18 févr. 2009

DOUTE


Un film de John Patrick Shanley.
Avec Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams...
Musique composée par Howard Shore


*
***
*





1964, une école catholique dans le Bronx. Soeur Aloysius, directrice de l'école catholique St Nicolas, a des doutes sérieux sur la moralité du père Flynn mais n'arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi. Quand soeur James, une soeur naïve, vient lui raconter un événement impliquant le père Flynn et un garçon de l'école, soeur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre, bien determinée à le demasquer. L'aumônier accusé va tenter de se disculper mais soeur Aloysius n'a pas dit son dernier mot. Le doute s'installe. Quelles en seront les conséquences ? Et si tout cela n'était qu'un malentendu ?


***


Adaptation de la pièce que John patrick Stanley a lui-même écrite (jouée mainte fois à Broadway), Doute soulève bon nombre d'interrogation et si la pièce a par ailleurs démontré sa réussite sur scène on pouvait être sceptique quant à sa portée à l'écran. Le fait est que Doute, dans toute sa modestie se révèle être un parfait exercice de style et propose, en dehors d'un scénario sans faille, un grand numéro d'acteur.

Soeur Aloysius (Meryl Streep), véritable Mante religieuse promène son regard carnassier pour déceler les travers des élèves de l'école.



S'il est ensore necessaire de le dire, Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman sont deux pointures du cinéma qui parviennent immanquablement à marquer les esprits à tel point que si le rôle a été joué par quelqu'un d'autre auparavant il est immédiatement oublié et on ne peut penser le personnage autrement qu'avec le visage de l'une ou de l'autre. Rien d'étonnant donc à ce que la redoutable Soeur Aloysius ne bouffe littéralement les personnages qui occupent son espace à l'écran, ou que la défense désespéré du père Flynn nous engage a prendre fait et cause pour un homme qui bénéficie fatalement du bénéfice du doute. A ces deux têtes d'affiches s'ajoute Amy Adams, dont le rôle touchant, se voulant médiateur mais alignant les maladresse ne manque pas d'émouvoir ou de faire sourire.

Si le casting sert admirablement l'histoire, l'histoire sert d'autant mieux le casting qu'elle se permet quelque trait d'ironie bien appropriés au personnalités à la fois des acteurs et des personnages sans que cela ne parasite le récit, au contraire, ces petites piques sont bienvenues et rappellent à merveille l'humanité des protagonistes (car il ne faudrait pas faire passer Meryl Streep dans ce film pour un monstre total), preuve en est que les trois acteurs ont su parfaitement s'approprier leur personnages.

Soeur James (Amy adams), convaincue de l'innocence du père Flynn.

Vous l'aurez compris, plus que de la pédophilie dans les écoles catholique, Doute, parle du doute...n'y voyez pas de transition ou de jeu de mot facil, mais le titre énigmatique du film en est aussi le thème et presque l'acteur principal. Le tout est mené de telle manière qu'aucune preuve et qu'aucune certitude, pas l'ombre d'un fait avéré ne viendra s'imiscer tout au long des deux heures de films. A aucun moment le scénario ne trahit un parti pris quel qu'il soit, ce qui permet au film au final d'atteindre le but depuis trop longtemps oublié d'une cinéma de la reflexion qui laisse au spectateur le choix du fin mot de l'histoire. En ce qui me concerne, le fait que Doute nous laisse dans le doute me va très bien, il aurait été dommage d'en venir à une conclusion classique lorsqu'il est si difficile et si bon d'obtenir un tel effet de frustration, ne reflechissez donc pas trop (^^).

A l'instar de Martyrs de Pascal Laugier Doute va au bout de son récit avec un acharnement et une virtuosité effrayante pour au final nous délivrer ce délicieux message : "Doutez".
Du grand cinéma qui sait utiliser tout son potentiel pour nous montrer que les monstres aussi s'inquiètent parfois lorsque les lumières s'éteignent et que le vent vers eux incline les branches fremissantes comme tant de doigts accusateurs.

8 févr. 2009

Morse



Un film de Thomas Alfredson. Sorti en 2009.
Avec Kare Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar, Peter Carlberg...


*
***
*

Oskar est le souffre douleur d'une bande d'élèves de sa classe et rêve de se venger. Un soir alors qu'il est seul avec lui même dans la cour de son immeuble, la jeune fille qui a emménagé à côté de chez lui, Eli, vient le retrouver...Entre les deux enfants de 12 ans un réelle complicité nait. En parallèle des cadavres vidés de leur sang sont retrouvés un peu partout, et Oskar ne tarde pas à découvrir la vérité quant à la nature de son amie, qui a 12 ans depuis bien plus longtemps que lui...

***

Voila donc le film qui s'est vu récompensé du Grand Prix du festival du film fantastique de Gerardmer dont le jury était présidé par Jaume Balaguero, et à raison d'ailleurs (le jury de Gerardmer semble avoir plus de gout que celui de Cannes quand on voit que Entre les Murs a tout raflé et que tout le monde est passé à côté de Valse avec Bachir...), puisque le film suédois adapté du roman Let The Right One In est une oeuvre à la fois étonnante et émouvante, qu'on attendait au tournant et qui a su avec brio répondre à toutes les attentes et bien plus !

En s'articulant autour d'une galerie de personnages peu communs, Morse tire son épingle du jeu des films de vampires convenus de ces dernières années où de belles lycéennes rêvent à de beaux lycéens (suivez mon regard...) en nous présentant un vilain petit canard blond de douze ans, une petite vampire épaulée par un vieux sérial killer légèrement dépressif et une bande d'amis poivrots à la quarantaine bien tassée. Ces personnages, qui mis à part nos héros sont tous plus ou moins destinés à mourir évoluent dans le climat suédois au fil de dialogues d'une simplicité ahurissante qui certes ne les rends pas attachants mais renforce la crudité du film qui commence, avant de nous montrer la mort par nous montrer la vie sans additifs ni artifices.

Après un démarrage en côté assez lent, Morse prend son envole et reste constant, les décors sont d'une froideur inalétérable, les scènes sanglantes terriblement réalistes et la bande son épatantes, voila pour ce qui est de la forme, du bon, sur toute la ligne.

Au pays de Morse les méchants sont les gentils et les gentils outre les méchants/gentils ne servent à rien, vous suivez ? Non effectivement c'est assez nébuleux, mais imaginez-vous un instant que c'est l'arrivée de cette vampire, qui rapelons le est une créature nocturne d'apparence humaine qui se nourrit de sang et donc qui vide sans pitié des êtres humains de leur sang pour subsister, qui va faire de notre petite Oskar un homme. C'est évidemment d'elle qu'il va tomber amoureux, mais au delà de ça, cette enfant sans âge est celle qui va l'extirper d'une vie morne et désespérante. Les adultes sont mis en retrait, ils restent totalement extérieurs à l'histoire qui se joue devant nous et si par malheur ils s'avisent de vouloir y jouer un rôle trop grand il finissent très mal. Les gentils dans la vie ici sont donc les méchants, ceux qui ne comprennent pas, ces villageois dans Frankenstein qui dévalent les rues armés de fourches et de torches, qui ici finalement ne parviendront jamais à leur fin.

Les moments mettant en scène les deux enfants sont bouleversants et le jeu des acteurs est bluffant de réalisme et de simplicité. La caméra toujours discrète n'en filme jamais trop, et fait de Morse à la fois un drame, un film d'horreur, et une étrange romance qui donne lieu à bien des réflexions.

Morse (qui tire son titre du moyen de communication des enfants d'un appartement à un autre) est donc une oeuvre à la fois cruelle, sensible, simple et belle, qui n'hésite jamais à faire couler le sang quand celui ci est nécessaire et qui à aucun moment ne nous laisse froid malgré les paysages enneigés et les éclairages blancs qu'il présente. Une histoire d'amour heureuse qui sans détours crétins ni lieux communs nous émeut et nous transporte...enfin heureuse...à vous de voir !

4 févr. 2009

Vampyros Lesbos

Réalisé par Jess Franco en 1971.

Avec Soledad Miranda, Paul Muller, Eva Stromberg, Dennis Price...
*
***
*

Linda Westinghouse est à Istanbul avec son fiancé, elle doit se rendre à la demeurre Carody pour percevoir l'héritage d'un certain Comte Dracula dont elle et la Comtesse Nadine Carody sont les seules bénéficiaires. Arrivée sur les lieux elle fait la connaissance de l'envoutante comtesse... Linda sera retrouvé plus tard par son fiancée dans un asile dirigé par le Dr Seward, qui sait très bien de quel mal souffre la jeune femme.

***

Le début des années 70 est le théâtre des expériences les plus "pop art" de Jess Franco, après avoir signé un passable Dracula produit par Harry Allan Towers, le réalisateur espagnol revoit sa version du mythe en y ajoutant les quelques éléments de Carmilla. Le pitch de départ évoque immanquablement The Vampire Lovers réalisé par Roy Ward Baker et sorti l'année précédente, mais la conception "francienne" du vampire n'a rien à voir avec la créature gothique évoluant au XIXème siècle qui fit les beaux jours de la Hammer et Vampyros Lesbos se révèle être un véritable essaie filmique, psychédélique et étonnant.

Je dois l'avouer, encore une fois, Jess Franco est un réalisateur pour lequel j'ai une grande affection, (et ne riez pas comme ça, cet homme ne compte pas que l'abîme des morts-vivants dans sa filmographie -_-) il a toujours produit un cinéma à contre courant tout en sachant s'entourer d'acteurs (Christopher Lee, Howard Vernon, Maria Rhom, Soledad Miranda, Klaus Kinski, Jack Palance, Herbert Lom...) et de compositeurs (Bruno Nicolaï, Daniel White...) brillants, et si l'on me demande quelle période de son cinéma je préfère, après un loooong temps de réflexion, je répondrais à coups sûr que c'est celle qui s'étale de 1969 à 1973. Certes cette péridoe prolixe n'est pas sans compter quelques nanards ou essaies soporifiques, mais sur la vingtaine de films qui naquirent en 4 ans (il y en eu certainement plus mais on peut difficilement tous les retenir), on peut au moins citer quelques chef-d'oeuvres tels Necronomicon, Les Cauchemars naissent la Nuit, Christina (une vierge chez les morts vivants), Eugénie de Sade et le plus connu, le célèbre film scandale, amputé de près d'une demie heure en Espagne j'ai nommé Vampyros Lesbos !

Dès la première image, le film traine une ambiance lente et onirique, qui sent bon d'ici la cigarette et le grand marnier, les sons sont feutrés, les couleurs voyantes et variées et les images semblent nous apparaitre au travers d'un voile de brume à la fois glaciale et chaude, l'introduction fievreuses prend forme après un rapide tours des lieux et on assiste à un splendide numéro de cabaret de Soledad Miranda qui donne progressivement vie à un mainequin sur scène en le recouvrant de ses vêtements. La scène lourde de sous entendus reste l'une des plus belles et des plus emblématiques du cinéma de Franco. Après avoir longuement embrassé son reflet, la vampire Soledad enlasse le mainequin qui fait de même. Le tout sur une musique alliant jazz et mélodie de boite à musique forme un spectacle unique.

Le reste du film se déroule sur la même lancée et nous fait vivre un véritable rêve éveillé. La vampire de Franco n'a rien du personnage gothique pris au piège de son état, Nadine Carody est une belle jeune femme, qui certes nourrit une haine féroce des hommes mais ne souffre pas tant que ça de son statut de créature de la nuit. D'ailleurs en parlant de nuit, il faut souligner que la majeure partie du film se déroule de jours ce qui ne dérange en aucun cas notre vampire, Franco va même pousser le paradoxe jusqu'à faire prendre à nadine un bain de soleil. Il n'est pas tant question de sang ici que d'obsession, certes la vampire absorbe le sang de ses victimes, mais l'acte n'est pas au centre de ses préocupations et Franco préfère s'intéresser à l'obsession que suscite la vampire chez sa victime, ainsi, on se rapproche ici du Carmilla de Lefanu qui voit au final l'héroïne songer au retour de Carmilla.

Les images quasi subliminales et les plans séquences s'enchainent sans entamer l'intérêt du spectateur qui se retrouve vampirisé véritablement par l'oeuvre qui prend forme devant ses yeux. Franco, en référence sans doute à Murnau, associe au vampire un bestiaire choisit, Murnau nous montrait un polype et une drosera, Franco nous montre un scorpion symbolisant le vampire et un petit papillon blanc pris dans un filet, symbolisant sa victime. Au final si le scorpion, filmé dans l'eau se retrouve sur le dos, mort du vampire et libération de Linda, le papillon disparait, comme si Linda, avec la disparition de Nadine ne représentait plus rien pour elle-même...en se sauvant elle-même, elle perd sa raison de vivre ; paradoxe francien que l'on retrouvera très souvent par la suite (La comtesse noire, Doriana Grey, Vampire Blues, Le miroir Obscène...), la victime vit par ce qui la tue.

L'ombre de Dracula plane vaguement sur le métrage, il est souvent évoqué par Nadine qui voit en lui son sauveur, le seul homme bon sur terre, ou par la présence d'un Renfield au féminin, parti pris intéressant de la part de Franco qui inclut dans son film le Dr Seward qui ne veut finalement qu'une chose, obtenir la vie éternelle ("I want to be one of you !" criera-t-il lors de sa confrontation avec la comtesse). Les hommes ne tiennent pas une grande place dans le film, c'est vrai qu'ils sont un peu tous pourris finalement...


Au final, Vampyros Lesbos reste non seulement une oeuvre majeure et réussie de Jess Franco, mais une pièce essentielle au cinéma vampirique qui voit le mythe décliné d'une façon intelligente et intéressante. Précurseur de Lynch, Franco réalise un bijou psychédélique à voir absolument, un quasi chef-d'oeuvre, ce qui s'est malheureusement fait rare dans la filmographie de l'homme aux 180 films !

1 févr. 2009

Opera

Réalisé par Dario Argento en 1987.
Avec Daria Nicolodi, Coralina Cataldi tassoni, Cristina Marsillach, Ian Charleson, Urbano Barberini...

Musique de Claudio Simonetti, Bill Wyman, Daniel Lanois, Brian et Roger Eno.

*
***
*
Une jeune chanteuse d'opera se voit offrir la chance d'interpréter le rôle de Lady Macbeth dans le Macbeth de Verdi lorsque la cantatrice phare se fait renverser par une voiture. Néanmoins convaincu que la légande qui entoure cet opéra n'apporte que le malheur, elle accepte et devient la cible d'un admirateur psychopathe...qui se révèle être un homme dont elle a souvent rêvé dans son enfance.

***
Le résumé d'Opera n'est pas sans évoquer Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, qu'Argento adaptera dix ans plus tard, à raison puisqu'il en est vaguement inspiré ; Argento modernise le mythe et se l'approprie pour réaliser ce qui reste pour moi l'une de ses plus belles réussites baroques à des kilomètres au dessus d'Il fantasma dell opera.

Dès l'introduction, Opera clame l'amour de l'art de son auteur qui rêve de mettre en scène un Opéra. Argento s'est vu à la même période refusé la mise en scène de Rigoletto de Verdi et se venge avec ce film, offrant du même coup sa vision personnelle du Macbeth de Verdi et du Fantôme de l'Opéra de Leroux.
Sur le fond comme sur la forme, Opera est un sans faute du maestro ; Une musique parfaite alternant inspiration classique et métal symphonique, des décors diablemant originaux sur scène ainsi qu'une esthétique ambitieuse et élégante font d'hors et déjà du film un plaisir visuel et auditif.

La beauté du métrage contenue dans ce seul plan d'ouverture.

***

Au niveau du scénario, qui comme toujours chez Argento s'écarte au profit du délire esthétique, nous avons droit à quelques rebondissements virtuoses comme la magnifique attaque des corbeaux dans la grande salle de l'opéra. Opéra flirte légèrement avec le fantastique, avec les corbeaux justement, qui permettent aux personnages principaux de démasquer le coupable, mais aussi par son atmosphère onirique et la majesté de ses décors, notamment ceux mis en place sur la scène du théâtre pour le Macbeth qui se joue devant nous. La réussite technique est au rendez-vous et il semblerait presque que chaque meurtre a été conçu comme un poème visuelle avec tout le soin dont Argento est capable sans pour autant tomber dans la complaisance et nous infliger une avalanche d'hémoglobine gratuite (je pense notamment à la scène du meurtre de la costumière dans laquelle la pauvre Coralina Cataldi Tassoni se fait ouvrir la gorge par le tueur qui veut récupérer la gourmette qu'elle a avalé...).

Doté en plus d'un excellent casting ("Dariaaa..." Pense immédiatement Dario ^^), Opera est une perle bien trop sous-estimée par les fans du réalisateur italien qui y voient le début du déclin. Pour moi il réunit tous les critères d'un chef-d'oeuvre by Dario Argento : Theme séduisant, musique envoutante (superbe thème principal de Claudio Simonetti), équilibre parfait entre la noblese de l'art lyrique et l'univers du meurtrier pervers...Opera s'il n'atteint pas les sommets de Suspiria ou d'Inferno se hisse aisément à la hauteur du superbe Syndrome de Stendhal réalisé en 1996 et qui ressemble d'ailleurs à une relecture d'Opera, dans le monde de la peinture cette fois.

Opera est donc, n'en déplaise à certains, une oeuvre majeure dans la filmographie de Dario Argento, une nouvelle et bluffante incursion dans son univers si personnel.

25 janv. 2009

Mary Stuart de Schiller. Mis en scène par Stuart Seide


Texte : Friedrich Schiller
Traduction et version scénique : Eberhard Spreng et Stuart Seide
Mise en scène : Stuart Seide assisté de Nora Granovsky
Distribution : Sébastien Amblard (Mortimer), Pierre Barrat (Shrewsbury), Éric Castex (Paulet), Bernard Ferreira (Kent), Cécile Garcia Fogel (Elizabeth 1ère), Jonathan Heckel (Davison), Caroline Mounier, (Kennedy), Océane Mozas (Mary Stuart), Julien Roy (Burleigh), Stanislas Stanic ( Aubespine, Melvil), Vincent Winterhalter (Leicester)
Scénographie : Philippe Marioge
Costumes : Fabienne Varoutsikos
Lumières : Jean-Pascal Pracht
Son : Marco Bretonnière
Maquillage, perruques : Catherine Nicolas
Durée : 2h20
*
***
*
Deux femmes s'affrontent, elles sont toutes deux reines et toutes deux sont au centre de toutes les manigances politiques. Les deux soeurs enemies, Elizabeth Ière et Mary Stuart dans cette confrontation se livrent à corps perdu au jeu des masques, contradictoires et torturées, toutes deux s'exposent l'une à l'autre au paroxisme d'une oeuvre tragique mise en scène avec goût et sobriété.
***
Il n'y avait que Stuart Seide pour porter sur scène la pièce ô combien difficile de Friedrich Schiller, et dire qu'il a réussit serait un euphémisme.
En tête d'affiche, Elizabeth et Mary, les deux femmes d'envergure, toutes deux à la fois orgueilleuses et pathétiques. La première à la voix cassée, caverneuse, grave, ensorcelante, la démarche lente, presque alcoolisée, le pas feutré, les yeux hautains et envoutant de Cécile Garcia Fogel. La seconde a l'oeil sauvage, la beauté dure, le maintiens et le coffre puissant d'Océane Mozas. Entourées par des commédiens talentueux tel que Julien Roy et son air d'anglais typique, les deux femmes nous offrent une partition sans faute, un grand numéro bouleversant qui trouve son paroxisme dans une splendide scène dans laquelle sont confrontées les deux femmes, totalement chimérique, la scène permet à ces deuxc figures immortelles de régler leurs comptes lors de ce qui reste LE morceau de bravoure de la pièce et son mécanisme centrale, son intérêt principal, qui fait l'espace d'une dizaine de minutes de Mary Stuart la reine et d'Elizabeth Ière la criminelle.
*
La mise en scène de prime abord austère et minimaliste de Stuart Seide fait superbement ressortir les compositions des comédiens qui trouvent dans ce décors une parfaite représentations de l'état d'esprit des protagonistes, une froideur implacable qui n'a pour but que leur propre intérêt. Le décors sombre s'éclipse face aux géantes qui l'occupent, tout s'accorde autour des deux figures féminines pourtant manipulées.
La pièce de Schiller ne cesse de crier le mot de dualité, dans chaque scène règne l'oposition, jusque dans la personnalité de ses personnages, contradictoires, rongés de scrupules et de remords mais engagés dans un engrenages terrible.
*
Un final qui voit une Elizabeth rongée par le remords, anéanti, alors que Mary Stuart s'avance serreine vers la mort clot avec brio ce chef-d'oeuvre, qui a plus de deux heures durant fait frémir l'assemblée.
Au sortir de la salle on entend bien des remarques, élogieuses pour la plupart..."On entendait pas ce qu'elle disait, Elizabeth, l'avait une extinction ou quoi ?" . J'ai dis la plupart, il fallait bien qu'il y en ait pour faire tache ;).

Twilight chapitre 1 ; Fascination

Réalisé en 2008 par Catherine Hardwicke.
Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson...
D'après le roman Fascination de Stephenie Meyer

*
***
*

Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'Etat de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : lorsque Isabella comprend que Edward est un vampire, il est déjà trop tard.

***

Sceptique j'étais, quand on m'a présenté Stephenie Meyer comme la nouvelle Anne Rice...raison j'avais...En effet, les vampires de Forks n'ont rien des immortels florentin, venitiens etc. qui peuplent les désormais cultes chroniques des vampires.

A la lecture du roman, l'idée d'en voire une adaptation ciné n'était pas des plus folichonne, le premier tome de Twilight, Fascination semble en effet écrit avec les pieds par un pirate unijambiste...

Reste que l'historie proposée est assez intéressante et qu'on a du mal à rester en retrait, j'avoue, si le livre m'a laissé de marbre, je me suis laissé prendre au jeu du film. Les deux heures bien orchestrées de romance trouble et de cache-cache fiévreux sont parvenus à me séduire.

Peu de chose à dire en vérité, sur une romance bien emballée dans un joli papier argenté, qui manque un peu de sang, le comble pour des vampires, le reste se laisse voir, non sans plaisir, en grande partie grâce aux paysages magnifiques et à l'interprétation des deux personnages principaux. L'ensemble assez linéaire est relevé par la présentation d'une "famille" de vampire assez irrésistible et par une traque, largement trop courte mais qui offre malgré tout son petit pesant d'adrénaline. En résumé, je pensais ne jamais avoir à dire ça, mais à un premier tome assez fade, préférez l'adaptation. Mais il est vrai que nous sommes là devant une grosse production tout public dont le public est composé en majeur partie de jeunes filles prépubères...de cette fable asceptisée d'éternels lycéens vampires, on retiendra de magnifiques décors et on regrettera surtout le sous-texte anti sexe.

21 janv. 2009

DRACULA

Réalisé par Bill Eagles en 2006.

Avec David Suchet, Marc Warren, Sophia Myles, Dan Stevens...
D'après le roman de Bram Stoker.

*
***
*

Lord Arthur Holmwood, après avoir demandé en mariage Lucy Westenra, se rend au chevet de son père mourrant qu’il n’a pas vu depuis de longues années. Le médecin de ce dernier avoue à Arthur que son père est victime de la syphilis, qui a également provoqué le décès de sa mère et qu’il est sûrement lui-même atteint par cette maladie du sang. Alfred Singleton, membre d’une confrérie satanique, propose alors au jeune Lord une solution : faire nettoyer son sang par "leur maître" : le Comte Dracula. Pour ce faire, Arthur doit réussir à faire venir à Londres Dracula, qui vit en Transylvanie…
***
La BBC s'était déjà essayé avec succès à l'adaptation dy mythe de Dracula en 1977 avec l'excellent téléfilm de Philip Saville avec Louis Jourdan dans le rôle du comte (Count Dracula). Trente ans plus tard la chaine retente l'aventure avec ce Bram Stoker's Dracula qui fait polémique, notamment à cause des écarts pris avec le matériaux d'origine et qui pour beaucoup font passer le "Bram Stoker's" du titre comme un mensonge pur et simple.

Le film de Bill Eagles frappe d'entrée de jeu par son esthétique et sa photographie magnifique, les décros sont sublimes et rendent superbement hommage au roman de Stoker, avec leur majestée gothique et leur beauté plastique. Le plus beau plan étant pour moi celui de la carriole d'Harker arrivant au château de Dracula :


Dracula d'ailleurs n'apparait que tard dans le film, qui se focalise plutôt sur les problèmes de couple de Lucy et Arthur qui devienne les principaux acteurs du récit, tandis que Harker n'est plus qu'un outil et Mina ne trouve son importance qu'encore plus tard. C'est dans ce postulat que réside les principaux changement par rapport au roman. Eagles introduit la Syphilis dans le scénario et l'invoque comme la raison de la venue du Comte en Angleterre. cela donne lieu à quelques scènes choc comme la première rencontre avec le père Holmwood, rongé par la maladie, ou à celle qui font exploser la folie latente d'Arthur. la tension qui grandit entre les jeunes mariés, Lucy et Arthur va crescendo de façon très fluide, Lucy se plaint que son mari ne la touche jamais, sa frustration est l'état idéal dans lequel la vcueillera le vampire lors d'une scène fortement érotique où Dracula la rejoint dans son lit. Jonathan et Mina eux, forment un couple impossible, chacun d'eux est encore vierge et se réserve pour un mariage qui n'arrivera jamais, Jonathan meurt en transylvanie vidé de son sang par le comte qui retrouve du coup son aspect juvénil (séduisant Marc Warren).

Au niveau du casting c'est un sans faute, Marc Warren campe un Dracula, qui vaut bien Garry Oldman, mais dont le rôle se rapproche plus de celui d'un Frank Langella, son maquillage est superbe et son regard à la Malcolm McDowell fait beaucoup. Sophya Myles est certainement celle qui en impose le plus dans le film, une lucy au caractère fort et dur et à la beauté classique envoutante et Dan Stevens, parfait dans le rôle d'un Arthur assez salaud et égoïste. le bat blesse un peu du côté de Van Helsing, qui devient u mixe entre le chasseur de vampire bien connu et le malade Renfield (uqi est d'ailleurs occulté du récit). Interprété par un David Suchet toujours merveilleux, Van Helsing ici craint Dracula plus que tout et semble un peu dérangé, probablement à cause d'une longue peridoe d'enfermement dans un cachot du comte...le rôle reste néanmoins intéressant car il propose une belle variante du personnage et une origine à sa haine du vampire.


En résume malgré qu'il s'écarte à mainte reprise du récit et de l'esprit du roman, Dracula par Bill Eagles reste une réussite esthétique quasi parfaite et une approche original de l'histoire écrite par Stoker, dont les décors et les acteurs frôle à tout moment la perfection. A ne pas manquer !