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10 déc. 2012

The Vampire Lovers


Réalisé par Roy Ward Baker en 1970.
Avec : Ingrid Pitt, Peter Cushing, Kate O'Mara, George Cole, Dawn Addams, Jon Finch...
Scenario de Tudor Gates d'après le roman Carmilla de Sheridan Le Fanu.
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La Comtesse Karnstein laisse sa fille, Marcilla, aux bons soins du Général Spielsdorf et de sa fille dans leur manoir de lointaine Styrie. Très vite, Laura Spielsdorf se lie d'amitié avec Marcilla, qui se montre attentionnée mais possessive. Laura en vient à souffrir d'anémie sévère alors que des cauchemars de plus en plus étranges la hantent. Au matin de sa mort, Marcilla s'est volatilisée... Quelque temps plus tard et non loin de là, la maison Morton accueille une jeune femme du nom de Carmilla, qui doit se reposer d'un accident de fiacre. Emma Morton se trouve alors séduite...
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The Vampire Lovers est le premier film du cycle Karnstein de la Hammer, inspiré du Carmilla de Le Fanu. Très loin de l'esthétique profondément gothique de la saga Dracula, cette première adaptation de Carmilla est tout aussi appréciable et apporte un peu d'originalité au canon vampirique hammerien qui commençait, en 70 à, si j'ose dire, manquer de sang neuf. C'est Roy Ward Baker, à qui l'on doit Scars of Dracula et Dr Jekyll and Sister Hyde, qui met son talent au service de ce premier opus.


Tourné en grande partie dans les studios d'Elstree, Vampire Lovers peut s'enorgueillir d'un autre lieu de tournage : Moor Park Mansion, dans le Hertfordshire. L'histoire est certes censée se dérouler en Europe de l'Est, on ne peut s'empêcher de trouver l'ensemble très anglais, ce qui renforce le charme du film. La photographie est tout à fait splendide et la caméra de Roy Ward Baker multiplie les mouvements amples et aériens que lui permet l'architecture imposante.

En dehors de ses qualités plastiques, auxquelles on reproche parfois de n'être pas assez hammeriennes, le film compte dans sa distribution quelques noms qui sont pour beaucoup dans sa réussite. En tête d'affiche, on ne présente plus Peter Cushing, qui va à nouveau endosser le costume de chasseur de vampire, avec l'air flegmatique qu'on lui connait. Dawn Addams s'offre le court rôle de la comtesse Karnstein et déploie un jeu beaucoup trop affecté, qui rend son personnage plutôt comique, Kate O'Mara est la vraie beauté du casting féminin, dans le rôle de la gouvernante d'Emma (interprétée par Madeline Smith, trop fade), son regard est aussi envoutant, sinon plus que celui d'Ingrid Pitt qui n'est autre que Carmilla à l'écran. On croisera aussi John Finch (future Macbeth pour Polanski) dans le rôle du jeune homme à la rescousse de la damoiselle en détresse.


Un beau casting, au service d'un beau scénario, qui retranscrit assez fidèlement le roman de Le Fanu, malgré quelques insistances sur la nature amoureuse des relations entre Carmilla et ses victimes, ainsi que quelques longueurs évitables (Carmilla procède de même avec deux jeunes femmes, ce qui provoque quelques répétition de situations). Le scénario s'encombre aussi d'éléments sous-exploités, devenus totalement inutiles, comme la présence d'un homme en noir qui serait le comte Karnstein, et dont les apparitions ne servent qu'à rappeler à Carmilla sa vraie nature lorsque celle ci commence à s'attacher à sa proie. Nombre de critiques affirment qu'avec ce film, la Hammer a atteint, voire dépassé ses limites dans la sensualité vampirique et qu'elle n'y fait que s'auto-parodier, mais indéniablement, la poésie éthérée de l'ensemble, l'aspect onirique et désuet, profondément mélancolique, même s'il est engendré par le vide d'un script trop étiré pour être honnête, vaut d'être pris en compte.


Le final de Vampire Lovers n'offre pas de véritable surprise, on assiste à la destruction de la belle vampire qui était parvenue à nous faire ressentir sa solitude et son malheur, au son de la musique d'Harry Robertson, qui ne vaut pas le tiers d'un score de James Bernard mais demeure assez original pour être apprécié. C'est donc une demie réussite que ce Vampire Lovers arrivé trop tard (on ne peut que rêver ce qu'aurait donné une version de Carmilla par Terence Fisher à l'aube des années 60), le meilleur y côtoie le pire, et pour peu qu'on choisisse d'ignorer le pire, alors il devient une très belle variation sur le thème vampirique, un mélodrame efficace, et surtout un splendide livre d'image à la gloire des enfants de la nuit.

8 janv. 2009

Carmilla


Roman de Joseph Sheridan Le Fanu (1814-1873), Parut en 1871.
Edition le Livre de Poche, 123 pages.

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Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXème siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une nouvelle vie commence pour l'héroïne.
Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla...Un amour inéfable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais "par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain".

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Il est de ces romans qui dès la première lecture vous ensorcèlent, vous pénètrent et vous possèdent, dont les personnages vous séduisent et vous hantent...Carmilla est de ceux-là.
Il suffirait que je m'arrête là, et mon article me semblerai complet, j'ai bien peur qu'une suite ne consiste qu'en un catalogue d'éloges sur cette sublime oeuvre gothique qui préfigure avec plus d'un siècle d'avance les vampires romantiques et sensuels de l'oeuvre de Anne Rice.
Mais je ne peux décemment pas laisser un article comme ça...
Ce qui (m'a) séduit dans Carmilla, outre ce personnage central, c'est ce paradoxe trouble Attraction - répulsion que l'on retrouve à chaque page, en effet Carmilla, même en tant que séductrice n'en est pas moins vampire et donc bourreau et la relation homosexuelle latente entre les deux femmes n'en est que plus trouble.
Carmilla est le vampire romantique par excellence, elle est capable d'aimer et elle souffre de sa condition de vampire, mais une fois son but atteint, une fois sa victime, son amour vidé de son sang elle ne peut faire autrement que de se mettre en quête d'une nouvelle proie, d'un nouvel amant, qu'elle perdra pareillement sans en faire son deuil. Mais dire pour autant que cela ne la touche pas serait mentir, Carmilla est en deuil bien sûr, en deuil constant, le deuil d'elle-même. Vampire égocentrique, et pourtant pathétique et attirante, comme le sera Louis dans Entretien avec un Vampire, Carmilla se pleure et se plaint, et si il lui arrive d'exploser de fureur, c'est contre elle-même et ce qu'elle est.

Le premier film à mon sens à avoir exploité ce côté du vampire, à montrer la créature de la nuit non plus comme le sempiternel méchant suceur de sang à abattre mais comme le véritable personnage principal a été le petit bijou gothique de Roy Ward Baker produit par la Hammer en 1970 : Vampire Lovers

La belle Ingrid Pitt dans le rôle de Carmilla dans le très beau Vampire Lovers

Il faut ajouter au film un traitement de l'image et des décors gothiques parfait et une approche discrète de l'amour qui unit les deux femmes, loins des potacheries lesbiennes de nombreuses productions de l'époque...enfin, c'est normal me dirait vous, ce film est anglais ! ^_^.

Pour les véritables amoureux de littérature gothique, Carmilla est une oeuvre à lire si ce n'est déjà fait si possible au coin du feu en regardant la neige tomber, et pour ceux qui sont déjà tombé amoureux du personnage ou simplement familier du récit, Vampire Lovers en est la meilleur adaptation à ce jour et il ne sera peut-être pas égalé de sitôt !