
27 févr. 2009
Duel en Enfer ; Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur

26 févr. 2009
The Seven Per Cent Solution (Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express)


24 févr. 2009
Le Fantôme de l'Opéra (1962)

Avec : Herbert Lom, Edouard De Souza, Mickael Gough, Heather Sears...
Musique de Edwin Astley.

On notera aussi que cette fois, les interactions du fantôme avec l'extérieur sont très limitées. Les méfaits du fantôme sont de la main de son "serviteur", un autre personnage inadapté qui voue son existence à protéger le génie reclus dans les sous-sols de l'opéra. Si Fisher assagit son personnage en lui ôtant ses pulsions meurtrières, ce n'est pas pour en faire le gentil de service, le fantôme reste une créature déformée, incapable de se réhabiliter, et sa mort vient par celui qui l'a toujours servi, et qui bien sûr sans le vouloir, le sert encore une fois en le faisant échapper aux policiers, en le faisant disparaître alors qu'il atteint le firmament de la grâce...
On ne peut reprocher à Terence Fisher un manque de panache dans sa mise en scène, car comme à son habitude il livre avec tout son talent une habile révision du mythe, on ne peut pas imputer le mauvaise accueil fait au film à des décors moins beaux qu'à l'ordinaire, puisque comme toujours chez la Hammer, les couleurs chatoyantes le disputent à un agencement intimiste des lieux, à une somptueuse atmosphère gothique, qui se dégage de l'opéra de Londres. Du point de vue technique, tout participe à faire de Phantom of the Opera un nouveau chef-d'oeuvre.

Bel exemple de la production Hammer Film du début des années 60, le bide que connu ce Fantôme de l'Opéra reste un mystère. On note à l'époque une grosse déception critique, qui s'expliquent peut-être par les attentes d'un public habitué à des prouesses plus baroques de la part de Fisher. C'est oublier la tendance du réalisateur à verser dans le drame. Avec ce film, Terence Fisher a voulu approcher le monstre dans une optique plus mesurée, lui qui a privé la créature de Frankenstein de l'auréole whalesienne, lui préférant le baron, lui qui a bestialité le comte Dracula, il rend au fantôme une part importante d'humanité. En cela, il n'adapte certes pas Gaston Leroux, mais il le plie à la cohérence de son oeuvre, il se l'approprie, et avec quel talent !
18 févr. 2009
DOUTE
Avec Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams...
Musique composée par Howard Shore

Soeur Aloysius (Meryl Streep), véritable Mante religieuse promène son regard carnassier pour déceler les travers des élèves de l'école.
S'il est ensore necessaire de le dire, Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman sont deux pointures du cinéma qui parviennent immanquablement à marquer les esprits à tel point que si le rôle a été joué par quelqu'un d'autre auparavant il est immédiatement oublié et on ne peut penser le personnage autrement qu'avec le visage de l'une ou de l'autre. Rien d'étonnant donc à ce que la redoutable Soeur Aloysius ne bouffe littéralement les personnages qui occupent son espace à l'écran, ou que la défense désespéré du père Flynn nous engage a prendre fait et cause pour un homme qui bénéficie fatalement du bénéfice du doute. A ces deux têtes d'affiches s'ajoute Amy Adams, dont le rôle touchant, se voulant médiateur mais alignant les maladresse ne manque pas d'émouvoir ou de faire sourire.
Si le casting sert admirablement l'histoire, l'histoire sert d'autant mieux le casting qu'elle se permet quelque trait d'ironie bien appropriés au personnalités à la fois des acteurs et des personnages sans que cela ne parasite le récit, au contraire, ces petites piques sont bienvenues et rappellent à merveille l'humanité des protagonistes (car il ne faudrait pas faire passer Meryl Streep dans ce film pour un monstre total), preuve en est que les trois acteurs ont su parfaitement s'approprier leur personnages.
Soeur James (Amy adams), convaincue de l'innocence du père Flynn.
Vous l'aurez compris, plus que de la pédophilie dans les écoles catholique, Doute, parle du doute...n'y voyez pas de transition ou de jeu de mot facil, mais le titre énigmatique du film en est aussi le thème et presque l'acteur principal. Le tout est mené de telle manière qu'aucune preuve et qu'aucune certitude, pas l'ombre d'un fait avéré ne viendra s'imiscer tout au long des deux heures de films. A aucun moment le scénario ne trahit un parti pris quel qu'il soit, ce qui permet au film au final d'atteindre le but depuis trop longtemps oublié d'une cinéma de la reflexion qui laisse au spectateur le choix du fin mot de l'histoire. En ce qui me concerne, le fait que Doute nous laisse dans le doute me va très bien, il aurait été dommage d'en venir à une conclusion classique lorsqu'il est si difficile et si bon d'obtenir un tel effet de frustration, ne reflechissez donc pas trop (^^).
8 févr. 2009
Morse

Au pays de Morse les méchants sont les gentils et les gentils outre les méchants/gentils ne servent à rien, vous suivez ? Non effectivement c'est assez nébuleux, mais imaginez-vous un instant que c'est l'arrivée de cette vampire, qui rapelons le est une créature nocturne d'apparence humaine qui se nourrit de sang et donc qui vide sans pitié des êtres humains de leur sang pour subsister, qui va faire de notre petite Oskar un homme. C'est évidemment d'elle qu'il va tomber amoureux, mais au delà de ça, cette enfant sans âge est celle qui va l'extirper d'une vie morne et désespérante. Les adultes sont mis en retrait, ils restent totalement extérieurs à l'histoire qui se joue devant nous et si par malheur ils s'avisent de vouloir y jouer un rôle trop grand il finissent très mal. Les gentils dans la vie ici sont donc les méchants, ceux qui ne comprennent pas, ces villageois dans Frankenstein qui dévalent les rues armés de fourches et de torches, qui ici finalement ne parviendront jamais à leur fin.
Les moments mettant en scène les deux enfants sont bouleversants et le jeu des acteurs est bluffant de réalisme et de simplicité. La caméra toujours discrète n'en filme jamais trop, et fait de Morse à la fois un drame, un film d'horreur, et une étrange romance qui donne lieu à bien des réflexions.
Morse (qui tire son titre du moyen de communication des enfants d'un appartement à un autre) est donc une oeuvre à la fois cruelle, sensible, simple et belle, qui n'hésite jamais à faire couler le sang quand celui ci est nécessaire et qui à aucun moment ne nous laisse froid malgré les paysages enneigés et les éclairages blancs qu'il présente. Une histoire d'amour heureuse qui sans détours crétins ni lieux communs nous émeut et nous transporte...enfin heureuse...à vous de voir !
4 févr. 2009
Vampyros Lesbos

Le reste du film se déroule sur la même lancée et nous fait vivre un véritable rêve éveillé. La vampire de Franco n'a rien du personnage gothique pris au piège de son état, Nadine Carody est une belle jeune femme, qui certes nourrit une haine féroce des hommes mais ne souffre pas tant que ça de son statut de créature de la nuit. D'ailleurs en parlant de nuit, il faut souligner que la majeure partie du film se déroule de jours ce qui ne dérange en aucun cas notre vampire, Franco va même pousser le paradoxe jusqu'à faire prendre à nadine un bain de soleil. Il n'est pas tant question de sang ici que d'obsession, certes la vampire absorbe le sang de ses victimes, mais l'acte n'est pas au centre de ses préocupations et Franco préfère s'intéresser à l'obsession que suscite la vampire chez sa victime, ainsi, on se rapproche ici du Carmilla de Lefanu qui voit au final l'héroïne songer au retour de Carmilla.
L'ombre de Dracula plane vaguement sur le métrage, il est souvent évoqué par Nadine qui voit en lui son sauveur, le seul homme bon sur terre, ou par la présence d'un Renfield au féminin, parti pris intéressant de la part de Franco qui inclut dans son film le Dr Seward qui ne veut finalement qu'une chose, obtenir la vie éternelle ("I want to be one of you !" criera-t-il lors de sa confrontation avec la comtesse). Les hommes ne tiennent pas une grande place dans le film, c'est vrai qu'ils sont un peu tous pourris finalement...

1 févr. 2009
Opera

Avec Daria Nicolodi, Coralina Cataldi tassoni, Cristina Marsillach, Ian Charleson, Urbano Barberini...
La beauté du métrage contenue dans ce seul plan d'ouverture.
***
Au niveau du scénario, qui comme toujours chez Argento s'écarte au profit du délire esthétique, nous avons droit à quelques rebondissements virtuoses comme la magnifique attaque des corbeaux dans la grande salle de l'opéra. Opéra flirte légèrement avec le fantastique, avec les corbeaux justement, qui permettent aux personnages principaux de démasquer le coupable, mais aussi par son atmosphère onirique et la majesté de ses décors, notamment ceux mis en place sur la scène du théâtre pour le Macbeth qui se joue devant nous. La réussite technique est au rendez-vous et il semblerait presque que chaque meurtre a été conçu comme un poème visuelle avec tout le soin dont Argento est capable sans pour autant tomber dans la complaisance et nous infliger une avalanche d'hémoglobine gratuite (je pense notamment à la scène du meurtre de la costumière dans laquelle la pauvre Coralina Cataldi Tassoni se fait ouvrir la gorge par le tueur qui veut récupérer la gourmette qu'elle a avalé...).
Doté en plus d'un excellent casting ("Dariaaa..." Pense immédiatement Dario ^^), Opera est une perle bien trop sous-estimée par les fans du réalisateur italien qui y voient le début du déclin. Pour moi il réunit tous les critères d'un chef-d'oeuvre by Dario Argento : Theme séduisant, musique envoutante (superbe thème principal de Claudio Simonetti), équilibre parfait entre la noblese de l'art lyrique et l'univers du meurtrier pervers...Opera s'il n'atteint pas les sommets de Suspiria ou d'Inferno se hisse aisément à la hauteur du superbe Syndrome de Stendhal réalisé en 1996 et qui ressemble d'ailleurs à une relecture d'Opera, dans le monde de la peinture cette fois.
Opera est donc, n'en déplaise à certains, une oeuvre majeure dans la filmographie de Dario Argento, une nouvelle et bluffante incursion dans son univers si personnel.