
Réalisé par James Hill en 1965.
Avec : John Nevill, Donald Houston, John Fraser, Anthony Quayle, Barbara Windsor, Adrienne Corri, Frank Finlay, Judi Dench, Robert Morley...
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Lorsque Sherlock Holmes apprend que deux protituées ont été sauvagement assassinées dans le secteur de Whitechapel, et que les deux crimes présentent de nombreuses similitudes, sa curiosité le pousse à s'intéresser à l'affaire. Aussi, quand le gouvernement fait appel à lui, il n'hésite pas une seconde. Son enquête l'entraine sur une piste surprenante qui le mène des bas-fonds aux quartiers les plus riches de Londres.
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Un Sherlock Holmes épais comme une aiguille à tricoter, rigide et énigmatique, le visage émacié cerclé d'une aura de fumée due à un tabagisme des plus actifs... Non, il ne s'agit pas de l'immense Peter Cushing qui prêta son visage au détective dans Le Chien des Baskerville de Fisher et plusieurs téléfilms, mais de John Neville, acteur dont on se souvient plus facillement pour son interprétation du Baron Munchausen, décédé le 19 novembre dernier. L'acteur, agé ici de 40 ans incarne un Holmes proche de la perfection, dans une extrapolation des écrits de Conan Doyle, qui oppose le célèbre détective à Jack l'Eventreur.
Autant le dire tout de suite, il y a fort peu de défauts à mettre en avant concernant A Study in Terror, sinon peut-être une très libre version de l'affaire Jack the Ripper, qui reste une bien faible entrave au plaisir de la vision.
James Hill, dont il s'agit sans conteste ici d'une des oeuvres maîtresses fait évoluer un casting des plus prestigieux dans une atmosphère très hammerienne (mais le film n'a rien à voir avec le studio). On la le plaisir de trouver Frank Finlay dans le rôle de l'instpecteur Lestrade, rôle qu'il reprendra dans Murder by Decree, dont le postulat de départ est identique à celui de A Study in Terror, (avec cette fois Christopher Plummer et James Mason en tête d'affiche), ainsi qu'Adrienne Corri (le Hammer film Vampire Circus, Orange Mecanique de Kubrick...), une toute jeune Judi Dench, un John Fraser dont la beauté rappelle aussi un peu un autre personnage hammerien, le Baron Meinster des Maîtresses de Dracula (interprété par David Peel), et Donald Houston dans le rôle d'un Watson qui envoie sans difficulté Nigel Bruce au tapis. Le seul bémol au sein de cette remarquable composition concerne peut-être Robert Morley en Mycroft trop volubile. Notons cependant que l'acteur souvent associé à "l'establishment" interpréta Oscar Wilde en 1960, se retrouvant aux côtés de John Neville qui lui, interprétait Lord Alfred Douglas.

A Study in Terror propose en effet une conclusion quelque peu décevante, trop anecdotique comparée à celle que proposera Murder by Decree en 1979, mais il ouvre en quelque sorte la voie à ce dernier, et demeure dans tous les cas un superbe cross over, plus holmesien que ripperien.