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31 janv. 2010

Sherlock Holmes et le Fantôme de l'Opéra


Roman de Nicholas Meyer, publié chez l'Archipel en 1995 (réédition poche en 2009). 248 pages.

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1891. Alors que toute l'angleterre le croit mort, Sherlock Holmes, s'est en fait mis en tête de découvrir Paris (où certains de ses ancêtres auraient vécu), et apprenant que l'orchestre du prestigieux Opéra Garnier recrute un violoniste, décide de tenter sa chance et se fait engager. Très vite il va découvrir que le palais Garnier est le théâtre d'évènement étranges, à commencer par le retour d'une certaine Irène Adler qui charge Holmes de protéger la jeune Christine Daaé. Mais il semblerait qu'un autre homme se soit mis en tête de protéger la jeune soprano et ce de façon radicale...
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Sherlock Holmes et le fantôme de l'opéra prend la suite logique de La Solution à 7% de Nicholas Meyer en extrapolant joyeusement les aventures de Holmes durant ses années de "disparition".
Ce qu'on peut dès les premiers instant remarquer, c'est que Nicholas Meyer ne se départ pas d'un certain humour dans le traitement de l'histoire de son personnage principal, jouant avec toutes les zones d'ombres et expliquant les tribulations d'édition que connurent ces manuscrits inédits du Dr Watson ou décrivant la nouvelle passion de Sherlock Holmes pour l'apiculture.
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La lecture se révèle très facile, peut-être un peu trop, car le rythme du roman suit presque à la lettre celui du Fantôme de l'Opéra de Leroux, et les 250 pages ne permettent certainement pas de développer suffisamment et Sherlock Holmes et le Fantôme. Cependant, on reconnaitra que l'utilisation de certains personnages, notamment la troublante Irène Adler est au service de l'humour et que certains passages se déroulant lors d'une expédition nocture au Père Lachaise ou dans le labyrinthe des sous-terrains du Palais Garnier aident à retrouver un peu de la noirceur du récit de Leroux, tout comme une confrontation finale qui se termine de façon surprenante (pas tant que ça finalement) - qui évoque le stratagème de Bob Garcia dans Duel en Enfer pour faire disparaître à jamais le corps de Jack l'Eventreur - sans pour autant assombrir un texte qui reste plutôt bon enfant. On s'amusera d'ailleurs beaucoup d'un clin d'oeil à Degas, lorsque qu'Irène affirme avoir reconnu Sherlock Holmes en la personne de l'un des violonnistes de la fosse sur une toile du peintre, ou de l'accent carricatural (euphémisme) de la Carlotta, ou encore des clins d'oeil malicieux de Holmes aux différents lieux ou il s'est pu trouver durant le grand hiatus.
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Au final plus holmesien que "fantomesque" (on aimerait réellement retrouver toute l'atmoshpère du roman de Leroux couplée à celle d'une enquête de Sherlock, mais on reste quelque peu sur sa faim), Sherlock Holmes et le Fantôme de l'opéra est une lecture délicieuse, indispensable à tout fan du détective et du Fantôme, mais qui aurait gagné à être beaucoup plus développée, surtout en ce qui concerne le "point d'orgue" un peu trop minimaliste.
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La critique de Clélie ici !

24 févr. 2009

Le Fantôme de l'Opéra (1962)

Réalisé par Terence Fisher.
Avec : Herbert Lom, Edouard De Souza, Mickael Gough, Heather Sears...
Musique de Edwin Astley.


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Alors qu'on se prépare à la première de Jeanne d'Arc, la cantatrice, Maria Sorelli assure avoir vu un fantôme. Les phénomènes étranges se multiplient et l'opéra se transforme en cauchemar lorsque le corps du chef machiniste déchire la toile du décor, pendu à un cable. C'en est trop pour la Sorelli. Privée de Star, l'opéra organise un casting et c'est la jeune Christine Charles qui est retenue...et qui en plus d'attirer l'attention de son producteur...attire l'attention d'un mystérieux individu qui vit sous l'opéra.

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La Hammer, est en grande partie célèbre pour avoir réactualisé les grands mythes de la littérature gothique, Dracula, Franckenstein, Jekyll, le loup-garou, la Momie etc. Il n'est donc pas étonnant de voir apparaître au palmarès de la firme, et qui plus est dans la filmographie du grand Terence Fisher, une adaptation du superbe roman de Gaston Leroux ; Le Fantôme de l'Opéra. Ce qui est plus étonnant en revanche c'est que le film ait rencontré un insuccès total et fut, pour la Hammer un véritable gouffre financier et un echec critique.

Anthony Hinds, brillant scénariste s'éloigne du roman original pour emprunter à la version Universal de 1943 (à noter qu'Universal co-produit cette nouvelle version, comme elle le fera avec L'Empreinte de Frankenstein en 1964) son postulat de départ à savoir que le fantôme ets ici un compositeur déchu, à qui l'oeuvre a été dérobé et qui aurait fini défiguré en voulant récupérer son travail.




Si au niveau des acteurs, Lom apparaît comme un choix étrange en Fantôme, il livre tout de même un partition bouleversante, pour ce personnage touchant, avide de vengeance et furieux contre lui-même de s'être laissé trompé. Tout chez Lom passe par le corps, ses gestes hurlent sa trop longue solitude, le fantôme est ici un rôle très peu dialogué mais d'autant plus imagé. Edouard De Souza est un parfait jeune premier pour le rôle de Harry Hunter, le Raoul de Chagny de cette version, personnage intègre et fondamentalement bon. Quant à Michael Gough, qu'on empêchera plus de cabotiner, il s'investi à merveille dans son rôle de salaud. Seule Heather Sears qui semble jouer son rôle avec trop de réserve, peut paraître un peu en deçà du lot, mais elle reste une Christine ravissante à la voix enchanteresse.

Le point le plus déroutant de cette adaptation vient certainement de son scénario, qui se focalise sur la vengeance du fantôme plus que sur son attirance pour Christine. Il veut avant tout faire de la jeune femme une grande chanteuse, pour qu'avant de mourir il puisse enfin entendre chanter son oeuvre comme il l'a voulu. Si l'histoire d'amour passe à la trappe, il n'empêche que le final du film pousse l'émotion à son paroxysme et hisse définitivement Le Fantôme de l'Opéra au rang des belles réussites du studio. Si l'amour est absent, c'est pour dénoncer aussi, ce pourquoi le fantôme se bat, Eric (ou le professeur Petrie dans le film) est un idéaliste, un naïf hypersensible, à son opposé, le personnage de Michael Gough (son producteur qui lui vole par la suite son oeuvre) a dans l'idée d'amener Christine dans son lit sans autre forme de désir que celui de posséder une jeune fille qu'il fait marcher. Ensuite le fantôme n'est plus si jeune, il traite Christine comme une perle rare, il ne la veut pas pour lui, il ne veut que son chant, et si elle est heureuse avec Harry/Raoul il l'accepte, il le dit lui-même "I'm dying already, it's my last wish, give me a week, and I'll make her sing !", entendre Christine chanter son oeuvre est déjà pour lui l'achèvement de toutes ses années de travail, il ne s'attend pas à plus. 

On notera aussi que cette fois, les interactions du fantôme avec l'extérieur sont très limitées. Les méfaits du fantôme sont de la main de son "serviteur", un autre personnage inadapté qui voue son existence à protéger le génie reclus dans les sous-sols de l'opéra. Si Fisher assagit son personnage en lui ôtant ses pulsions meurtrières, ce n'est pas pour en faire le gentil de service, le fantôme reste une créature déformée, incapable de se réhabiliter, et sa mort vient par celui qui l'a toujours servi, et qui bien sûr sans le vouloir, le sert encore une fois en le faisant échapper aux policiers, en le faisant disparaître alors qu'il atteint le firmament de la grâce...


On ne peut reprocher à Terence Fisher un manque de panache dans sa mise en scène, car comme à son habitude il livre avec tout son talent une habile révision du mythe, on ne peut pas imputer le mauvaise accueil fait au film à des décors moins beaux qu'à l'ordinaire, puisque comme toujours chez la Hammer, les couleurs chatoyantes le disputent à un agencement intimiste des lieux, à une somptueuse atmosphère gothique, qui se dégage de l'opéra de Londres. Du point de vue technique, tout participe à faire de Phantom of the Opera un nouveau chef-d'oeuvre.




Bel exemple de la production Hammer Film du début des années 60, le bide que connu ce Fantôme de l'Opéra reste un mystère. On note à l'époque une grosse déception critique, qui s'expliquent peut-être par les attentes d'un public habitué à des prouesses plus baroques de la part de Fisher. C'est oublier la tendance du réalisateur à verser dans le drame. Avec ce film, Terence Fisher a voulu approcher le monstre dans une optique plus mesurée, lui qui a privé la créature de Frankenstein de l'auréole whalesienne, lui préférant le baron, lui qui a bestialité le comte Dracula, il rend au fantôme une part importante d'humanité. En cela, il n'adapte certes pas Gaston Leroux, mais il le plie à la cohérence de son oeuvre, il se l'approprie, et avec quel talent !

1 févr. 2009

Opera

Réalisé par Dario Argento en 1987.
Avec Daria Nicolodi, Coralina Cataldi tassoni, Cristina Marsillach, Ian Charleson, Urbano Barberini...

Musique de Claudio Simonetti, Bill Wyman, Daniel Lanois, Brian et Roger Eno.

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Une jeune chanteuse d'opera se voit offrir la chance d'interpréter le rôle de Lady Macbeth dans le Macbeth de Verdi lorsque la cantatrice phare se fait renverser par une voiture. Néanmoins convaincu que la légande qui entoure cet opéra n'apporte que le malheur, elle accepte et devient la cible d'un admirateur psychopathe...qui se révèle être un homme dont elle a souvent rêvé dans son enfance.

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Le résumé d'Opera n'est pas sans évoquer Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, qu'Argento adaptera dix ans plus tard, à raison puisqu'il en est vaguement inspiré ; Argento modernise le mythe et se l'approprie pour réaliser ce qui reste pour moi l'une de ses plus belles réussites baroques à des kilomètres au dessus d'Il fantasma dell opera.

Dès l'introduction, Opera clame l'amour de l'art de son auteur qui rêve de mettre en scène un Opéra. Argento s'est vu à la même période refusé la mise en scène de Rigoletto de Verdi et se venge avec ce film, offrant du même coup sa vision personnelle du Macbeth de Verdi et du Fantôme de l'Opéra de Leroux.
Sur le fond comme sur la forme, Opera est un sans faute du maestro ; Une musique parfaite alternant inspiration classique et métal symphonique, des décors diablemant originaux sur scène ainsi qu'une esthétique ambitieuse et élégante font d'hors et déjà du film un plaisir visuel et auditif.

La beauté du métrage contenue dans ce seul plan d'ouverture.

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Au niveau du scénario, qui comme toujours chez Argento s'écarte au profit du délire esthétique, nous avons droit à quelques rebondissements virtuoses comme la magnifique attaque des corbeaux dans la grande salle de l'opéra. Opéra flirte légèrement avec le fantastique, avec les corbeaux justement, qui permettent aux personnages principaux de démasquer le coupable, mais aussi par son atmosphère onirique et la majesté de ses décors, notamment ceux mis en place sur la scène du théâtre pour le Macbeth qui se joue devant nous. La réussite technique est au rendez-vous et il semblerait presque que chaque meurtre a été conçu comme un poème visuelle avec tout le soin dont Argento est capable sans pour autant tomber dans la complaisance et nous infliger une avalanche d'hémoglobine gratuite (je pense notamment à la scène du meurtre de la costumière dans laquelle la pauvre Coralina Cataldi Tassoni se fait ouvrir la gorge par le tueur qui veut récupérer la gourmette qu'elle a avalé...).

Doté en plus d'un excellent casting ("Dariaaa..." Pense immédiatement Dario ^^), Opera est une perle bien trop sous-estimée par les fans du réalisateur italien qui y voient le début du déclin. Pour moi il réunit tous les critères d'un chef-d'oeuvre by Dario Argento : Theme séduisant, musique envoutante (superbe thème principal de Claudio Simonetti), équilibre parfait entre la noblese de l'art lyrique et l'univers du meurtrier pervers...Opera s'il n'atteint pas les sommets de Suspiria ou d'Inferno se hisse aisément à la hauteur du superbe Syndrome de Stendhal réalisé en 1996 et qui ressemble d'ailleurs à une relecture d'Opera, dans le monde de la peinture cette fois.

Opera est donc, n'en déplaise à certains, une oeuvre majeure dans la filmographie de Dario Argento, une nouvelle et bluffante incursion dans son univers si personnel.

12 oct. 2008

Il Fantasma dell'opera


Réalisé par Dario Argento.

Avec Asia Argento, Julian Sands, Andrea Di Stefano, Nadia Rinaldi et Coralina Cataldi Tassoni.

Musique composée par Ennio Morricone.

D'après le roman de Gaston Leroux.

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1877, Opéra Garnier, un mystérieux fantôme hante les sous-sols de l'opéra et tue tous ceuw qui s'y aventurent. Un soir, il entend chanter la jeune Christine Daae, et s'éprend passionnément de la jeune femme, s'en suit, on le sait, l'histoire tragique que tout le monde connait.

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Argento est, plus que jamais dans un les années 90 un cinéaste décrié, après deux décénies d'oeuvres magistrales et personnelles (Profondo Rosso, Suspiria, Infernio, Phénoména...), Argento ne sait plus vraiment dans quel sens tourner la page ; faut-il revenir à un cinéma onirique, proche de Suspiria ? Ou se couler dans le moule d'un cinéma plus populaire ? Le premièr essai marquant le début de cette décénie 90 sera le peu concluant TRAUMA (avec Asia Argento), demi ratage au accent de slasher américain, qu'on oublira vite. En 1996 Argento nous reviens en force avec son superbe Syndrome de Stendhal, nouveau chef-d'oeuvre qui laisse espérer le retour du maître...Mais hélas, lorsque Argento entreprend de réaliser une adaptation du Fantôme de l'Opéra, peu sont prêt à le suivre. En 1987, Argento a déjà réalisé un hommage officieux au fantôme de l'opéra avec son OPERA, oeuvre baroque qui n'a malheureusement pas fait l'unanimité, d'où la réticence des gens du métier.
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En 1998, sort sur les écrans donc cette version très personnelle du Fantôme de l'Opéra de Leroux et force est de contater que comme tous les films d'argento, celui là ne laisse personne indifférent. Contre toute attente, Argento n'adapte pas l'histoire à la sauce giallo, il choisit de garder l'essence de l'oeuvre de Leroux, mais lui donne un côté sombre encore plus appuyé, ses personnages comme toujours trainent dans leur sillage des travers inavouable si bien que les lieux, si connus de l'intrigues, en finissant par ressembler à leur occupant, nous parraissent totalement étrangers.

Ces décors ont comme toujours chez Argento fait l'objet d'un soin particulier et on remarquera, pour peu que l'on soit attentif une tonne de référence à la peinture, de Jerôme Bosh à Degas (que l'on croisera d'ailleurs au détour d'une répétition de ballet, en train de croquer les petites ballerines). Un seul reproche peut être fait à argento sur le plan des décors : Avoir voulu nous faire avaler que la grande salle était celle de l'opéra Garnier alros qu'il s'agit manifestement de celle de l'opéra de Budapest...



Quand je parlais des travers innavouables des personnages d'Argento, je ne faisait pas forcément référence à ceux du fantôme (même s'ils sont légions c'est terrible) ou à ceux de Christine (dont le seul travers et de ne pas savoir ce qu'elle veut) ni même à ceux de Raoul (qui est diablement transparent), mais bien de ceux de TOUS les autres personnages. Argento et son scénariste Gerard Brach (qui fut un temps le scénariste atitré de Roman Polanski) nous ont concocté une galerie de second rôles épouvantables et pourtant délicieusement rendus à l'écran par la caméra du maestro : La jeune bonne de Christine, jouée par l'excellente Carolina Cataldi Tassoni, qui fûme comme un pompier et jure comme un marin, La Carlotta, merveilleuse (façon de parler) Nadia Rinaldi en diva obèse et insupportable, à la fois la pire et la meilleure de toute l'histoire du fantôme de l'opéra, Deux producteurs pédophiles qui regardent les jeunes ballerines comme un chat regarde des filets de saumon, Une costumière et un machiniste qui passent leur temps à s'envoyer en l'air, et un chasseur de rat totalement décalé, positivement répugnant qui provoque le rire qui détend l'atmosphère...ou le haut le coeur qui allège l'estomac (humpf désolé c'était trop facile).

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L'évolution de cette galerie de personnage ne passe donc pas innaperçue et éclypse un peu l'histoire d'amour entre Christine, interprétée merveilleusement par la magnifique Asia Argento qui comme toujours se donne corps et âme, et le Fantôme, joué par un Julian sands qui m'évoque immanquablement une part de quiche affublée d'une cape... Cette histoire d'amour parlons en ! Ce qui choque dans la vision que se fait Argento de cette passion, ce n'est pas tant le nombre élevé de meutres sanglant et complaisament filmés, mais plutôt l'intrusion, du sexe mal venu, éternel banni de cette histoire sublime. En effet, si parler des travers du Fantôme selon Argento serait bien trop long, on peu néanmoins en lister deux : la zoophilie, et l'obsession de l'acte charnel...non pas que Julian Sands saute sur tout ce qui bouge, mais lorsqu'il emmène Christine dans son repère ça n'est pas pour lui faire chanter son Dom Juan Triomphant (musique totalement absente du métrage, dommage)...graveleux détour que prend là Argento qui nous avait habitué à des situations hautement plus rafinés et hautement plus majestueuse (rappelons qu'en 77 il fut taxé de pornographie pour Suspiria qui ne comportait aucune scène de sexe ni aucune allusion au sexe !).




Il Fantasma dell'Opera accumule les maladresses de ce genre, la pire de toute, considérée par certains comme une trahison, est la suivante : le fantôme n'est pas défiguré le moins de monde, et ne porte aucun masque (Argento aurait-il jugé que Julian Sands était assez moche pour jouer sans maquillage ?)...mais alors pourquoi se cache-t-il ?? Bah parce qu'il a été élevé par des rats pardis !!! (J'entend déjà Clélie hurler au scandale ^_^) Aaah ça explique donc les penchants zoophiles...à ce niveau là on se demande si le scénario n'a pas été écrit sous l'effet de l'alcool.

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Il est impardonnable de ma part de n'avoir pas rendu justice plus tôt à la superbe partition d'Ennio Morricone, qui arrive à rendre ce film très beau, même dans ses pires moments, avec ses long soupirs langoureux, ses cordes qui pleurent (le cinéaste fini ?) sur un final si pognant qu'on en vient à oublier les défaut les plus marquants de ce Fantôme de l'Opéra, qu'on se surprend à revoir une seconde, puis une troisième fois, pour en découvrir à chaque fois une qualité nouvelle...c'est ça aussi le cinéma d'Argento, comme c'est un peu ça aussi le Fantôme de l'Opéra

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Derrière tous ses défaut plus ou moins gros, reste qu'on décèle encore chez Argento cette volonté de s'approprier son thème, tant au niveau esthétique que psychologique. le film fut qualifier d'impersonnel lors de sa sortie, mais au contraire il constitue une pièce essentielle du cinéma d'Argento, puisqu'il apparait comme une oeuvre très personnelle qui fait écho à nombre de films de la filmographie du réalisateur (notamment Opera, Inferno et le récent la Terza Madre). Bref, Il s'agit peut-être là du chant du cygne d'un grand monsieur du cinéma, en attendant son prochain, "Giallo" qui nous démontrera peut-être qui sait, que Dario Argento n'est pas mort !

12 août 2008

The Phantom of the Opera (1989)

Réalisé par Dwight. H. Little.
Avec Robert Englund, Jill Schoelen, Alex Hyde-White, Bill Nighy...

Musique composée par Misha Segal.

D'après le roman de Gaston Leroux.

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New York, fin des années 80, la jeune cantatrice Christine Day se prépare à passer une audition à laquelle elle veut évidemment faire sensation, pour cela, elle charge meg, son impressario de lui trouver un morceau exceptionnel, fut-ce t-il inconnu du grand public. le morceau que meg a dégoté à la bibliothèque musical, coincé entre deux volumes est extrait d'un opéra inachevé composé à la fin du XIXème siècle par le mystérieux Erik Destler ; Dom Juan Triumphant.

Opéra de Londres, fin du XIXème siècle, la jeune Christine Daaé est visité par un étrange professeur qui ne dévoile jamais son visage et qui est prêt à tout pour lui faire obtenir le premier rôle sur scène...même au meurtre...

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Depuis l'adaptation de Rupert Julian avec Lon Chaney en 1925, les adapations du Fantôme de l'Opéra de Leroux ont fleuri sur les écrans à intervalle régulier d'environ 15-20 ans (1925, 1943, 1962, 1976...) mais dès les années 80 tout s'emballe et les adaptations toutes soit disant plus fidèles les unes que les autres se pressent au portillon. Cet engouement est certainement dû au succès de la comédie musicale D'Andrew Lloyd Webber, ce qui ne veut pas dire que les adaptations qui suivront seront de moindre qualité, puisque parmi les meilleures figurent celle de Tony Richardson, réalisée pour la télé en 1990 et justement celle qui nous intéresse, réalisé par Dwight H Little en 1989 et produite par une société baptisé 21th century film (qui paradoxalement ne verra jamais le 21ème siècle).


D'entrée de jeu, le film donne le ton ; c'est bien à du fantastique que nous aurons affaire là. beaucoup pourront crier au scandale, en invoquant l'absence totale de fantastique dans l'oeuvre originale. Et pourtant force est d'admettre que le roman baigne dans une atmosphère fort propice à ces sortes de choses et qu'il fallait bien qu'un jour un réalisateur s'intéresse à cet aspect du livre. le principe qui permet de relier la Christine de 1989 à celle de 1889 est peut-être un peu simpliste, voire un peu flou mais il fonctionne à merveille. De plus ce parti pris du fantastique permet de mettre plus en avant la thématique faustienne très présente dans le fantôme de l'opéra ; ici bien sûr comme souvent, et comme dans le roman, nous avons droit à la représentation sur scène de l'opéra de Gounod, mais aussi à une genèse totalement inédite du fantôme qui nous le montre pactisant avec le diable pour que le monde adule sa musique.


Ainsi, le démon lui dit que le monde l'aimera pour sa musique, mais UNIQUEMENT pour sa musique. C'est à partir de ce moment là que Erik Destler se retrouve défiguré et se condamne lui-même à vivre sous l'opéra de Londres. Robert Englund très à l'aise dans les rôles de composition (voire Freddy) offre ici un fantôme absolument étonnant, à la fois pathétique et cruel, un personnage tragique, magnifique qui éclipse facilement le fantôme rendu par un Michael Crawford par exemple (attention je ne dis pas que Crawford n'est pas excellent, c'est juste une autre façon de voir). Dans le rôle de Christine c'est Jill Schoelen qui semble vraiment s'investir, et nous livre une Christine radieuse, sincère et attachante. Le reste du casting est tout aussi remarquable, notamment un Bill Nighy nerveux et cabotin qui forme un couple parfait avec une Carlotta grandiose, carricature de Diva légèrement anachronique mais dont les apparitions à l'écran sont toujours délicieuses.



Au niveau technique cette adaptation n'est pas à mettre au rebus car elle se démarque assurément de toutes les précédentes ; L'opéra de Londres n'est certes pas l'opéra Garnier, mais les tons rouges et chauds font merveilles et les décors des souterrains sont simplement démentiels. Le sens esthétique de la production fait ses preuves à chaques minutes, mais on retiendra surtout la scènes du cimetière sous la neige, ou la superbe scène de bal où le fantôme apparait sous le masque de la mort rouge. Idem pour les effets spéciaux ; le film n'est pas avare en scènes sanglantes et le travaille dont le maquillage a fait l'objet est honorable. Le fantôme dans le film ne porte pas à proprement parler de masque, il reconstitue son visage avec des morceaux de peau humaine - un travail de couture douloureux - si Lon Chaney était l'homme au mille visages, Robert Englund est ici l'homme au mille morceaux de visages. Ces scènes sanglantes assez présentes, qui sont l'oeuvres de Kevin Yagher, ne gâchent en rien la beauté du métrage dans lequel Amour, Musique, Folie, Mort, Eternité se retrouvent étroitement liée le temps d'un ballet macabre dont le final comme souvent se révèle tragique et injuste.




La musique, évidemment au centre du métrage n'est pas en reste ; le film est porté par la mélodie de Dom Juan Triumphant, composée par Misha Segal qui réussit un tour de force extraordinaire : donner vie à une musique hypothétique sans pour autant s'éloigner de l'esprit ni du roman de Leroux ni du métrage émouvants, poignant et surtout aux accents très modernes. Les paroles de ce Dom Juan Triumphant sont aussi simples que belles et collent à merveille à l'ambiance et à la légende du fantôme :
"Your eyes see but my Shadow,
My heart is overflowing..."

Rien que ces deux première lignes évoquent joliment la dualité parfaitement équilibré entre romance et macabre. Outre la musique de Segal, c'est l'opéra de Gounod, Faust qui tient une place importante dans le film puisque l'histoire de Faust et celle d'Erik sont en dialogue constant.

La fin du film de Dwight H Little réserve une drôle de surprise que je ne trahirai pas, mais j'ajouterai que si l'accroche du film est "Only love and music are forever..."(seul l'amour et la musique sont éternels), ce film, avec avec son transfert du 20ème jusqu'au 19ème siècle, donne au fantôme le caractère intemporel qui le rapproche encore plus du personnage de Faust et en fait une figure flamboyante du romantisme noir : Phantom of the Opera is forever !