des autres protagonistes, Byron recouvert de sangsues, Percy enterré vivant, ainsi que de ses propres peurs, des visions de foetus décomposés, d'enfants l'appelant à l'aide. On peut déceler de la part du réalisteur un certain décalage, comme lorsque au cours de son délire Mary prend le temps de recouvrir Byron de sa cape sans se poser de question.
Le final surprenant voit tout ce petit monde reprendre au matin une attitude normale, personne ne semble vraiment s'inquiéter des évènements de la nuit, sauf Mary, qui devra les exorciser en couchant sur le papier son Frankenstein, l'histoire d'une création, d'une créature né de la folie d'un homme, qui faute d'inspirer l'amour inspirera la peur et viendra hanter son créateur jusqu'à sa mort...L'épiloque témoigne encore du décalage voulu par Russel : de nos jours, dans la cour de Deodati, une foule de touristes visite ce qui a été le lieu d'exil et de vie du poète Byron, et le théâtre de cette nuit délirante, tandis qu'une voix monocorde débite depuis un haut parleur un compte rendu probable des évènements de la nuit du 16 juin 1816.
Le plan final aurait pu nous être épargné, mais il clôt adroitement le film, en nous montrant dans une fontaine du parc le foetus déformé et effrayant de la créature née cette nuit là, qui est venu jusqu'à nous sous l'apparence du Prométhée moderne, la véritable créature de son auteur.
Un film de Luchino Visconti
Armé de son talent légendaire, d'un budget écrasant, d'une distribution de choix, d'une partition musicale composée d'oeuvres classiques envoutantes, et d'une base des plus passionantes, Visconti nous livre donc un film sobrement titré Ludwig ou le crépuscule des dieux (ironie). Force est de constater que le parie est réussit et dès les premières images (le courronnement de Ludwig) le film nous emporte dans son souffle impérial ; ma foi, ces 3H54 vont passer en un éclair.
Helmut Berger prète la finesse de ses traits au roi fou dans une interprétation mémorable : Il joue un personnage sensible à l'excès, lunatique avec une telle facilité que c'en est déroutant ; mais aussi un roi qui porte une regard très clairvoyant sur son temps et sur la famille royale, on pourra retenir une citation extraordinaire du film : "Nous faisons tout en famille ; les enfants, les guerres : nous sommes incestueux et fratricides !". Sur ce point on ne peut donner tort à ce cher Ludwig (Les mariages entre cousins et cousines ayant donné lieu à une forte propention aux maladies mentales).
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Romy Schneider ré-endosse le lourd rôle d'Elizabeth d'Autriche. Lourd, parce que l'actrice s'est déjà illustrée dans une série de film mettant en scène "l'impératrice rebelle", et qu'il est donc très difficile pour le spectateur de l'époque de discocier le personnage frivole qu'était Sissi de celui, grave et ambigüe de l'impératrice d'Autriche. Le choix de Romy Schneider dans ce rôle, même s'il semble aller de soi est assez hardi, et Visconti pousse l'audace jusqu'à décrire Elizabeth comme un personnage implicitement pervers mais aussi très sage ("les monarques comme nous ne font pas l'histoire, on les oublie vite, à moins qu'on ne les rende célèbres en les tuant"), loin, très très loin de Sissi.
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Silvana Mangano, superbe actrice cataloguée comme fleuron du cinéma intellectuel, impose sa prestance dans le rôle de Cosima Von Bülow, maîtresse de wagner et arriviste notoire. Un rôle tout en nuance dont la portée tragique en fait quasiment un film dans le film ; un rôle en or.
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Wagner musicien de génie, détesté par beaucoup, adulé par une poignée, tantôt profiteur tantôt ami fidèle est interprété par un Trevor Howard qui s'en donne à coeur joie, peut-être en fait-il un peu trop mais qu'importe, c'est un réel plaisir de le voir s'emporter comme un enfant, tempêter comme un furieux...la relation qui l'uni à Louis II est assez ambigüe (on finit par se demander ec qui n'est pas ambigüe dans cette oeuvre) on ne saura jamais vraiment si Wagner est un véritable ami pour le roi de Bavière, même si ce dernier semble y croire plus que de raison (ce qui ne l'empêche pas de faire preuve d'une certaine fermeté sous la pression de ses conseillers).
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Dans le rôle d'Otto, le frère de Ludwig, C'est John Moulder Brown (déjà vu dans une production Hammer Film : le cirque des vampires en 1971) qui surprend énormément. Le jeune acteur nous dévoile tout son talent en jouant la folie de la manière la plus convaincante et la plus pathétique qui soit.
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le reste du casting est évidemment à la hauteur de la production, mais je me suis déjà trop attardé sur les têtes d'affiches.

Cette galerie de personnages historiques évolue dans un cadre absolument démentielle ; Visconti a vu les choses en grand, qu'à celà ne tienne, il FAIT aussi les choses en GRAND. Des couloirs lambrisé, dorés, présentant une hauteur de plafond incalculable, des jardins dont l'entretient aurait effrayé LeNôtre, des pourpres, des rouges sombres des noirs, le tout agencé avec un goût certain, presque effrayant.
Une bande son composée en majeure partie d'extrait d'oeuvres classiques (on reconnaitra évidemment Wagner, mais aussi Shubert, Brahms et Nolan je crois) qui souligne toute la majesté, à la fois du personnage et de toute l'entreprise, qui souligne même devrait-on dire, la folie, à la fois du personnage et de toute l'entreprise.
Tous cela peut paraître une peu froid c'est vrai...eh bien pas qu'un peu en réalité : emporté par son désir de faire grand, Visconti semble aller trop loin, certes le film est majestueux, sans qualificatif possible tellement c'est...trop ?

Trop ? Evidemment trop, à quoi fallait-il s'attendre en associant Visconti à Louis II et à Wagner ? Dans toute sa splendeur "Ludwig" est froid, et dans toute sa froideur il est splendide !
Réalisé par Dwight. H. Little.
Depuis l'adaptation de Rupert Julian avec Lon Chaney en 1925, les adapations du Fantôme de l'Opéra de Leroux ont fleuri sur les écrans à intervalle régulier d'environ 15-20 ans (1925, 1943, 1962, 1976...) mais dès les années 80 tout s'emballe et les adaptations toutes soit disant plus fidèles les unes que les autres se pressent au portillon. Cet engouement est certainement dû au succès de la comédie musicale D'Andrew Lloyd Webber, ce qui ne veut pas dire que les adaptations qui suivront seront de moindre qualité, puisque parmi les meilleures figurent celle de Tony Richardson, réalisée pour la télé en 1990 et justement celle qui nous intéresse, réalisé par Dwight H Little en 1989 et produite par une société baptisé 21th century film (qui paradoxalement ne verra jamais le 21ème siècle).

