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8 août 2013

Justine de Sade


Réalisé par Jess Franco en 1968
Avec : Romina Power, Maria Rohm, Klaus Kinski, Jack Palance, Mercedes McCambridge, 
Akim Tamiroff, Howard Vernon, Rosemary Dexter, Rosalba Neri, Sylva Koscina...
Scénario de Peter Welbeck (Harry Alan Towers) 
d'après Les Infortunes de la Vertu de D.A.F. de Sade.
Musique composée par Bruno Nicolaï.

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On relègue souvent ce Justine de Sade au second rang des œuvres de Jess Franco, ne reconnaissant que sa valeur en tant que première adaptation fidèle d'une oeuvre de Sade et ne lui accordant que les qualités d'un film en costume dans les standards de l'époque. C'est pourtant oublier que si Franco sait, quand il le faut, s'adapter à un cahier des charges précis, surtout dans le cadre de "grosses" productions comme ici, il n'en est pas moins l'homme derrière la caméra et que par conséquent, sa patte s'en ressent. C'est très volontier que l'homme accepte de réaliser le projet soumis par Harry Alan Towers, qui lui présente même d'emblée un scénario fini, et c'est le point de départ pour le réalisateur madrilène d'une longue histoire d'amour et de cinéma avec le Marquis de Sade, qu'il adaptera à maintes reprises par la suite.

Dès l'ouverture, Franco s'affirme, distend les limites du cadre, joue avec la mise au point, alors qu'il nous présente son Marquis de Sade que l'on amène dans sa cellule. Le Sade interprété par Klaus Kinski tourne comme un lion en cage, tandis que les zooms et dézooms incessants de Franco font disparaître puis réapparaître les barreaux nous laissant par intermittence entrer dans l'univers étouffant du marquis. La musique martiale presque brutale, de Nicolaï s'adoucit, retrouve en mélodie ce qu'elle perd en immédiateté, en accompagnant les songes du marquis qui, soudain assailli de visions plus ou moins abstraites (on devine des corps torturés, la pointe d'un sein d'une blancheur nacrée dans la lumière qui fait écho à la plume immaculée posée sur le bureau), s'empare de sa plume et ce met à écrire ce qu'une voix off nous annonce comme "l'histoire de Justine ou les Infortunes de la vertu". Dans un coin de la cellule est apparu Justine, prostrée, les mains jointes sur son intimité, qu'un fondu enchaîné transforme en fleurs rouges alors que le générique défile.


On vient presque d'assister à un film avant le film avec cette introduction baroque, fascinante, dans laquelle tous les éléments s'accordent parfaitement. Nous sont alors présentées Juliette et Justine, l'une coquette et perfide, l'autre innocente et vertueuse, deux orphelines laissées à la porte d'un couvent avec chacune cent écus. Si Juliette s'empresse de les faire fructifier en prenant une place dans l'établissement de Madame Du Buisson (une maison close), Justine refuse ce travail déshonorant et préfère faire confiance à un moine qui lui promet de mettre sa bourse en sûreté, moine qu'évidemment, elle ne reverra jamais. La Justine du film ne nous apparaît par tant vertueuse que con comme une bèche, un défaut du personnage selon le réalisateur lui-même plus attaché à la Justine du roman qui fait montre tout de même d'une certaine intelligence. Cette tare, il l'attribut à l'actrice elle-même, Romina Power, la fille de Tyron Power, qui traverse le film avec l'air de n'y rien comprendre. L'oie blanche supporte ses malheurs avec l'aplomb d'un personnage de cartoon et l'empathie que l'on pouvait ressentir vis à vis du personnage s’efface peu à peu. Victime des manigances d'un logeur peu scrupuleux, arrêtée et conduite à la bastille, elle tombe sous la coupe de la Dubois, chef d'une bande de criminelle qui met à contribution la jeune fille pour son évasion. Malmenée par la bande de la Dubois qui demande une reconnaissance en nature, elle s'enfuit à travers la foret et vient s'évanouir devant un peintre qui, le souffle coupée par cette apparition ne sait demabder que "puis-je vous aider ?".


Justine glisse alors hors du temps tandis que ce prince charmant la porte vers un mini château disney entouré de glaïeuls. Ce personnage est Raymond de Briac, totalement absent du roman de Sade. Cet îlot de calme pour Justine a tout d'un rêve, les intérieurs sont nimbés de rose, l'histoire d'amour naissante et l'affirmation de la personnalité de Justine aux côtés de son sauveur redonne quelques couleurs au personnage, mais si ce n'est pas un rêve, alors cela en suit tout de même la logique. Le tout tourne au cauchemar, lorsque forcée de s'enfuir de chez Briac car elle est poursuivie pour son évasion, elle tombe sur l'alter ego maléfique de son amant, le marquis de Bressac. La ressemblance des deux noms laisse penser qu'ils sont un seul et même personnage, divisé en deux par l'esprit de Justine, en effet dans le roman, lorsqu'elle rencontre Bressac, elle est encline à déceler en lui des valeurs qui l'atirrent, avant de ne plus voir que sa nature débauchée et cruelle. Un détournement qui renforce l'aspect onirique d'un film qui est toujours ponctué par les réflexions de Sade/Kinski qui est celui qui tire les ficelles du cauchemar. Cette parti affiche plus que jamais le caractère ambitieux de la production auxquels participent décors et costumes, Justine  passe dans un autre décor, tout droit sorti d'Angélique, marquise des anges, et une nouvelle farce dont elle est le dindon la fait passer pour une criminelle.


Elle n'est pas au bout de ses peines, et sitôt s'est-elle éloignée de Bressac, qu'elle suit le conseil d'une étrange bergère, qui tel une personnification bergmanienne de la Mort lui indique un monastère où elle pourra se réfugier. La musique à l'orgue et la légère plongée sur le visage aux yeux écarquillés de la bergère achèvent de rendre la rencontre étrange. Ce monastère a tout de l'enfer, ses moines n'ont pour étude que la recherche continuelle du plaisir, qu'ils appliquent avec leurs invitées lors de cérémonies obscènes. A la tête de cet ordre se trouve Jack Palance interprétant frère Anthonin. Halluciné, vraisemblablement alcoolisé, l'acteur délivre une partition dantesque, avançant sans marcher, en flottant tel un saint, déclamant une tirade sur l'objet de sa quête et hissant Justine au sommet de sa réflexion, car ici enfin, le film rejoint le roman, lorsque Justine accepte de tendre l'oreille au discours de ses bourreaux et de reconnaître que n'est bon que ce qui se soumet à la loi de la nature. Mais c'est au fantastique alors de doubler d'intensité quand la foudre, qui dans le roman s'abattait sur Justine mettant fin à son calvaire, s'abat sur le monastère pour la délivrer en plein rituel. Alors qu'elle s'enfuit, les moines ne peuvent la suivre, comme prisonnier de l'enceinte même percée du lieu de leur retraite.


Il ne s'agit là que d'un échantillon des malheurs de la pauvre Justine, tandis que sa sœur, Juliette ne fait qu'accroître sa fortune à force de crimes et grimpe les échelons de la société à toute vitesse. Leur retrouvailles sont un soulagement, tant on s'est prit à souhaiter la fin des persécution pour Justine. Ce final qui voit Juliette faire preuve de bonté en sauvant sa sœur, et Justine  partir au bras de Briac qui l'a retrouvé a souvent été reproché à Franco qui trahit ici largement le discours de Sade, mais il ne faut pas oublier la malice du réalisateur, qui après cette conclusion tout sucre tout miel convoque à nouveau le divin marquis Kinski, et sous entend, promenant sa caméra sur un encrier renversé, que pour écrire une fin pareille, il faut que l'homme ait perdu la main. Se reprenant, le marquis raye ses dernières lignes, annulant de fait ce final idyllique et pose le front sur le parchemin en signe de résignation, laissant le spectateur songer à quel dénouement s'expose en fait la pauvre Justine.

Faut-il vraiment voir ce film comme une véritable adaptation des Infortunes de la Vertu et le juger en conséquence, comme trop sage ou trop superficiel, ou faut-il au contraire y voir plus qu'autre chose, une oeuvre dérivée, du para-Sade en quelque sorte qui répond plus aux principes de l'univers francien qu'à l'objet littéraire dont il tire son titre et ses péripéties ? La seconde hypothèse joue plus en faveur de cette oeuvre qui souffre malgré tout de son statut de production respectable, qui bride Franco dans ses aspirations sadiennes qu'il parviendra à satisfaire dans d'autres films plus tardifs, mais ça, c'est une autre histoire.

8 mai 2013

Le printemps des disparus

Jess Franco

A gauche, aux côtés de Daniel White dans Miss Muerte (1966)

Le réalisateur Madrilène nous a quitté le 2 avril dernier, à 82 ans. L'homme, empereur du bis, auteur ultime, amoureux du cinéma et des femmes, Jazzman fou, esthète sadien, laisse derrière lui une oeuvre écrasante de près de 200 films, bizarres, violents, érotiques, morbides, mais aussi vivants, fascinants, bouleversants. Le réalisateur de La Comtesse Noire, L'horrible Dr Orloff, Vampyros Lesbos, les Nuits de Dracula ou de Justine de Sade a rejoint Lina Romay (décédée en février 2012), sa compagne, sa muse, son vampire, à laquelle il aura consacré 40 ans de sa carrière.

Ray Harryhausen

Avec le tricératops d'Un Million d'années avant J-C (1966)

Décédé le 7 mai à l'age de 92 ans, le génie des effets spéciaux, magicien de la stop motion, Ray Harryhausen laisse une empreinte de géant dans l'histoire du cinéma, ayant réalisé les trucages de classiques tels Jason et les Argonautes, La Vallée de Gwangi ou Le Choc des Titans...

24 févr. 2012

Adieu Lina

Le début des années 70 a vu la rencontre de deux personnalités qui semblaient faites pour s'entendre : Jess Franco et Lina Romay. Depuis 40 ans elle lui avait voué sa carrière, depuis 40 ans il lui avait voué ses films.
Si elle interprète pour lui quelques petits rôles, comme dans The Sinister Eyes of Dr Orloff, c'est avec La Comtesse Noire qu'elle arrive sur le devant de la scène "bis" et s'impose comme la nouvelle raison d'être du cinéma de Jess Franco qui adapte son univers à la persona de sa nouvelle muse qui deviendra sa compagne et sa meilleure associée.
Issue du théâtre amateur, contestataire et exhibitionniste, Lina se donne corps et âme devant la caméra de l'homme de sa vie, comme lors du final bergmanien de Lorna l'exorciste (1974), et se montre espiègle au possible dans Les Chatouilleuses (1975) endossant tantôt le costume de religieuse et celui de Zorro. Elle se parodie quelque peu elle-même sous l'identité de Candy Coster dans les années 80, comme dans Macumba Sexual (1981). Incarnant à elle seule le cinéma francien depuis 1973, sa carrière compte aujourd'hui plus d'une centaine de films en collaboration avec celui pour qui les noms du petit Jesus et du général Franco sont un peu lourds à porter.

J'apprends aujourd'hui que Lina est décédée le 15 février dernier, emportée par un cancer à l'âge de 57 ans. J'ai le coeur gros pour Jess Franco.

20 févr. 2011

Love Letters of a Portuguese Nun


Réalisé par Jess Franco en 1977.
Avec Susan Hemingway, William Berger, Ana Zanatti, Herbert Fux, Herman José, José Viana...
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Agée de 15 ans, la jeune Maria Rosalea est forcée d'entrer au couvent, après que le Père Vicente ait convaincu sa mère de la damation encourue par sa fille qui s'est amouraché d'un jeune homme fort entreprenant. Mais les ordres se révèle un véritable suplice pour Maria, qui découvre bientôt que le prêtre et la mère supérieure s'adonne à des pratiques terrifiantes. Les accusations qu'elle porte à leur encontre ne sont pas entendues, et preuve est faite par l'inquisiteur, que les allégations de la jeune fille sont l'oeuvre du démon...
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Non, je ne tiens pas à faire de ce blog l'antre de la nunsploitation, mais le genre, malgré sa réputation a vu naitre il faut l'avouer quelques oeuvres fort intéressantes. Jess Franco, il fallait s'en douter, s'est penché sur la question, et délivré ce sombre poème, vaguement inspiré des Lettres Portugaise, mais plus globalement, de Sade et de ses affluants.

On pense évidemment à La Religieuse de Diderot, magnifiquement mis en image par Jacques Rivette, film avec lequel Love Letters of a Portuguese Nun partage certaines similitudes, mais aussi à Justine ou les infortunes de la vertu, ou encore à Alucarda chef-d'oeuvre surréaliste un peu plus tardif que j'ai déjà évoqué en ces pages.
Dans la première partie, Franco semble se cantonner aux thématiques d'usage, et abuse des "mon enfants, il faut te confesser, te laver de tes pensées impures", ce qui fini par rendre complêtement délirant et répétitif le discour du prètre alors qu'il force littéralement Maria à lui raconter des rêves érotiques qu'elle-même n'est pas sûre d'avoir eu et qu'elle semble inventer au fur et à mesure pensant que c'est ce qu'on attend d'elle. Naïve mais pas stupide, Maria finira par se rebeller, et se retrouvera enfermée, maltraitée, offerte à Satan dans une scène paroxismique dont on ignore si elle tient de la réalité diégétique ou si elle est issue des délires de la jeune fille enfermée (il convient de souligner que la scène est réhaussée en plus du grand score de Walter Baumgartner, qui réalise ici la pièce majeur d'une carrière cantonnée au BO de films érotiques allemands).
"Voici l'histoire d'une jeune fille qui écrivit une lettre à Dieu, et Dieu a répondu", nous dit la tagline, mais chez Franco, Dieu n'est jamais très présent, mais la réponse en question finit par arriver... mieux vaut tard que jamais. L'idée d'une église corrompue ne date pas d'hier, mais c'est ici l'excès qui est privilégié, le délire anti religieux, mis en scène pourtant avec une majestée inattendue, qui hisse ce film au dessus de la simple idée de nunsploitation et l'inscrit dans une sorte de lignée de classiques irréverrencieux.


On pourrait regretter que Franco n'ait pas su éviter l'écueil du Happy End, mais on peut aussi l'en féliciter, car via ce choix il permet à Love Letters of a Portuguese Nun de se démarquer radicalement de ses prédecesseurs, en sacrifiant à l'ironie le tragique, après avoir joué une heure et vingt minutes durant la carte de l'excès. Ces Lettres d'Amour d'une Religieuse Portugaise allient alors la cruauté d'un Sade et la lucidité d'un Diderot au sein d'un film qui est bel et bien l'oeuvre de Jess Franco.

21 août 2009

Revenge in the House of Usher

Réalisé par Jess Franco en 1982.
Avec : Howard Vernon, Lina Romay, Antonio Mayans, Daniel White, Françoise Blanchard, Olivier Mathot...
Musique composée par Jess Franco et Daniel White.
D'après "La Chûte de la Maison Usher" d'Edgar Allan Poe.

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Allan Harker (ou pourra noter le retour fréquent de noms issus du roman Dracula dans la filmographie de Franco ; Harker, Renfield et surtout Seward) se rend au château de son ancien mentor, Roderick Usher. Ce Dernier veut confier un secret qui le pèse terriblement à son élève et ami. Harker ne sera pas au bout de ses peines lorsqu'il découvrira qui est vraiment Usher, quelle folie l'anime et quelle relation étrange il entretient avec son immense demeure.
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Etrange film que ce Revenge in the House of Usher. Exploitée sous différent titres, tels Névrose, La chûte de la maison Usher ou l'absurde Zombie 5, cette adaptation revue et corrigée par Jess Franco du classique d'Edgar Poe est un étrange patchwork qui vaut vraiment le coup d'oeil. On connait l'attachement de Franco pour le personnage qu'il à créé, à savoir le Docteur Orloff, qui est revenu fréquemment dans sa filmographie, depuis l'Horrible Dr Orloff jusqu'à la dernière apparition du personnage dans Les Prédateurs de la Nuit (avec Helmut Berger, Brigitte Lahaie, Telly Savalas, Caroline Munroe, Chris Mitchum, Florence Guérin...j'en passe et des pires). La Chûte de la maison Usher qui ne devait être à l'origine qu'une adaptation plus ou moins fidèle de la nouvelle éponyme devient finalement l'occasion pour Orloff de revenir sur le devant de la scène. Roderick Usher (interprété par l'extraordinaire Howard Vernon évidemment) est ici torturé par les esprits des femmes qu'il a tué pour rendre la vie à sa fille Melissa (tiens donc) et pour réduire l'écart entre Orloff et Usher, ce dernier est assisté par un pauvre bougre aveugle et défiguré; Morpho (ici joué par Olivier Mathot, l'acteur qui n'aurait pas été assez dynamique pour jouer Derrick).
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Howard Vernon incarnant Roderick Usher : l'homme de la maison.
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Névrose (ou Revenge in the house of Usher, ou la Chûte de la Maison Usher, appelez-le comme vous voulez), donne donc à Franco la possibilité d'un cross over improbable mais hautement intéressant, entre son univers d'épouvante surréaliste et l'univers gothique d'Edgar Poe, pour un résultat des plus singuliers. Si les décors rappellent un instant le bel effort fait pour Les Nuits de Dracula (1970), la trame a tôt fait de rappeler le tortueux Rites of Frankenstein, en effet, le film a subit, selon la volonté d'Eurociné, divers remontages et inserts lui donnant un charactère batard au final très appréciable.
La Maison Usher n'a ici rien à voir avec le manoir flamboyant (et flambant...hum) du film de Roger Corman, c'est une austère forteresse espagnole à l'allure géométrique assez déconcertante. L'intérieur est tout aussi austère, La Maison comme son occupant n'est plus qu'une carcasse branlante. Franco parvient à créer une atmosphère très réussie en donnant l'illusion du lien qui unit Usher à sa maison avec les craquements qui retentissent dans la toiture lorsqu'Usher se sent mal. La prestation d'Howard Vernon vaut le détour, l'acteur à la voix nasillarde cabotine, dans le rôle du vieux professeur à la raison chancelante qu'est Usher.
Là ou le bât blesse, c'est justement au niveau des inserts imposés par la production, certes l'idée de rapprocher Usher de Orloff est intéressante, ce n'est pas Franco qui le niera, mais une troisième sous intrigue pointe le bout de son nez et ne se dévoilera jamais vraiment laissant le spectateur dubitatif devant un pan d'ombre inutile présent dans le scénario qui n'en est que plus bancal : La présence d'Edmonda, apparemment défunte femme d'Usher, dont on ne saura jamais si elle est une hallucination, une revenante, un vampire ou une femme de chair et de sang cherchant à pousser un peu plus son cruel mari vers la folie...tout comme on ne saura jamais si les femmes attachées dans les cachots que découvre Harker sont réelles ou issues d'un cauchemar ou encore si Franco, en cour de route, a manifesté la volonté d'ajouter Barbe Bleue à l'affaire (pourquoi pas)...ni ce qui a poussé eurociné à insérer des scènes avec un personnage n'ayant presque aucune intéraction avec les autres en la personne de Mathias incarné par jean Tolzac.


Revenge in the House of Usher présente sinon une vraie adaptation de la nouvelle de Poe, une véritable synthèse du cinéma de Jess Franco et aurait en ce sens gagné à être étoffé, qui sait sur deux heures, n'en faisant peut-être pas une oeuvre plus cohérrente mais au moins plus aboutie. Il en reste un film très sympathique, tourné dans des décors intéressants et porté par une très bonne musique de Danièle White. Un Franco qui de l'oeuvre dont il est adapté ne retient que la chûte (dans les deux sens du terme), très abordable, et à découvrir séance tenante pour qui aura apprécié au préalable L'Horrible Dr Orloff !

4 févr. 2009

Vampyros Lesbos

Réalisé par Jess Franco en 1971.

Avec Soledad Miranda, Paul Muller, Eva Stromberg, Dennis Price...
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Linda Westinghouse est à Istanbul avec son fiancé, elle doit se rendre à la demeurre Carody pour percevoir l'héritage d'un certain Comte Dracula dont elle et la Comtesse Nadine Carody sont les seules bénéficiaires. Arrivée sur les lieux elle fait la connaissance de l'envoutante comtesse... Linda sera retrouvé plus tard par son fiancée dans un asile dirigé par le Dr Seward, qui sait très bien de quel mal souffre la jeune femme.

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Le début des années 70 est le théâtre des expériences les plus "pop art" de Jess Franco, après avoir signé un passable Dracula produit par Harry Allan Towers, le réalisateur espagnol revoit sa version du mythe en y ajoutant les quelques éléments de Carmilla. Le pitch de départ évoque immanquablement The Vampire Lovers réalisé par Roy Ward Baker et sorti l'année précédente, mais la conception "francienne" du vampire n'a rien à voir avec la créature gothique évoluant au XIXème siècle qui fit les beaux jours de la Hammer et Vampyros Lesbos se révèle être un véritable essaie filmique, psychédélique et étonnant.

Je dois l'avouer, encore une fois, Jess Franco est un réalisateur pour lequel j'ai une grande affection, (et ne riez pas comme ça, cet homme ne compte pas que l'abîme des morts-vivants dans sa filmographie -_-) il a toujours produit un cinéma à contre courant tout en sachant s'entourer d'acteurs (Christopher Lee, Howard Vernon, Maria Rhom, Soledad Miranda, Klaus Kinski, Jack Palance, Herbert Lom...) et de compositeurs (Bruno Nicolaï, Daniel White...) brillants, et si l'on me demande quelle période de son cinéma je préfère, après un loooong temps de réflexion, je répondrais à coups sûr que c'est celle qui s'étale de 1969 à 1973. Certes cette péridoe prolixe n'est pas sans compter quelques nanards ou essaies soporifiques, mais sur la vingtaine de films qui naquirent en 4 ans (il y en eu certainement plus mais on peut difficilement tous les retenir), on peut au moins citer quelques chef-d'oeuvres tels Necronomicon, Les Cauchemars naissent la Nuit, Christina (une vierge chez les morts vivants), Eugénie de Sade et le plus connu, le célèbre film scandale, amputé de près d'une demie heure en Espagne j'ai nommé Vampyros Lesbos !

Dès la première image, le film traine une ambiance lente et onirique, qui sent bon d'ici la cigarette et le grand marnier, les sons sont feutrés, les couleurs voyantes et variées et les images semblent nous apparaitre au travers d'un voile de brume à la fois glaciale et chaude, l'introduction fievreuses prend forme après un rapide tours des lieux et on assiste à un splendide numéro de cabaret de Soledad Miranda qui donne progressivement vie à un mainequin sur scène en le recouvrant de ses vêtements. La scène lourde de sous entendus reste l'une des plus belles et des plus emblématiques du cinéma de Franco. Après avoir longuement embrassé son reflet, la vampire Soledad enlasse le mainequin qui fait de même. Le tout sur une musique alliant jazz et mélodie de boite à musique forme un spectacle unique.

Le reste du film se déroule sur la même lancée et nous fait vivre un véritable rêve éveillé. La vampire de Franco n'a rien du personnage gothique pris au piège de son état, Nadine Carody est une belle jeune femme, qui certes nourrit une haine féroce des hommes mais ne souffre pas tant que ça de son statut de créature de la nuit. D'ailleurs en parlant de nuit, il faut souligner que la majeure partie du film se déroule de jours ce qui ne dérange en aucun cas notre vampire, Franco va même pousser le paradoxe jusqu'à faire prendre à nadine un bain de soleil. Il n'est pas tant question de sang ici que d'obsession, certes la vampire absorbe le sang de ses victimes, mais l'acte n'est pas au centre de ses préocupations et Franco préfère s'intéresser à l'obsession que suscite la vampire chez sa victime, ainsi, on se rapproche ici du Carmilla de Lefanu qui voit au final l'héroïne songer au retour de Carmilla.

Les images quasi subliminales et les plans séquences s'enchainent sans entamer l'intérêt du spectateur qui se retrouve vampirisé véritablement par l'oeuvre qui prend forme devant ses yeux. Franco, en référence sans doute à Murnau, associe au vampire un bestiaire choisit, Murnau nous montrait un polype et une drosera, Franco nous montre un scorpion symbolisant le vampire et un petit papillon blanc pris dans un filet, symbolisant sa victime. Au final si le scorpion, filmé dans l'eau se retrouve sur le dos, mort du vampire et libération de Linda, le papillon disparait, comme si Linda, avec la disparition de Nadine ne représentait plus rien pour elle-même...en se sauvant elle-même, elle perd sa raison de vivre ; paradoxe francien que l'on retrouvera très souvent par la suite (La comtesse noire, Doriana Grey, Vampire Blues, Le miroir Obscène...), la victime vit par ce qui la tue.

L'ombre de Dracula plane vaguement sur le métrage, il est souvent évoqué par Nadine qui voit en lui son sauveur, le seul homme bon sur terre, ou par la présence d'un Renfield au féminin, parti pris intéressant de la part de Franco qui inclut dans son film le Dr Seward qui ne veut finalement qu'une chose, obtenir la vie éternelle ("I want to be one of you !" criera-t-il lors de sa confrontation avec la comtesse). Les hommes ne tiennent pas une grande place dans le film, c'est vrai qu'ils sont un peu tous pourris finalement...


Au final, Vampyros Lesbos reste non seulement une oeuvre majeure et réussie de Jess Franco, mais une pièce essentielle au cinéma vampirique qui voit le mythe décliné d'une façon intelligente et intéressante. Précurseur de Lynch, Franco réalise un bijou psychédélique à voir absolument, un quasi chef-d'oeuvre, ce qui s'est malheureusement fait rare dans la filmographie de l'homme aux 180 films !

2 déc. 2008

Jack l'éventreur (1976)

Réalisé par Jess Franco en 1976.
Avec Klaus Kinski, Josephine Chaplin, Lina Romay...
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1888, dans le quartier de Whitechapel rôde l'inquiétante silhouette de celui que tout le monde appelle Jack The Ripper. Les meurtres de prostituées se multiplient et la police patauge littéralement dans la semoule. Le Dr Dennis Orloff, qui tiens un cabinet au rez de chaussé d'une jolie pension de famille et qui sort chaque nuit pour ne rentrer qu'au petit matin semble se dérober chaque fois qu'on aborde le sujet des meurtres ou qu'on lui parmle de sa mère...cet homme si sympathique en apparence, si aimable et si bon, qui se ballade dans les ruelles sombres avec une cape, des gants noirs et un scalpel ne serait-il pas en réalité Jack l'éventreur lui-même ?
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Comme je l'ai dit dans l'article sur le film de 1953 avec Jack Palance, les films mettant en scène le célèbre tueur en série sont nombreux, et les adaptations les moins connues ne sont pas forcément les moins intéressantes. C'est le cas de ce Jess Franco's Jack the Ripper mettant en scène deux têtes d'affiches plus qu'attrayantes : Klaus Kinski et Joséphine Chaplin.

Franco est loin d'être un novice dans le genre et cette nouvelle et très libre version de la funeste histoire de jack l'éventreur et par bien des aspect semblable à un précédent Thriller de Franco : L'Horrible Dr Orloff (1962) avec Howard Vernon (remake officieux du superbe Les yeux sans visage de Franju qui connaitra une version modernisée en 1988, par Franco lui-même avec Helmut Berger ; Les prédateurs de la nuit). Mais plutôt que d'entrer dans les comparaisons que seul pourront saisir les connaisseurs, Let's talk about the movie !

L'entrée en matière de ce Jack The Ripper est des plus classique, le générique en lettre rouge suit une jeune prostituée dans les rues de Whitechapel et on ne doute pas un seul instant du sort qui l'attend. Il en va de même pour le reste du film, aucun rebondissement n'est une surprise, Franco n'est pas (plus) habitué à faire dans la subtilité.

Hey non ! N'éteignez pas votre téléviseur !!! N'oubliez pas que cette version est loin d'être la moins intéressante, c'est ce que j'ai dit du moins alors à ce stade de la critique croyez-moi et croyez en Jess !
Message à l'attention des non-initiés :
Il est facil de manger du jack l'éventreur à toutes les sauces, et beaucoup on choisit le ketchup, qu'à celà ne tienne, Jess y met la double dose !
Facil aussi de matiner la recette d'un soupçon d'érotisme : Pour Jess ça sera quelques louches.
Facil enfin de faire passer un paisible quartier suisse pour le glauque quartier de Whitechapel, Jess en use et en abuse et on y voit que du bleu...




Maintenant passons aux choses sérieuse si tant est qu'on puisse être sérieux lorsqu'on parle de ce cher Jess Franco.

Entouré comme de coutume d'un casting de choix, Franco se lance dans l'aventure, avec en main un scénario pré-maché, en partie recyclé de L'Horrible Dr Orloff considéré encore aujourd'hui comme un véritable classique. La musique est confiée à un illustre inconnu qui compose un thème unique mais efficace pour les 92 minutes de métrage, la photographie ne s'encombre d'aucun filtre et les éclairages redoublent d'inventivité pour créer une atmosphère sombre et glauque à souhait qui n'a rien à envier aux autres productions du genre. Ces caractéristiques font déjà de jack The Ripper l'un des films les plus aboutis techniquement de Jess Franco, on se demandera alors pourquoi ce Ripper méconnu a sombré dans l'oublie alors que le très inférieur Les nuits de Dracula le totalement flou Rites of Frankenstein et l'abominable Abime des Mort-vivants restent gravés dans les mémoires. Réponse parce qu'il n'est justement pas assez nul pour être considéré comme une production Franco qui se respecte !!! Blague à part, j'en sais fichtrement rien !

Klaus Kinski livre une partition fort intéressante en Dr Orloff (tiens donc), serviable, excellent praticien le jour, serial killer torturé la nuit. Son regard inquiétant et fixe y est pour beaucoup et sa prestance naturelle fait le reste. Quant à Joséphine Chaplin, si son jeu n'est pas à se damner, elle reste correcte dans le rôle de la petite amie de l'inspecteur qui tombe bêtement dans les filets du tueur, histoire d'inquiéter tout le monde !

La théorie développée par Franco est moins fantasque que ce que l'ont pouvait imaginer, ici le Dr Orloff ne tue pas les femme pour leur prendre leur visage comme dans le film de 1962 (dans lequel il tente de greffer un nouveau visage à sa fille défigurée) mais s'attaque aux prostituées car sa propre mère en était une et qu'elle aurait apparemment abusé de lui (?!). L'intéressant postulat du Film de Hugo Fergonese avec Jack Palance prend une tournure quasi comique pour le non initié. Quant à moi je suis le film avec grand intérêt, mon affection pour Franco me ferait faire n'importe quoi.

La police de son côté patauge toujours, les pêcheurs remontent des morceaux de corps de la tamise (enfin, de la petite rivière suisse), la propriétaire de la pension de famille tombe amoureuse d'Orloff... et les shadocks pompent et pompent encore...


Cependant, même le spectateur le plus réfractaire sera obligé d'admettre que le film de Franco est fortement prenant, jamais ennuyeux, toujours maîtrisé et étrangement bien filmé. Alternant coup d'éclat, trouvailles surprenantes (l'aveugle qui reconnait l'éventreur grace à l'odeur d'une plante médicinale) et passages à vide démontrant un désintérêt relatif pour le sujet (longues séquences de meurtres pas toujours utiles) Jess Franco's Jack The Ripper est un film totalement bis qui en étonnera plus d'un. Tout amateur d'étrangeté se doit de l'avoir vu, les férus de polars victoriens et de Jack l'éventreur passerons leur chemin.

Pour ma part je le reverrai encore avec plaisir, ne serai-ce que pour la scène finale, qui voit un Klause Kinski très digne se rendre à la police en disant cette énigmatique réplique: "Serai-je Jack l'éventreur ? Il faudra le prouver."

-Bouh Hououou !
-Oui, c'est ça Jess...et quand est-ce que tu nous r'fais un bon film ?

21 sept. 2008

Les Nuits de Dracula (1970)

Réalisé par Jess Franco
Avec : Christopher Lee, Klaus Kinski, Soledad Miranda, Herbert Lom, Maria Rohm...
Musique de Bruno Nicolaï
D'après le roman de Bram Stoker

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Jonathan Harker, jeune clerc de notaire britanique se rend en Transylvanie pour rencontrer le comte Dracula à qui il doit vendre une propriété à Budapest. très vite il se rend compte que son hôte le retient prisonnier et projette même de l'offrir à ses trois femmes vampires. Jonathan, sacrément perturbé parvient à s'échapper et se retrouve qques jours plus tard à l'asile des Dr Van Helsing et Seward, qui héberge déjà un cas similaire, Renfield.

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En 1970, La Hammer entamait une période déclin, et Christopher Lee endossait plus que jamais la cape du vampire pour le compte de la firme। L'acteur rechignait à reprendre le rôle pour la Hammer, trouvant qu'il était à chaque fois un peu plus ridicule, et ayant fait part à Franco de son désir de jouer dans une nouvelle adaptation fidèle du roman de Stoker, il accepta de bon gré le rôle que lui offrit Jess Franco, dans ce qui devait être l'adaptation la plus fidèle jamais réalisée alors. Sous ce couvert de fidélité maximum, Franco s'entoure d'un casting international, nous retrouvons bien sûr Christopher Lee (qui fait ça aussi un peu pour faire plaisir) et Klaus Kinski (habitué des films de Franco, comme "Les infortunes de la vertu" d'après Sade ou la très bonne version Franco de "jack l'éventreur"), la jeune et belle Soledad Miranda, muse et égérie du réalisateur, Maria Rohm (quand on a pas pu avoir Claudia Cardinale...oui je sais c'est mesquin ce que je dis là), et cerise sur le gâteau, le grand acteur Britanique Herbert Lom dans le rôle de Van Helsing. C'est le talentueux Bruno Nicolaï qui se charge de la musique du film, gage de qualité de cette dernière. Jusque là tout semble parfait, mais réaliser en 70, une adaptation aussi fidèle que possible du (génial) pavé de Stoker, avec un budget minimaliste et sur une durée totale d'environ une heure et demi n'est pas chose aisée...loin de là !
Dès le début du film, on peut voir que Franco a mis les petits plats dans les grands, les décors brumeux, l'atmosphère mélancolique, et la valse macabre de Bruno Nicolaï on de quoi séduire. Bien sûr, nous sommes loin du charme gothique des productions Hammer de la décénie précédente, le tournage en décors naturels ne permet pas tant de liberté que le couteux aménagement d'un studio, mais qu'à celà ne tienne, Franco, amoureux du cinéma veut y croire ! L'équipe technique effectue donc un travail remarquable sur le château de Dracula et sur les plans en extérieur (cf la superbe scène ou une carriole traverse une cour intérieur pavée sous une pluie battante, ou encore l'immense salle à manger du château avec ses murs de pierre, et pourquoi pas l'arrivée de Jonathan Harker dans une brume épaise qui enveloppe une meute de loups). Christopher Lee un peu fatigué du rôle qu'il vient de jouer 2 fois de suite dans les très gothique et ironiques "Une messe pour Dracula" de Peter Sasdy et "Les cicatrices de Dracula" de Roy Ward Baker, respectivement 1969 et 1970 réendosse la cape avec un air abattu, qu'il abandonne très vite, grand acteur qu'il est, trop content de voir qu'enfin Dracula bénéficie de répliques qui lui font honneur : la scène ou Dracula raconte l'histoire de ses ancêtres à Harker, devant la cheminée de la salle à manger et probablement la meilleure qui ait été tournée dans toute l'histoire des adaptations de Dracula.


Herbert Lom campe un Van helsing déterminé, et on attend avec impatience la confrontation entre le vampire et sa némésis. Soledad Miranda, fragile Lucy Westerna, devient la parfaite victime du vampire et la scène ou elle quitte sa chambre pour retrouver Dracula dans le parc, avec sa longue robe de chambre flottant dans la brise atteint presque le niveau des mêmes scènes dans les films de Terence Fisher ou de Peter Sasdy. Klaus Kinski, lui nous offre une composition de fonctionnaire syndiqué, son Renfield est totalement muet, le malade mental se contente de tapisser sa chambre capitonnée de nourriture, de manger des mouches et finit par mourir sans véritable explication, pas convaincu le Kinski, et donc, peu convaincant (sa prestation néanmoins passe auprès de certains pour du pur génie...allez savoir pourquoi). Maria Rohm incarne une Mina belle et décidée, qui aurait pu selon moi s'offrir un rôle un peu plus développé...mais rappelons nous ; 1H38 oblige.


Jusque ici, rien ne s'annonce vraiment mal, Franco nous a gratifié d'une belle entrée en matière, maitrisée et on sent une réelle volonté de bien faire, ainsi qu'un certain dédain pour l'académisme. Pourtant, la seconde partie est bien moins convaincante. En effet, pour éviter d'avoir à gérer les déplacements sur mer de ses personnages, Franco a choisi de situer l'action non plus à Londres, mais à Budapest, et de réduire le cadre à l'asile et à la demeurre de Dracula, ce qui a pour effet de décrédibiliser la raison pour laquelle Harker vient d'Angleterre et de faire cohabiter ensemble dans l'asile tous les personnages de l'intrigue excepté Dracula...

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Donc tout n'est pas rose, Franco a eu beau faire un effort non négligeable pour réaliser ce qui reste dans sa filmographie une excellente surprise, l'interprétation des acteurs a beau être correcte, le travail esthétique a beau se sentir, son Dracula n'est pas la perle noire gothique attendue, il ne peut même plus se targuer de fidélité tant les racourcis pris vis à vis de l'intrigue sont abracadabrants. Et en grattant un peu on pourra dire que ses loups ne sont que des bergers allemands, que ses araignées sont en plastique, et que Christopher Lee porte une moustache...lentement, sur la valse macabre de Bruno Nicolaï, les lumières se rallument...mais qu'on se rassure, pour Dracula comme pour Franco, c'est loin d'être la dernière séance !

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