27 sept. 2009

The Pit and the Pendulum

Réalisé par Stuart Gordon en 1991
Avec Lance Henriksen, Jeffrey Combs, Oliver Reed, Rona De Ricci, Jonathan Fuller, Frances Bay...
Produit par Albert Band et Charles Band. Musique composée par Richard Band.
Librement adapté de la nouvelle The Pit and the Pendulum d'Edgar Allan Poe.

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Espagne, fin du XVème siècle, Le grand inquisiteur Torquemada orchestre exécutions et tortures au nom de Dieu. Lorsque la jeune Maria est arrêtée et enfermée pour sorcellerie, il juge que le soudain amour qu'il lui porte ne peut-être que l'oeuvre du diable mais refuse pourtant qu'elle soit torturée, il lui avoue son amour et lui coupe alors la langue pour que le secret soit gardé. Mais c'est sans compter sur Antonio, le mari de Maria qui bravera le pendule, pièce maitresse et tranchante de la collection de Torquemada pour récupérer sa bien aimée.


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Drôle de cas que celui de la compagnie Full Moon, maison de production "familliale" crée par Albert Band et son digne fils Charles connue pour ses sortie direct-to-video de série B parfois douteuse. De la même manière que l'écurie Corman ou Harry Allan Towers, l'équipe Full Moon trouve son inspiration le plus souvent dans les grand classiques, comme par exemple pour Meridian, de Charles Band visiblement tiré de la Belle et les Bête ou sa Maison du Dr Moreau tirée du roman de H.G Welles, la saga Subspecies, de Ted Nicolaou nourrie des récits de vampires modernes, ou Castle Freak de Stuart Gordon, inspiré (comme son Dagon), de l'univers de Lovecraft.


Stuart Gordon est un artisan sinon précieux du cinéma (il en est un certainemant pour le cinéma bis) un réalisateur très curieux et loin d'être inintéressant. Il a derrière lui au moins 3 succès qui sont Dagon (2001), Dolls (1987) et Reanimator (1985), dans lesquels n'apparait malheureusement pas ce The Pit and the Pendulum (1991) trop méconnu.

Le film commence bien, même très bien, avec une introduction presque baroque qui nous montre le procès pour hérésie du comte Albino de Molina ou plutôt de son cadavre, auparavant enterré selon les saints sacrements puis déterré après les conclusion du grand inquisiteur. La poésie de la scène, résidant aussi bien dans les costumes et le splendide thème musical de Richard Band que dans l'action elle-même (les cendres du comte qui remplissent un immense sablier après une flagellation qui réduit le cadavre en poussière) laisse augurer le meilleur, tout comme le magnifique générique se déroulant sur les gravures de Pieter Bruegel "The Triumph of Death".



Adapter Poe n'est pas une mince affaire et ce film n'a rien à voir avec la version de Roger Corman, c'est bien l'inquisiton espagnole qui est mise en avant par Gordon, qui en profite pour dresser le portrait d'un inquisiteur cruel (Lance Henriksen) qui n'est pas sans rappeler Frolo dans Notre Dame de paris de Victor Hugo : Il a à ses côtés un jeune idiot, diforme, qu'il a "sauvé" , qui porte les stigmates du christ et qui sera son meurtier, il ne peut se cacher son désir pour la jeune Maria qu'il considère par conséquent comme l'incarnation du diable...Une transposition intéressante qui reste néanmoins un peu trop évidente.

Le casting est comme souvent chez Full Moon composé de têtes connues et appréciées des habitués, notamment Lance Henriksen (Aliens le retour, Alien 3), terrifiant dans sa cruauté et sa folie, mais aussi Jeffrey Combs (Re-animator, Castle Freak, Dagon...), en greffier cynique ou Oliver Reed en cardinal, homme de principe mais malheureusement un peu trop porté sur la bouteille, personnage ironique, plus symbolique qu'effectif.
Rona De Ricci incarne quant à elle une Maria qui plutôt qu'Esmeralda, nous évoque Justine, des Infortunes de la vertu du Marquis de Sade, et ce plus que jamais dans une scène ou elle est convaincut que l'homme de Dieu qu'est Torquemada est sincère lorsqu'il dit qu'il les laissera vivre, elle et son mari. Elle s'affranchira de cette candeur par la suite, et le changement sera explicité lors d'une scène de "resurection" magnifique.
Gordon traite aussi d'un thème cher à Poe dans son film, le temps d'une séquence : le fait d'être enterré vivant, bien sûr, aucune adaptation de Poe n'est digne de ce nom si elle n'aborde au moins une fois le sujet.
D'un point de vue technique, le film ne souffre pas trop de son budget réduit, les décors, quoique restreints ne lassent pas et les effets sanglants, avec lesquels l'équipe ne lésinent pas sont globalement réussis et n'entrave jamais la narration : de la complaisance dans un film sur l'inquisition, ce serait un comble !



Gordon s'il ne signe donc pas ici un film historique ou une véritable adaptation de Poe, ni même les deux à la fois, dresse un portrait quelque peu extravagant de l'inquisition espagnole, violent et visuellement agréable, même beau pour un rejeton de la Full Moon dont on sait que la qualité des productions est très inégale. Une sorte de conte macabre qui pourrait, si la photographie avait fait l'objet de plus de soin, se placer aux côtés du Phantom of the Opera de Little dans la ronde interminable des adaptations des grands classiques de la littératures gothique/fantastique de la fin des années 80, au cour de laquelle les noms de Harry Allan Towers, Roger Corman, Stuart Gordon, Charles Band etc. seront amenés à réaparaître à de nombreuses reprises.

1 sept. 2009

Frankenstein Unbound



Réalisé par Roger Corman en 1990.
Avec John Hurt, Raul Julia, Bridget Fonda...
D'après le roman de Mary Shelley et librement inspiré du roman de Brian Aldiss.

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Le Dr Joe Buchanan pense avoir trouvé le moyen de créer une arme qui contrairement à la bombe atomique ne pourrait jamais mette le monde en péril. Mais sa découverte entraine un boulversement spatio-temporel qui va le conduire au début du 19ème siècle à Genève. Là il fait la connaissance de la jeune Mary Godwin et des poètes Shelley et Byron, mais assiste aussi aux faits qui ont inspiré le roman Frankenstein : il se retrouve en effet face au baron lui même et à sa créature...
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Le mythe de Frankenstein s'est trouvé surexploité dans les années 70, divers téléfilms adaptent en effet plus ou moins fidèlement le roman de Mary Shelley, comme celui de Dan Curtis, Terror of Frankenstein avec Leon Vitali, Frankenstein; The True Story de Jack Smight (dont j'ai parlé précédemment) et le cinéma d'exploitation s'en donne à coeur joie avec des variantes jouissives tel le Chair pour Frankenstein de Paul Morrissey, ou le succulent Lady Frankenstein de Mel Welles, sans oublier l'irrésistible Frankenstein Junior de Mel Brooks...tant d'avatars qu'on en vient à perdre l'essence de l'oeuvre et à oublier sa genèse et sa raison d'être. Si de 85 à 88 sortirons sur les écrans divers films narrant la genèse du roman, avec la fameuse nuit des Shelley à la villa Deodatti : Gothic de ken Russell, Rowing with the wind, avec Hugh Grant ou le très rare Haunted Summer, auxquels on peut ajouter par curiosité The Bride, avec Sting et Jennifer Beals, difficile de mettre en relation cette nuit de débauche hallucinatoire avec le Prométhée Moderne de Mary Shelley.
C'est en 1888 que Corman se voit confié un budget conséquent par la Twentieth Century Fox pour enfin faire ce lien. Voila près de 17 ans que Corman n'a oeuvré qu'en tant que producteur, et si on se souvient de la prolifique décénie 1960 (qui vit entre autre naitre le cycle Poe), Roger Corman, versatile et dillétante professionnel n'entre plus dans les bonnes grâces dans grands studios ni dans celles du spectateur. Le projet de Frankenstein Unbound aboutie finalement en 1990 à un film d'une durée totale d'une heure et vingt minutes certes nanti d'un casting de choix, d'une belle photographie et d'un scénario intéressant mais qui recevra un accueil mitigé duquel le temps n'a pas encore eu raison : Frankenstein Unbound reste un film hautement sous estimé.
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De la même manière que le Phantom of The Opera de Dwight H. Little (1989), Frankenstein Unbound revient aux fondements de l'oeuvre via un twist de même nature : Le Dr Buchanan, version moderne de Frankenstein va apprendre à ses dépend que l'histoire se répète et ce de façon irréversible. Corman réussit à rendre son histoire tout à fait crédible, ou du moins parvient à la rendre moins invraissemblable qu'il n'y parait : En effet, Buchanan en plus de se retrouver à cheval sur deux époques, va devoir jongler avec deux univers, d'un côté celui de Mary Shelley et de l'autre, celui du Baron Frankenstein, qui n'est pas encore devenu le personnage littéraire que l'on connait aujourd'hui. Le tout aurait pu devenir très compliqué, mais au final le scénario s'avère béton et jamais le spectateur ne se retrouve le cul entre quatre chaise comme le pauvre Buchanan mais suit agréablement l'intrigue.
Sur sa forme, le film ne pèche aucunement, les effets spéciaux certes un peu dépassés servent très bien le film ainsi que le superbe maquillage de Nick Dudman (qui oeuvrera plus tard sur la saga Harry Potter), on pourra aussi saluer les magnifiques costumes de Franca Zucchelli. La prestation des acteurs ne souffre aucune critique, le trio de tête John Hurt (Buchanan), Raul Julia (Frankenstein, que l'on retrouvera dans le rôle de Gomez dans The Addams Family) et Bridget Fonda (Mary Shelley) est fantastique. Nick Brimble dans le rôle du monstre offre lui aussi une belle composition, ainsi que Jason Patrick dans le court rôle de Lord Byron.
Mais vous l'aurez compris, ce qui est pour moi le point fort de Frankenstein Unbound, c'est son scénario, qui capte à merveille le message du roman de Mary Shelley dans un final apocalyptique où Buchanan se rend compte qu'il n'est lui-même plus qu'une sorte de Frankenstein et que le progrès pour le progrès engendrera toujours les mêmes effets.
Certes on pourra toujours préférer un adaptation fidèle et plus "grand publique" comme la splendide version de Kenneth Brannagh, dont je ne nie nullement les qualités, mais il serait dommage de passer à côté de la si belle reflexion que nous offre Frankenstein Unbound qui du reste et sur tous les plans n'a que peu à envier aux films de Brannagh et consort.

21 août 2009

Revenge in the House of Usher

Réalisé par Jess Franco en 1982.
Avec : Howard Vernon, Lina Romay, Antonio Mayans, Daniel White, Françoise Blanchard, Olivier Mathot...
Musique composée par Jess Franco et Daniel White.
D'après "La Chûte de la Maison Usher" d'Edgar Allan Poe.

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Allan Harker (ou pourra noter le retour fréquent de noms issus du roman Dracula dans la filmographie de Franco ; Harker, Renfield et surtout Seward) se rend au château de son ancien mentor, Roderick Usher. Ce Dernier veut confier un secret qui le pèse terriblement à son élève et ami. Harker ne sera pas au bout de ses peines lorsqu'il découvrira qui est vraiment Usher, quelle folie l'anime et quelle relation étrange il entretient avec son immense demeure.
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Etrange film que ce Revenge in the House of Usher. Exploitée sous différent titres, tels Névrose, La chûte de la maison Usher ou l'absurde Zombie 5, cette adaptation revue et corrigée par Jess Franco du classique d'Edgar Poe est un étrange patchwork qui vaut vraiment le coup d'oeil. On connait l'attachement de Franco pour le personnage qu'il à créé, à savoir le Docteur Orloff, qui est revenu fréquemment dans sa filmographie, depuis l'Horrible Dr Orloff jusqu'à la dernière apparition du personnage dans Les Prédateurs de la Nuit (avec Helmut Berger, Brigitte Lahaie, Telly Savalas, Caroline Munroe, Chris Mitchum, Florence Guérin...j'en passe et des pires). La Chûte de la maison Usher qui ne devait être à l'origine qu'une adaptation plus ou moins fidèle de la nouvelle éponyme devient finalement l'occasion pour Orloff de revenir sur le devant de la scène. Roderick Usher (interprété par l'extraordinaire Howard Vernon évidemment) est ici torturé par les esprits des femmes qu'il a tué pour rendre la vie à sa fille Melissa (tiens donc) et pour réduire l'écart entre Orloff et Usher, ce dernier est assisté par un pauvre bougre aveugle et défiguré; Morpho (ici joué par Olivier Mathot, l'acteur qui n'aurait pas été assez dynamique pour jouer Derrick).
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Howard Vernon incarnant Roderick Usher : l'homme de la maison.
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Névrose (ou Revenge in the house of Usher, ou la Chûte de la Maison Usher, appelez-le comme vous voulez), donne donc à Franco la possibilité d'un cross over improbable mais hautement intéressant, entre son univers d'épouvante surréaliste et l'univers gothique d'Edgar Poe, pour un résultat des plus singuliers. Si les décors rappellent un instant le bel effort fait pour Les Nuits de Dracula (1970), la trame a tôt fait de rappeler le tortueux Rites of Frankenstein, en effet, le film a subit, selon la volonté d'Eurociné, divers remontages et inserts lui donnant un charactère batard au final très appréciable.
La Maison Usher n'a ici rien à voir avec le manoir flamboyant (et flambant...hum) du film de Roger Corman, c'est une austère forteresse espagnole à l'allure géométrique assez déconcertante. L'intérieur est tout aussi austère, La Maison comme son occupant n'est plus qu'une carcasse branlante. Franco parvient à créer une atmosphère très réussie en donnant l'illusion du lien qui unit Usher à sa maison avec les craquements qui retentissent dans la toiture lorsqu'Usher se sent mal. La prestation d'Howard Vernon vaut le détour, l'acteur à la voix nasillarde cabotine, dans le rôle du vieux professeur à la raison chancelante qu'est Usher.
Là ou le bât blesse, c'est justement au niveau des inserts imposés par la production, certes l'idée de rapprocher Usher de Orloff est intéressante, ce n'est pas Franco qui le niera, mais une troisième sous intrigue pointe le bout de son nez et ne se dévoilera jamais vraiment laissant le spectateur dubitatif devant un pan d'ombre inutile présent dans le scénario qui n'en est que plus bancal : La présence d'Edmonda, apparemment défunte femme d'Usher, dont on ne saura jamais si elle est une hallucination, une revenante, un vampire ou une femme de chair et de sang cherchant à pousser un peu plus son cruel mari vers la folie...tout comme on ne saura jamais si les femmes attachées dans les cachots que découvre Harker sont réelles ou issues d'un cauchemar ou encore si Franco, en cour de route, a manifesté la volonté d'ajouter Barbe Bleue à l'affaire (pourquoi pas)...ni ce qui a poussé eurociné à insérer des scènes avec un personnage n'ayant presque aucune intéraction avec les autres en la personne de Mathias incarné par jean Tolzac.


Revenge in the House of Usher présente sinon une vraie adaptation de la nouvelle de Poe, une véritable synthèse du cinéma de Jess Franco et aurait en ce sens gagné à être étoffé, qui sait sur deux heures, n'en faisant peut-être pas une oeuvre plus cohérrente mais au moins plus aboutie. Il en reste un film très sympathique, tourné dans des décors intéressants et porté par une très bonne musique de Danièle White. Un Franco qui de l'oeuvre dont il est adapté ne retient que la chûte (dans les deux sens du terme), très abordable, et à découvrir séance tenante pour qui aura apprécié au préalable L'Horrible Dr Orloff !

9 août 2009

Frankenstein: The True Story

Réalisé par Jack Smight en 1972
Avec : Leonard Whiting, James Mason, Jane Seymour, David McCallum, Michael Sarrazin, Nicola Pagett, Ralph Richardson...
D'après le roman de Mary Shelley.

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Victor Frankenstein est un jeune et brillant médecin, fiancée à la belle Elizabeth, fille du très influant lord Fanshawe. Ayant perdu la foi en Dieu après la mort de son jeune frère, Victor se lance, sous l'influence de Clerval dans des expériences dangereuses ayant pour but de rendre la vie à des tissus mort, sans se douter que le tout est orchestré par l'odieux Docteur Polidori. De ces experiences naitront deux créatures Beau et Prima...et les terribles conséquences s'accumulent.
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Diffusée en Novembre 1973 sur le petit écran américain, cette adaptation très libre et très étonnante du roman de Mary Shelley bénéficie d'un casting assez extraordinaire et très intéressant ainsi que du maquillage d'un vétéran hammerien : Roy Ashton. D'une durée totale de trois heures (et 3 ou 4 minutes) cette "True story" n'a finalement plus grand chose à voir avec le roman original tant elle en modifie les évènements, personnages etc. En effet ici, c'est Clerval qui entraine Victor dans ses expériences, le film introduit aussi le personnage de Polidori (qui a réellement existé et à qui l'on doit Le Vampire, texte fondateur de la littérature fantastique) qui est une sorte de maître à penser d'une vilainie qui n'est pas sans évoquer le Dr Pretorius de Bride of Frankenstein (1935).
Ce téléfilm d'une grande qualité esthétique n'a rien à envier aux productions Hammer auxquelles il succède directement et préfigure dans un sens le Flesh for Frankenstein de Paul Morrissey (le leger aspect "homo-erotique" se pressent...et Morrissey n'aurait pas renié le séduisant Dr Frankenstein que fait Leonard Whiting, encore auréolé de son image de Romeo Montaigu). On peut en effet y déceler un certain décalage, une légère ironie vis à vis du matériel original, introduite avec subtilité par des dialogues très bien écris. Si la force de cette adaptation farfelue réside dans son casting formidable (ébréché ça et là par une ou deux apparitions manquées ou par un James Mason fatigué) elle présente aussi des décors très intéressant, qui sentent certes le studio à plein nez, mais rendent très bien le contexte dans lequel est censé se dérouler l'histoire (début du XIXème semble-t-il).


Pour un téléfilm, Frankenstein: The True Story va assez loin dans l'horreur, psychologie la plupart du temps bien sûr, mais visuelle surtout, un peu à la manière du superbe Frankenstein Must Be Distroyed (pièce maitresse de la saga de Terrence Fisher), le film nous gratifie de toute opération, de toute effusion de sang, et surtout d'un maquillage plus vrai que nature, pour une créature dont le changement physique est terriblement réalliste. On peut repprocher au film d'aller parfois un peu trop loin, par exemple avec l'horrible fin du Dr Polidori qui plutôt qu'effrayante est tout à fait ridicule. Au niveau psychologique, Don Bachardy et Christopher Isherwood au scénario effetuent un travail remarquable, surtout sur le personnage de Prima, en laquelle réside presque tout l'intérêt du métrage, remarquablement interprétée par Jane Seymour.


Disponible dans sa version non censurée sur un très bon DVD universal, cette étrange version du Mythe de Frankenstein se doit d'être découverte, pour l'impacte qu'elle produit et pour son intérêt littéraire, ses acteurs et ses dialogues. Même s'il s'agit d'un téléfilm, c'est loin d'être la plus sage adaptation, au contraire et heureusement, elle est l'une de celles qui prennent le plus de risques et c'est en grande partie pour ça qu'elle figure parmi mes préférées.

4 août 2009

Victoria : Les Jeunes Années d'une Reine

Réalisé par Jean-Marc Vallée en 2009
Avec : Emily Blunt, Rupert Friend, Jim Broadbent, Miranda Richardson, Paul Bettany, Mark Strong...

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Accedant au trône à un jeune âge, la reine Victoria est vite remarqué pour son caractère très fort et sa facilité à s'entourer de personnes de bon conseil...
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Belle production que ce Young Victoria qui nous plonge dans l'univers de cette grande reine dont l'existence à peine romancée évoque une mixte délicieux entre Jane Austen et Stephen Frears.
On peut tout d'abord souligner la finesse des dialogues et la beauté des décors, le tout remarquablement filmé (quand je dis Stephen Frears c'est pas pour rien !). Et si le biopic est par moment un peu trop polissé, un goutera aisément les délices d'une intrigue amoureuse portée par deux acteurs parfaits (et voila Jane Austen !). La beauté des costumes, de la trame sonore et le plaisir de retrouver à l'écran une souveraine aussi subtile (certes dans la réalité décrite comme peu élégante) et qui a tant fait pour les arts et l'évolution sociale de Grande Bretagne font du film un régale.



Sur le plan des acteurs, Victoria est une succulente surprise, Emily Blunt et Rupert Friend forment un couple superbe ! La palme revient à une Miranda Richardson en Duchesse de Kent qui malgré les mauvais conseils de Sir John Conroy accède à une lucidité absolument bouleversante après le quasi abandon de sa fille. Jim Broadbent dans le court rôle du roi William n'est pas en reste, fort de son air déluré dans Harry Potter, l'acteur incarne avec malice le royal tonton porté sur la bouteille et très proche de Victoria.

Un splendide biopic, qui manque tout de même de profondeur mais se montre à la fois touchant et esthétisant, qui ravira les amateurs de Jane Austen et de Stephen Frears ainsi que les férus de l'histoire de la reine Victoria qui eu, rappelons le, le reigne le plus long et le plus prospère de toute l'histoire d'Angleterre.

19 juil. 2009

Harry Potter and the Half Blood Prince

Réalisé en 2008 par David Yates
Avec Daniel Radcliff, Emma Watson, Rupert Grint, Maggie Smith, Michael Gambon, Allan Rickman, Tom Felton, Helena Bonham Carter...
D'après le roman de J.K. Rowling.
Musique composée par Nicholas Hooper.

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Alors qu'un nouvel été à Little Winging se termine, Dumbledore vient chercher Harry pour une mission particulière : convaincre Horace Slughorn de revenir à Poudlard. L'ancien professeur aurait en effet été très proche du jeune Tom Jedusor et Dumbledore compte sur Harry pour s'en rapprocher et en savoir plus sur une forme de magie très rare et perilleuse...Parallèlement un livre de potion ayant appartenu au "Prince de Sang mêlé" tombe entre les mains de Harry. A Poudlard, loin des intrigues amoureuses, un terrifiant complot se trame.
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Nous retrouvons pour la 6ème fois sur grand écran notre trio si attachant et son univers captivant. Comme pour L'Ordre du Phénix, c'est David Yates qui prend place derrière la caméra pour adapter en une durée totale de 2H32 l'avant dernier tome de la saga Harry Potter initié il ya déjà presque 12 ans par J.K. Rowling, saga qui a fait ses premiers pas au cinéma en 2001 avec le film de Chris Columbus et n'a cessé de faire ses preuves depuis.


Si le 6ème roman de Rowling est l'un des plus complexes, l'adaptation n'en patît aucunement, mais je vais essayer de comparer le moins possible le film au livre (et de ne pas dévoiler les ressorts de l'intrigue), des écris à l'écran, la route est longue. Mais force est de constater que pour le spectateur passif, et de surcroit fan du monde de Harry Potter s'attendant à un "fan service" irréprochable se trouvera gâté !
Dans une courte introduction, sorte de flashback du 5ème opus, Yates donne le ton, qu'il avait déjà esquissé avec l'ordre du phénix, et lorsque le titre apparait sur fond de ciel orageux (réminiscence du premier film ?) le doute n'est plus permis, l'oeuvre sera sombre.
Sombre ce nouvel épisode l'est bien plus que tous les préscédents réunis, tous les films depuis le 3ème (Le Prisonnier d'Azkaban, réalisé par Alfonso Cuaron) traine une aura sombre, à chaque fois décrite dans la presse comme inédite, et parfois un peu injustifiée, mais cette fois ci, nous sommes bel et bien, et enfin en face du véritable diamant noir de la saga.
Même si comme le souligne Slughorn "Nous vivons des temps de folie", cela n'empêche pas la libido de nos jeunes sorciers de se réveiller à temps. En effet, nos étudiants de Poudlard, même confronté à la menace du plus grand mage noir de tous les temps n'en restent pas moins humains, et l'amour n'est-il pas la force qui mérite toute les batailles ? Cela David Yates l'a très bien compris, Mike Newell avait déjà fait remarquablement progresser la série à ce niveau, Yates la fait enfin décoller et nous dévoile avec pudeur et tendresse les émois peines de coeur si bien décrits dans le roman.


On sera reconnaissant à Yates d'avoir enfin donné libre cour à la loufoquerie jusqu'ici trop discrète d'un Albus Dumbledore décomplexé qui ne s'étonne plus de découvrir une pièce pleine de pots de chambre dans un château qu'il est censé connaitre par coeur (CF l'évocation de la salle sur demande dans La Coupe de Feu) et profite d'une pause pipi pour regarder les modèles de tricot dans les magasines féminins. Cette fidélité des personnages est tout à fait jubilatoire pour les habitués du monde de Harry.
Profitant de l'intrigue complexe dans laquel plus rien n'est ni blanc ni noir, Yates fait évoluer ses personnages dans des nuances de gris qui font ressortir les méandres de leur personnalité, leurs doutes, leurs angoisses, qui jusque là semblaient quelque peu secondaires. C'est principalement ce qui fait qu'au niveau humain, Harry Potter et le Prince de Sang mêlé, est sans conteste le plus abouti et le plus bouleversant.
Esthétiquement, le film est un sans faute comme il fallait s'y attendre, les intérieurs tendus d'étoffes et d'ombres et les extérieurs de Poudlard sont toujours aussi beaux, et les lieux de l'intrigue (la grotte avec les inferis) sont pétrifiants de réalisme. Le score musical de Nicholas Hooper est lui aussi splendide, même s'il n'atteint pas la divine mélancolie de celui de Patrick Doyle pour La Coupe de Feu. La photographie est pour beaucoup dans l'aspect plastique magnifique de ce film, ainsi qu'une foule de petits détails dans les effets visuels qui participent à nous faire retrouver toute la magie de cet univers.


Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé est donc une majestueuse réussite, probablement le plus touchant et le plus aboutit de toute la saga, le plus sombre, le plus sanglant et le plus triste aussi. David Yates n'a pas à rougir devant ses prédécesseurs, et surtout pas devant Cuaron dont le film a été encensé par la critique quelque peu lassée du style old school de Columbus, car il signe avec ce film une source d'émotion indéniable, une adaptation fidèle et envoutante du roman le plus difficil de la saga ; Harry Potter 6 est une joie de tous les instants et un générateur lacrymal dont la batterie ne lâche pas deux heures et demie durant doublé d'un délice visuel. Depuis près de 9 ans que la franchise sévit sur nos écrans, nous venons seulement enfin, de voir son vrai visage et putain, ça fait du bien !

7 juil. 2009

Raspoutine le moine fou



Réalisé par Don Sharp en 1966.

Avec Christopher Lee, Barbara Shelley, Suzan Farmer, Richard Pasco, Francis Matthews...


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1905, quelque part en Russie, le moine Raspoutine, qui se reposait dans un auberge réalise un miracle en guérissant la femme du tenancier. L'homme semble bon, mais son ambition va le conduire à St Petersbourg, à la court du Tzar Nicolas II et de la Tzarine Aleksandra. Parvenant à guérir leur enfant de son hémophilie, Raspoutine gagne la reconnaissance d'Aleksandra qui en fait son plus proche conseiller.
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Au milieu des années 60, la Hammer connait une baisse de régime qui se traduit dans se sproduction par une photographie plus terne qu'à l'accoutumé, une économie des décors et des costumes ainsi qu'une certaine répétition au niveau des trames narratives des différentes productions. C'est à cette période qu'à vu le jour l'un des projets les plus conséquents du studio : Rasputin the Mad Monk. Scénarisée par Anthony Hinds (sous l'habituel pseudonyme de Jonh Elder) et mise en scène par Don Sharp, cette production Anthony Nelson Keys s'écarte pas mal des sentiers d'ordinaires battus par la Hammer en ne proposant pas une nouvelle adaptation d'un classique gothique, mais bel et bien une retranscription de faits historiques ; L'arrivée de Raspoutine à la cour Impériale de Russie, de débauches en meurtres jusqu'à son propre assassinat.


Don Sharp, réalisateur entre autre du superbe Kiss of the Vampire (1964), opte pour une mise en scène soignée, très théâtrale, mais d'une éfficacité qui ne déparera pas de tout le film. On retrouve bien sûr un casting Hammerien très alléchant puisque les deux têtes d'affiche ne sont autres que Christopher Lee et Barbara Shelley (qui formaient déjà le couple star de Dracula prince of darkness), une distribution de choix et une base passionnante peuvent facilement faire de Raspoutine un film mémorable pour la Hammer en quête de nouvelles inspirations.

Mais la déception se fait sentir, si le générique sur fond de rideau cramoisi fait illusion 5 minutes, et que l'enchantement revient le temps d'une trop courte séquence de bal, la réduction maximale des lieux de l'action et une quasi totale absence de faste au niveau des costumes sont très regrettables compte tenu du sujet. Si les acteurs s'en sortent à merveille, on ne peut pas en dire autant du scénario qui, même si on ne s'attendait pas à une retranscription totalement fidèle à l'histoire, est terriblement élyptique et semble de plus calqué en plusieurs points sur celui de Dracula prince des Ténèbres (sorti la même année) ce qui pour le coup modifie totalement les événements qui voient disparaître le moine fou.

Christopher Lee dira plus tard avoir trouvé en Raspoutine l'un de ses meilleurs rôles, son plus tragiques et son plus nuancé sans doute, tout comme Barbara Shelley magnifique et poignante Sonia. On peut dire en tout cas que Lee est absolument étonnant dans ce film tant la ressemblance au véritable Raspoutine est frappante.

Raspoutine malgré un sujet en or se révèle au final comme une réalisation terne et peu ambitieuse en comparaison d'autres films "mineurs" de la firme produits dans la même période et, à raison, bien plus estimés tels Dracula prince des ténèbres ou Frankenstein créa la femme. Il mérite cependant largement qu'on s'y attarde, ne serait-ce que pour saluer la tentative qui n'a finalement qu'en partié échouée; Rasputin the Mad Monk reste un divertissement de qualité.