9 avr. 2010

BORGIA

Bande dessinée d'Alejandro Jodorowsky et Milo Manara.
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Rome n'est plus une ville sainte, mais un chaos sans foi ni loi et les Borgia, premiers parrains de l'histoire en sont les maîtres. Pendant que Savonarole harangue les foules pour essayer d'endiguer la vague de débauche qui déferle sur Rome, le Cardinal Rodrigo Borgia met tout en oeuvre pour se faire élire Pape. Pour parvenir à ses fins, tous les moyens sont bons et il est pret aux pires atrocités, jusqu'à utiliser ses enfants dans sa quête de pouvoir.
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Voila l'oeuvre fascinante de deux auteurs reconnus, le premiers pour son cinéma surréaliste et baroque et ses collaborations avec Roland Topor ou Fernando Arrabal, le second pour son style sans détour et le caractère sulfureux de ses univers. Borgia est bien le fruit de ces deux personnalités, cela se sent ! Tenant de Jodorowsky ses délires sanglants et anti-chrétiens et de Manara son érotisme quasi dérangeant, la mainmise des Borgia est fidèlement retracée dans cette bande dessinée éponyme.


Bénéficiant d'un dessin assuré, subtil et détaillé, Borgia propose de superbes vues de Rome (et d'autres, de Lucrèce...) ainsi qu'un regard acéré sur les habitudes de l'époque. La filiation avec le mouvement Panique dont Jodorowsky était l'un des instigateurs est mince, mais se ressent ça et là quand l'alégorie prend le pas sur les faits et que l'oeuvre se fait plus délirante. Une chose est sûre, on est très loin ici de la vision proposée par Christian Jacques dans son film Lucrèce Borgia avec Martine Carol. Sans conscession, chaque album de la série va au bout de son trip avec une minutie quasiment effrayante, mais si excitante qu'il est totalement impossible de refermer chaque tome avant de l'avoir achevé.
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Mélant le sang et le sexe dans une fresque historique magnifique, Borgia fait partie de ses petits joyaux de la bande dessinée que les non-amateurs éprouvent un immense plaisir à découvrir, ne serait-ce que pour les noms en couvertures, et ce titre si alléchant : Jodorowsky/Manara/Borgia !

14 févr. 2010

THE WOLFMAN (2009)

Un film de Joe Johnston.
Avec : Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, Hugo Weaving, Geraldine Chaplin...
D'après l'histoire originale de Curt Siodmak.
Musique composée par Danny Elfman.

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Lawrence Talbot rentre des Etats Unis au manoir familiale pour apprendre la mort violente de son frère, mis en pièce par ce qui semble être une bête sauvage, laissant Gwen Conliffe, veuve avant d'être mariée. Alors qu'il mène l'enquête auprès de sgitans de Blackmoor, Talbot est lui-même attaqué et sévèrement mordu par la bête...


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Le remake tant attendu de The Wolfman (1941) a enfin déchiré les écrans français, et si le succès populaire s'annonce mititgé, la réussite du film (à tous les niveaux) ne peut être niée.

Voila exactement 75 ans que le premier film de loup-garou, produit par Universal ; Le Monstre de Londres (Stuart Walker, 1935, avec Henry Hull) a lancé la carrière fructueuse du Lycanthrope à l'écran, mais c'est 6 ans plus tard, que le chef-d'oeuvre de Georges Wagner, The Wolfman (1941) rendra immortel cette figure imposante du cinéma fantastique. Il était donc légitime, qu'au même titre que Dracula, Frankenstein ou la Momie, Le Loup-Garou d'Universal ait droit lui aussi à un remake qui ne lésinerai pas sur les moyens : une excellente idée qui se révèle être tombé entre les meilleures mains !

Le film s'ouvre avec les paroles de la gitane Maleva, qui concluaient le film de 1941, paroles que l'ont peut voir gravées sur une pierre tombale. la mise en scène classique et le thème envoutant de Danny Elfman nous plonge dans ce film fait "à la manière de" qui ne trahi à aucun moment la mémoire de son ainé. L'envoutement se poursuit à travers les décors, gothiques, sombres, magnifiques et terrifiants où se situe l'intrigue; depuis le manoir Talbot, perdu dans les landes de Blackmoor jusque dans un Londres fantasmagorique, qui n'a rien à voire avec celui de Sherlock Holmes, mais se rapprocherai plutôt de celui de Sweeney Todd.

Ces magnfiques décors sont occupés par des personnages beaucoup plus complexes que ceux du film de Georges Wagner, et interprétés par des acteurs splendides qui rendent un "violent" hommage au film original et aux autres classqiues Universal. Comment ne pas penser à Lon Chaney Junior ou à Oliver Reed (La nuit de Loup-Garou, de Terence Fisher, 1961) en voyant la massive silhouette de Benicio Del Toro arborant la superbe canne à tête de loup du film de 41. Anthony Hopkins, dans une composition fameuse, reprend le rôle tenu 69 ans plus tôt par Claude Rains en lui donnant le côté calculateur et inquiétant d'un Hannibal Lecter en manteau de fourure. Emily Blunt, dont le maintient appelle les costumes d'époque est quand a elle d'une beauté discrète et tragique, dans le rôle difficil de l'unique amour de la bête, la seule à pouvoir la tuer.


Au niveau technique, il n'y a rien à redire, les effets spéciaux créés par Rick Baker (Le Loup-garou de Londres, de John "Thriller" Landis, 1981, ou encore Wolf, 1993), alternant un numérique discret avec un maquillage artisanal, donnent une puissance redoublée au film sans l'alourdir ; On retrouve enfin une transformation crédible et tout ce qu'il faut d'effrayante.
Le film de Joe Johnston ne se contente pas de faire référence au Wolfman original, mais contient au contraire nombre de clin d'oeil qui en font presque l'aboutissement de près d'un siècle de légende cinématographique : Un voyage en Asie évoquée par le père de Lawrence semble vouloir mettre en place une filiation entre Le Monstre de Londres et The Wolfman, Le Loup-garou de Londres se voit offrir un clin d'oeil amusant avec un carambolage impliquant un bus à impérial dans les rues de Londres, un duel à mort entre lycanthrope semble faire référence à Wolf et un plan très court lors d'une traque en forêt reprend à l'identique l'image de l'unes des affiches originales de La Nuit du Loup-garou. Ce côté référenciel, qui n'entrave aucunnement la vision du film pour les novices, se révèle être un véritable régal pour les connaisseurs, qui en apprécieront la pertinence, comme on goute un grand cru.


On pourra toujours dire que Joe Johnston est un bon réalisateur, mais pas un grand conteur (voire la différence entre son Jurassic Park et ceux de Spielberg), et que ce que ce Wolfman gagne en adrénaline, il le perd en romantisme (il est heureux du reste que le film n'ai pas atterri entre les mains d'un Stephen Sommers), néanmoins le score inattendu d'un Danny Elfman emprunté à Tim Burton rend lui aussi au loup-garou une splendeur qu'on croyait passée. Rien ne doit faire hésiter : Il ne faut pas passer à côté de cette somptueuse histoire à l'ambiance ensorcelante, réécrite par le scénariste de Sleepy Hollow, ni à côté du duo majestueux Del Toro / Hopkins, nous sommes bien là en face d'un chef-d'oeuvre du genre !

SHERLOCK HOLMES (2009)

Un film de Guy Ritchie.
Avec : Robert Downey Jr, Jude Law, Rachel Mc Adams, Mark Strong, Hans Matheson, Kelly Reilly, James Fox...
Basé sur les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle.
Musique de Hans Zimmer.

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Lorsqu'il n'a pas d'affaires à traiter, Sherlock Holmes déprime. Fort heureusement, le criminel Blackwood, pendu pour ses meurtres rituels, semble s'être relevé de sa propre mort. Voila donc Holmes et son fidèle ami Watson à nouveau sur les traces du meurtrier... mais comme un problème n'arrive jamais seul, c'est sans compté sur Mary Morstan, la fiancée de Watson, dont la présence semble considérablement contrarier le détective et sur Irène Adler, qui en sait beaucoup plus que ce qu'elle veut bien en dire.
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Une nouvelle fois, le célèbre détective Sherlock Holmes fait l'objet d'une transposition à l'écran. cette fois, c'est le surprenant Guy Ritchie qui s'intérèsse au personnage, s'entourant d'un casting fort "jeune" et bénéficiant de lourds moyens que les adaptations de Sherlock Holmes avaient jusque là rarement pu se permettre, bien souvent reléguées au rang de téléfilms.
Au casting de cette adaptation plutôt surprenante, on retrouve bien sûr Robert Downey Jr dans le rôle du célèbre détective et Jude Law en Dr Watson. Les deux acteurs insufflent à leurs personnages une jeunesse, certes inabhituelle en comparaison des grandes figures qui ont prété leurs traits au duo (Basil Rathbone/Nigel Bruce, Peter Cushing/André Morel, Christopher Plummer/James Mason...) mais assez proches des personnages apparus dans A Study in Scarlet, qui n'ont que 28 ans lors de leur première rencontre. Rachel McAdams dans le rôle d'Irène Adler, n'a elle, rien du personnage évoqué dans Un Scandale en Bohème, son côté minette a pour effet d'annuler son caractère premier de femme fatale, on est bien Loin de Charlotte Rampling qui reste la meilleure incarnation de la seule femme qu'aie jamais aimé Sherlock Holmes (Sherlock Holmes in New York, 1976). Cet aspect "dépoussiéré" s'accompagne d'une intrigue totalement inédite, quelque peu convenue, mais qui laisse une grande part à l'action, obligeant nos personnages préférés à littéralement crapahuter dans Londres, nous laissant tout le loisir d'admirrer le travail fourni sur les décors.


S'il faut parler des décors, commençons par le 221B Baker Street, dont le plan sur le numéro nous sera servi à plusieurs reprise dans le film, comme pour nous rappeler que nous sommes bien là dans une adaptation de Sherlock Holmes. L'appartement, dans un désordre soigneusement organisé, pourrait exactement être celui d'un détective célibataire cocaïnoman qui classe ses dossiers en fonction de l'épaisseur de la couche de poussière qui s'y est accumulée. On pourra regretter que malgré une excellente réplique, Mme Hudson fasse elle-même partie du décor. Le film de Guy Ritchie frappe d'emblée par son esthétique très sombre, léchée au possible, d'un londres fin XIXème baignée de brume, déjà vu bien entendu, mais produisant toujours son petit effet. L'intrigue elle-même fonctionne selon des poncifs déjà vu et le sous-génie du mal, Lord Blackwood (dont le nom a dû exiger un effort surhumain d'originalité) qui nous est présenté n'est pas toujours convaincant, le personnage de Mark Strong, au delà de son ambition mégalomane, manque cruellement de personnalité. Heureusement que les "second rôles" viennent mettre un peu de piment dans l'intrigue, lors d'une scène de dîner avec Mary Morstan (Kelly Reilly) ou une entrevue avec Lord Coward (Hans Matheson).



Contre toute attente, Sherlock Holmes par Guy Ritchie est loin d'être détestable, film d'aventure esthétisant, hautement divertissant, plus proches du Secret de la Pyramide que de Meurtre par Décret, il offre une vision tendre, mais non dépourvue d'un certain cynisme, des personnages créés par Conan Doyle. On saluera au final le score intrigant de Hans Zimmer qui compose un "Sherlock Holmes' theme" au accents tziganes, au violon bien entendu !

31 janv. 2010

Sherlock Holmes et le Fantôme de l'Opéra


Roman de Nicholas Meyer, publié chez l'Archipel en 1995 (réédition poche en 2009). 248 pages.

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1891. Alors que toute l'angleterre le croit mort, Sherlock Holmes, s'est en fait mis en tête de découvrir Paris (où certains de ses ancêtres auraient vécu), et apprenant que l'orchestre du prestigieux Opéra Garnier recrute un violoniste, décide de tenter sa chance et se fait engager. Très vite il va découvrir que le palais Garnier est le théâtre d'évènement étranges, à commencer par le retour d'une certaine Irène Adler qui charge Holmes de protéger la jeune Christine Daaé. Mais il semblerait qu'un autre homme se soit mis en tête de protéger la jeune soprano et ce de façon radicale...
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Sherlock Holmes et le fantôme de l'opéra prend la suite logique de La Solution à 7% de Nicholas Meyer en extrapolant joyeusement les aventures de Holmes durant ses années de "disparition".
Ce qu'on peut dès les premiers instant remarquer, c'est que Nicholas Meyer ne se départ pas d'un certain humour dans le traitement de l'histoire de son personnage principal, jouant avec toutes les zones d'ombres et expliquant les tribulations d'édition que connurent ces manuscrits inédits du Dr Watson ou décrivant la nouvelle passion de Sherlock Holmes pour l'apiculture.
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La lecture se révèle très facile, peut-être un peu trop, car le rythme du roman suit presque à la lettre celui du Fantôme de l'Opéra de Leroux, et les 250 pages ne permettent certainement pas de développer suffisamment et Sherlock Holmes et le Fantôme. Cependant, on reconnaitra que l'utilisation de certains personnages, notamment la troublante Irène Adler est au service de l'humour et que certains passages se déroulant lors d'une expédition nocture au Père Lachaise ou dans le labyrinthe des sous-terrains du Palais Garnier aident à retrouver un peu de la noirceur du récit de Leroux, tout comme une confrontation finale qui se termine de façon surprenante (pas tant que ça finalement) - qui évoque le stratagème de Bob Garcia dans Duel en Enfer pour faire disparaître à jamais le corps de Jack l'Eventreur - sans pour autant assombrir un texte qui reste plutôt bon enfant. On s'amusera d'ailleurs beaucoup d'un clin d'oeil à Degas, lorsque qu'Irène affirme avoir reconnu Sherlock Holmes en la personne de l'un des violonnistes de la fosse sur une toile du peintre, ou de l'accent carricatural (euphémisme) de la Carlotta, ou encore des clins d'oeil malicieux de Holmes aux différents lieux ou il s'est pu trouver durant le grand hiatus.
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Au final plus holmesien que "fantomesque" (on aimerait réellement retrouver toute l'atmoshpère du roman de Leroux couplée à celle d'une enquête de Sherlock, mais on reste quelque peu sur sa faim), Sherlock Holmes et le Fantôme de l'opéra est une lecture délicieuse, indispensable à tout fan du détective et du Fantôme, mais qui aurait gagné à être beaucoup plus développée, surtout en ce qui concerne le "point d'orgue" un peu trop minimaliste.
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La critique de Clélie ici !

3 janv. 2010

Whitechapel ; Le Retour de Jack l'Eventreur




Réalisé par S.J. Clarkson en 2009.
Ecrit par Ben Court et Caroline Ip.

Avec : Rupert Penry-Jones, Phil Davis, Steve Pemberton, Sam Stockman, Sophie Stanton...

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Londres, 2008, quartier de Whitechapel, une série de meurtres atroces rappelle tristement ceux qu'à vu l'année 1888. La police songe à un simple copicat, mais c'est à un spécialiste qu'ils ont à faire, et peut-être même à l'éventreur lui-même tant le meurtrier s'arrange pour que l'affaire prenne les mêmes proportions qu'il y a 120 ans tout en restant tout à fait anonyme : Il veut réïtérer le même schéma, en se basant visiblement sur les meilleures théories...
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Produite à l'origine par Canival Films pour la chaine de télévision britanique ITV, la mini série Whitechapel (Le Retour de Jack l'Eventreur) a été diffusé sur Arte à deux reprises.
Produit télévisuel d'une grande qualité, Whitechapel, est bien sûr une réactualisation de l'enquête autour de Jack l'éventreur, prenant pour base l'apparition d'un "nouveau Jack" et entrainant les enqueteurs sur les traces de l'éventreur original pour comprendre le fonctionnement du tueur et la raison possible des meurtres qui n'auraient pas été commis au hasard, mais la série développe aussi une galerie de personnages très intéressant, à commencer par l'inspecteur Chandler (Rupert Penry-Jones), maniaque de la propreté pour qui c'est la première affaire sérieuse et Edward Buchan (Steve Pemberton), un ripperologue qui n'attend que de pouvoir se lancer sur les traces d'un imitateur aussi doué que le meurtrier actuel pour pouvoir en quelque sorte résoudre l'énigme qui le fascine tant.
Remarquablement bien écrite et prenant en compte des théories peu connues et très intéressantes sur l'identité du Ripper de 1888, la série est construite sur un suspens haletant en proposant des théories croisées sur le tueurs de 2008 et Jack l'éventreur ainsi qu'un ambiance glauque qui sied parfaitement à un possible retour du célèbre meurtrier.
Whitechapel bénéficie aussi de très bonnes interprétations et malgré une durée assez courte de 3H (3épisodes), elle s'inscrit facilement dans la lignée de séries comme Jekyll (produite par Hartswood films pour BBC One), la surpassant peut-être même à mes yeux. Bref, Le retour de Jack l'Eventreur vaut qu'on lui accorde le plus grand intérêt.

21 déc. 2009

The Undying Monster

Réalisé par John Brahm en 1942.
Avec James Ellison, Heather Angel, John Howard, Bramwell Fletcher, Heather Thatcher, Aubrey Mather, Halliwell Hobbes. D'après le roman de Jessie Douglas Kerruish.


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Une malédiction étrange semble planer depuis des siècles sur la famille Hammond dont les membres finissent tous par mourir prématurément des suites de l'attaque d'une créature étrange, c'est du moins ce que dis la légende, mais le Dr Colbert penche pour une tout autre théorie qui implique la lycanthropie...
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Produit par la 20th Century Fox en réponse au Wolfman d'Universal réalisé un an plus tôt par Georges Waggner, The Undying Monster (aussi connu sous le titre The Hammond Mystery) est la première incursion de John Brahm dans l'épouvante, suivront The Lodger (1944 avec Georges Sanders, Merle Oberon et Laid Cregar), fameuse adaptation du roman de Mary Belloc Lowndes sur Jack l'éventreur, et le superbe thriller Hangover Square (1945), bénéficiant d'un score mémorable de Bernard Herrmann.

John Brahm n'est certes pas parvenu à s'affirmer comme un auteur à la manière de Hitchcock, mais il a démontré à travers sa filmographie qu'il était un maître du suspens et avec The Undying Monster, il réalise une transposition du mythe du loup-garou tout en se démarquant radicalement du film de Georges Waggner qui restera LA référence en la matière.
Tourné dans des décors gothiques rappelant le superbe manoir de Manderley dans Rebecca de Hitchock ou la demeurre Baskerville dans le film de Terence Fisher, magnifiés par un noir et blanc à la photographie parfaite, l'intrigue de The Undying Monster se rapproche d'ailleurs des deux films sus-mentionnés pour donner au final un cross over inattendu entre Sherlock Holmes et Dark Shadows sur fond de lycanthropie lattente.
Dans le même ordre d'idée on remarquera que le duo d'agents de Scottland Yard, Robert Curtis et son assistante Christy se rapprochent d'un Holmes facétieux et d'un (ou une) Watson survoltée.
Plus orienté vers le suspens que vers l'action, The Undying Monster ne nous gratifie pas d'une scène de transformation comme The Wolfman et préfère jouer la carte du mystère jusqu'à la toute fin, ce qui rend le film quelque peu bavard et entrave l'approfondissement de la psychologie de certains personnages, du loup-garou surtout.
Techniquement irréprochable, le film de John Brahm a beau présenter des cadrages intéressants (notamment un point de vue depuis l'intérieur d'une cheminée qui sera repris par Corman 20 ans plus tard), de magnifiques décors, des personnages attachants (Heather Angel dans le rôle d'Helga Hammond) et un huis-clos qui fonctionne à merveille, il peine tout de même à passer pour autre chose qu'une belle série B.
Il en reste une réussite gothique indéniable qui ravira les amateurs du genre et que tout cinéphile doit absolument découvrir même si on préfèrera aisément The Wolfman (1941) dont le remake est d'ailleurs attendu pour février 2010.

30 nov. 2009

Le Chien des Baskerville (1983)

Réalisé par Douglas Hickox en 1983.
Avec : Ian Richardson, Donald Churchill, Denholm Elliott, Glynis Barber, Ronald Lacey, Martin Shaw...

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Sherlock Holmes reçoit à Bakerstreet la visite du Dr Mortimer qui vient l'entretenir des étranges évènements qui entourent la mort de Sir Charles Baskerville... Un manoir perdu dans la lande, des marécages, une malédiction ayant pour objet un chien monstrueux... exactement ce qu'il fallait à Holmes pour se changer les idées !
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Produite en 1983 pour la télévision, cette version du Chien des Baskerville, bénéficie certes d'un casting intéressant, mais ne présente rien de nouveau sous le soleil. En effet sans être une déception, il s'agit là d'une retranscription relativement fidèle, relativement bien jouée du célèbre roman de Conan Doyle.
Ce qui frappera d'emblée, c'est le thème composé par Michael J.Lewis, qui évoque plus un film d'aventure qu'une enquête holmesienne, cette musique, excellente au demeurant est un peu trop présente et tend à faire oublier le caractère gothique de la trame. L'ambiance en est quelque peu altérée alors que les décors participent à rappeler le film de Terence Fisher (1959) ce qui n'est pas pour servir ce téléfilm qui ne tient certainement pas la comparaison avec le chef-d'oeuvre de la Hammer.
Au niveau du casting, qui est intéressant donc, Ian Richardson est un choix des plus pertinent, bien que son interprétation de Holmes soit des plus classiques, beaucoup trop pour être retenue même si le physique de l'acteur est très proche de l'idée qu'on se fait habituellement du personnage. Donald Churchill quant à lui semble s'évertuer à reprendre la partition immortalisée tristement par Nigel Bruce dans les années 40, celle d'un Watson assez bedonnant et quelque peu crétin... nous voila face à un duo bien carricatural, mais fort plaisant car l'humour n'est jamais bien loin. Le reste du casting suit, toujours intéressant mais jamais brillant, on a connu Glynis Barber plus à l'aise et plus naturelle, la pauvre femme semble jouer comme si elle était continuellement constipée, Denholm Elliott et Ronald Lacey aussi d'ailleurs à croire qu'il y a eu un virus sur le tournage, ou une odeur étrange, tant tous les interprètes semble constamment mal à l'aise.
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Mais passant sur ces détails, préférons nous tourner vers les qualités esthétiques de cette production qui sont louables, les lents travellings sur la lande brumeuses accompagnés de la bande son onirique de Lewis parviennent à nous plonger entièrement dans une intrigue vue et revue, et le montage très efficace lors des attaques du chien redonne un peu de piment à l'ensemble. On appréciera aussi les magnifiques intérieurs du manoir Baskerville et les costumes créés par Julie Harris.
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Pour être bref, cette adaptation du Chien des Baskervilles de Sir Arthur Conan Doyle peine à briller et on lui préfèrera inévitablement la version de 1959 avec Peter Cushing, ou celle plus récente de 2003 avec Richard Roxburgh, mais elle reste un divertissement de qualité, production honnête bénéficiant d'interprètes honnêtes, de beaux décors et de beaux costumes et d'une relative éfficacité pour ceux qui n'auraient jamais ni lu, ni vu The Hound of The Baskervilles.