18 mai 2010

Le Diable du Crystal Palace

Roman de Fabrice Bourland
Publié en avril 2010
(ed 10/18, 274 pages)

En Novembre 1936, Andrew Singleton et james Trelawney reçoivent à leur domicile la visite de la belle et mélancolique Alice Grey. Depuis près d'une semaine, le fiancé de la jeune femme, Frederick Beckford, entomologiste au British Museum, a disparu sans laisser de traces. Craignant qu'un malheur ne soit arrivée, Miss Grey implore les détectives de lui venir en aide. Seul indice : un entefilet relatant un accident survenu en pleine nuit entre un taxi et un fauve en liberté, dont la lecture a, semble-t-il, beaucoup troublé Beckford. Si les deux acolytes ont déjà assisté à maints phénomènes extraordinaires au cours de leurs enquêtes, ils étaient loin d'imaginer ce qu'ils allaient bientôt découvrir dans les rues de la capitale britanique. Aidés par le Pr Winwoow, zoologiste réputé pour son extravagance, nos héros vont devoir batailler ferme pour empêcher le XXème siècle de sombrer dans le chaos.

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Fabrice Bourland entraine cette fois ses deux détectives dans une aventures farfelue, toujours inspirée par les romans de Conan Doyle et plus particulièrement The Lost World, et délaisse l'influence victorienne du fantôme de Baker Street pour donner, avec Le Diable du Crystal Palace, un roman de suspens et d'action qui n'est pas sans rappeler certaines aventures du Bob Morane d'Henri Vernes.

Bourland a vraiment le chic pour faire de Londres un véritable terrain de jeu, quand il ne s'amuse pas à y lacher les grandes figures de la littérature gothique qui reproduisent à loisir les cirmes qu'ils n'ont commis jusque là sur le papier, c'est une faune préhistorique qui menace de prendre le dessus sur la civilisation ! L'auteur ne nous gratifie pas, c'est dommage, d'apparitions sauriennes (mise à part lors du final), qui aurait permis une confrontation avec les descriptions d'époques, par souci sans doute de vraisemblance vis à vis du procédé qui permet aux créature disparues (le machairodus ou tigre à dents de sabre, le ptérodactyle ou le pitécanthrope) de revenir hanter le Londres des années 30. Invoquant bien sûr Le Monde Perdu de Sir Arthur Conan Doyle, mais aussi les différentes légendes que l'on trouve à travers le monde à propos d'animaux fabuleux venu du fond des âges et étant parvenu jusqu'à nos jours (inutile de citer la plus célèbre), il nous offre avec le professeur Rufus Winwood le plus curieux spécimen de son roman !

Une lecture très agréable, quoiqu'un peu trop rapide, pour un roman plus réussi que Le Fantôme de Baker Street ou Les Portes du Sommeil, entrainant, drôle et inventif.

16 mai 2010

The House of Usher



Réalisé en 1988 par Alan Birkinshaw.
Avec Oliver Reed, Donald Pleasance, Romy Windsor, Norman Coombes, Anne Stradi...
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A la fin des années 80, Ryan Usher accompagné de sa ravissante fiancée Molly s'en va rendre visite à son oncle Roderick au manoir familiale. Dès leur arrivée sur la propriété les deux jeunes gens ont un accident au cour duquel Ryan est sérieusement blessé. Accueillie au manoir après avoir été assurée que Ryan va bien, Molly fait la connaissance du couple étrange de domestiques, avant de dîner avec Roderick, un tonton sympa...un peu trop pour être honnête.
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La Chûte de la Maison Usher n'en fini pas d'inspirer les cinéastes travaillant dans le monde merveilleux de la série B ! La nouvelle qui a inspiré des chefs-d'oeuvre tels que The fall of the House of Usher (1960) de Roger Corman ou The Blancheville Monster (1963) de Alberto De Martino ou des objets filmiques plus discutables comme le Revenge in the House of Usher (1982) de Jess Franco, se retrouve cette fois entre les griffes du producteur Harry Alan Towers.
Les productions Towers sont souvent, il faut l'admettre d'une certaine qualité, il suffit pour s'en convaincre de voir Ten Little Indians (de Peter Collinson, 1974, avec Charles Aznavour, Oliver Reed, Richard Attenborough, Stephane Audran, Elke Sommer, Herbert Lom, Maria Rohm et la voix d'Orson Welles, quel casting !) ou Phantom of The Opera (de Dwight H. LIttle, 1989 avec Robert Englund). Une version de la chûte de la maison Usher produite à la même période que ce dernier film et bénéficiant de la présence des deux grands acteurs que sont Oliver Reed et Donald Pleasance, tournée dans des décors qui conviennent parfaitement, semble augurer le meilleur.
House of Usher constitue effectivement un spectacle gothqiue plus que décent et une histoire d'épouvante délicieusement kitsh qui tient le spectateur en haleine jusqu'au bout. Oliver Reed dans le rôle de Roderick Usher a tout du gentleman excentrique et légèrement atteint, la carrure imposante de l'acteur apportant en plus au personnage un côté plus inquiétant, puisque Roderick, malgré le mal qui le ronge, est un personnage violent et imprévisible (la scène de la douche est, elle aussi, totalement imprévisible). Donald Pleasance quant à lui se retrouve cantonné au rôle de Walter Usher, le frère de Roderick, reclus dans un donjon et cloué dans un fauteuil roulant, complêtement syphonné et terriblement sympathique (jusqu'à un certain point). Mais le personnage le plus intéressant reste la gouvernante, incarnée par une Anne Stradi qui compose avec les meilleures répliques un rôle touchant, qui rappelle étrangement la gardienne de La Maison du Diable de Robert Wise (1963). Malgré l'intérêt que cette galerie suscite, c'est finalement ce que l'on pourra reprocher au scénariste : trop de personnages, trop d'éléments avec lesquels jongler trop de facettes à explorer, ce qui fait au final qu'on a un peu tout vu sans avoir vraiment tout compris.
Roderick ici a en effet pour but d'évincer Ryan (qui finira enterré vivant évidemment) pour séduire Molly et avec elle redonner de la force à une dynastie consanguine. Personne dans le manoir n'est là pour porter secour à Molly, à part Walter dont l'aide est plutôt discutable, et le suspens est croissant malgré les ressort abracadabrant de l'intrigue. Il est aussi dommage que l'intrigue se situe à la fin des années 80 et non au XIXème siècle, mais on peut considérer qu'un voyage dans le temps s'opère dès lors qu'on franchit les portes du manoir.
Le film offre de belles séquences, comme le cauchemar de Molly qui voit une cérémonie de mariage pour elle et Roderick dans la chapelle Usher baignée de brume à côté du corps de Ryan, le tout accompagné d'une guitare electrique qui participe au caractère délirant de la chose. Au niveau de la bande son, on peut déplorer le manque de grandeur de celle-ci (on est très loin du score de Misha Segal pour Phantom of the Opera), le score se voulant onirique de Gary Chang n'étant pas réellement adapté aux décors de l'intrigue.
Dans la veine de productions comme Edge of Sanity (Gerard Kikoïne, 1989) ou Phantom of the Opera, House of Usher s'inscrit dans l'étrange revival que connu Edgar Poe à la fin des années 80 (Birkinshaw réalisera 2 ans plus tard une version de Mask of the Red Death, tandis que Jim Winorsky, réalisera The Haunting of Morella, produit par Roger Corman et Stuart Gordon s'attaquera à The Pit and the Pendulum produit par Charles Band) et mérite sincèrement d'être vu, en tant que révision loufoque et divertissante du classique de Poe, même s'il se montre parfois obscure et prend d'énormes libertées avec son modèle.

25 avr. 2010

The Countess


Ecrit et réalisé en 2009 par Julie Delpy.
Avec Julie Delpy, Daniel Brühl, William Hurt, Sebastian Blomberg...
Musique composée par Julie Delpy.

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Veuve héritière de la fortune et de l'armée de son époux qu'elle gère avec maestria, Erzebet Bathory jette son dévolu sur le jeune Istvan Thurzo. D'un amour passionné mais contrarié qui lui aura, un court instant fait connaître le bonheur, la comtesse ne garde que l'amertume : éprise d'un adolescent à la peau lisse, elle remarque avec horreur que son corps de femme mûre est marqué par l'empreinte du temps. Sombrant dans la folie après le départ de son amant, elle se persuade que le sang pur des vierges lui rendra sa jeunesse...
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Biopic très attendu, The Countess est presque l'oeuvre d'une seule femme, en effet, Julie Delpy écrit, produit, réalise, compose la musique et interprète le rôle titre de ce film qui derrière une apparence plus que crédible de film historique, dissimule un habile et touchant portrait de femme.

La figure d'Erzebet Bathory hante le folklore vampirique et rarement métrage n'a été aussi juste dans son traitement que The Countess. Julie Delpy s'émancipe de l'image que donnèrent les classiques des années 70 comme Countess Dracula de Peter Sasdy ou les Contes Immoraux de Borowczyk, pour appréhender la figure dans toute sa profondeur, ainsi la narration ne se centre à aucun moment sur les hypothétiques meurtres mais s'emploie à dévoiler petit à petit la personnalité de son personnage central, à lui attribuer des raisons autres que sa propre vanité. Erzebet Bathory est dépeinte comme une femme volontaire et moderne, forcément frustrée par la sociétée du XVIème siècle, trouvant satisfaction dans la crainte qu'elle inspire. Sans la victimiser pour autant, Julie Delpy redonne au personnage une humanité perdue, remplacée par des siècles de légende.

Filmé en Roumanie et en Allemagne, The Countess dénote une grande sobriété au niveau des décors, les intérieurs restreints donnent un caractère intimiste au drame et les costumes, une certaine austérité, certainement peu éloignée de la mode de l'époque. Dans ce cadre si minimaliste et pourtant si enchanteur auquel colle parfaitement le score musical délicat, Delpy/Bathory envahit l'écran et peu de place est laissée au reste du casting. Avant d'être une meurtrière obsédée par sa jeunesse perdue, Erzebet est une femme malheureuse et surtout amoureuse, ce qui donne lieux à des scènes dures et bouleversantes comme celle de la mèche de cheveux de Thurzo qu'elle dépose au creux d'une entaille sur son sein ; les métaphores dont use Julie Delpy sont à l'image du film, subtiles et efficaces.


Mais la grande efficacité du film réside en ce doute qui parvient quand même jusqu'à notre esprit, éveillé par une image d'Erzebet étendue dans sa chambre au fenêtres murées, ayant recouvré sa beauté... un relicat de légende qui apporte une certaine poésie à cette oeuvre si troublante.
Brillant portrait de femme, The Countess est certainement le film le plus juste et le plus poignant jamais réalisé sur cette figure ô combien tragique qu'est Erzebet Bathory, une femme qui savait que s'il est agréable d'être respecté, admirable d'être craint, il est vital d'être aimé.

12 avr. 2010

When Dinosaurs Ruled The Screen ; le génie de Willis O'Brien et Ray Harryhausen

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Depuis les balbutiement du cinéma, les dinosaures fascinent les artisan du 7ème art, ce qui a donné lieu à un certain nombres de grand classiques, depuis The Lost World (Harry Hoyt, 1925) jusqu'au spectaculaire Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993). Le pionnier de cette petite histoire du cinéma, c'est Willis O'Brien !
Ayant servit de guide à des paléontologues ou ayant sculpté pour eux des figurines en argile, Willis O'Brien s'intéresse très jeune à l'animation et le lien est vite fait ! Son premier film The Dinosaur and the Missing Link (1917) lui permet d'être engagé par la compagnie Edison pour d'autres court-métrages du même acabit. Il réalise aussi le surprenant Ghost of Slumber Mountain (1918) qui en guise de final nous montre la lutte d'un cératopsien contre un prédateur géant. Mais l'oeuvre qui marquera le début d'une grande carrière est bien entendu The Lost World (1925) inspiré du roman de Sir Arthur Conan Doyle ! Enorme succès public et critique, Le Monde Perdu est surtout une superbe prouesse technique permettant la présentation de quelques espèces de dinosaures dans un milieu "naturel".



Une famille de tricératops
La fameuse bataille fantasmée entre un mégalosaurus et un brontosaurus scientifiquement douteux.




La récession économique qui touche les Etats Unis empêche, malgré le succès de The Lost World, la réalisations de plusieurs projets tout aussi conséquents, comme Création (1931) qui restera inachevé et dont ne subsistes que quelques minutes. Le film ne présente pas un scénario très poussé, néanmoins, l'étrange beauté des images et des situations (une mère tricératops défendant son petit) et la qualité de la stop-motion s'avèreront une grande source d'inspiration pour King Kong (1933) qui reste l'un des plus gros succès de la RKO !
Le combat mémorable de Kong contre le Tyrannosaure de Skull Island qui évoque étrangement un match de catch.
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Travaillant sur Mighty Joe Young (1949) pour lequel il se verra attribuer l'oscar mérité des meilleurs effets visuels, il bénéficie de la collaboration de son protégé et successeur, Ray Harryhausen dont on connait l'immense carrière (depuis Mighty Joe Young jusqu'au Choc des Titans de 1980). Cette collaboration sonne presque comme une consécration pour le jeune Ray Harryhausen qui depuis sa première vision de King Kong, se passionne pour la reconstitution et l'animation d'animaux préhistoriques ou fantastiques. En guise de premier essai, Harryhausen réalise Evolution en 1938 (dont le titre est évidemment une extension de Création), un pseudo documentaire, sans aucune explications montrant la promenade d'un sauropode dans la jungle, puis l'attaque d'un cératopsien par un carnivore efficace, des scènes simples que l'ont retrouvera, toujours plus convaincantes au fil de la filmographie de l'artiste.


Parmi les belles réussites sauriennes d'Harryhausen, compte évidemment la dangereuse ménagerie de One Million Years B.C (1966, Don Chaffey). La Hammer se lance dans l'aventure préhistorique et engage pour cela le plus grand nom du genre. Si Raquel Welch en bikini léopard n'est pas des plus convaincante en bimbo des cavernes très 60's, il en va autrement pour les différentes créatures que Harryhausen confectionne et anime, fidèle à ses premières amours. Ainsi, on s'écartera pour laisser passer un imposant Brontosaure, guest star qui le temps d'un caméo nous rappelle le brouillon, Evolution, et sa beauté balbutiante.


Lutte pour la survie : L'homme et l'Allosaurus ou 150 millions d'années d'écarts effacés par la magie du cinéma.


Le film racontant une lutte de classe improbable à une époque indéterminable dans laquelle se rencontrent Dinosaures, êtres humains et insectes géants, est prétexte à une série de séquences ou la stop-motion est au service de duels à mort, comme le long et spectaculaire combat qui oppose un tricératops et un cératosaure dans un festival d'inexactitudes scientifiques qui se trouvent excusées par le bordel régnant dans cette réalité parallèle dépeinte par cette production fort sympathique.



Les ptérodactyles de One Million Years B.C se disputant Raquel Welch et le ptéranodon coloré de La Vallée de Gwangi .


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Le film qui pour moi reste l'un des plus représentatif de la phase dinosaurienne du travail de Ray Harryhausen est La Vallée de Gwangi (1969), version élaborée de Beast of hollow Mountain (1956, un projet que chérissait Willis O'Brien malheureusement décédé en 1962). Croisement audacieux entre un western et Le Monde perdu, La Vallée de Gwangi met en scène une troupe de cirque en quête de nouvelles attraction dans une vallée mexicaine que tout le monde dit maudite. Le film donne lieux à de superbes scènes et à de belles trouvailles : Harryhausen crée pour le film une jolie reconstitution de l'Eohippus (cheval de l'aube) un équidé primitif de 50 centimètres très mignon par lequel toute l'aventure commence. Mais la star du film est bien entendu Gwangi, un féroce Allosaurus bleuté dont les apparitions sont inévitablement ponctuées de hurlements.

Gwangi contemplant différentes proies, avant d'être capturé par la troupe et exhibé dans un cirque, la filiation avec Le Monde perdu ou King Kong étant évidente, l'animal brisera ses chaines pour semer la terreur dans la ville avant de connaitre une bien triste fin.
Plus de tricératops ici, mais un styracosaure coriace



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The Valley of Gwangi marque une évolution formidable pour les dinosaures au cinéma et se permet même l'introduction d'un nouvelle star du grand écran : L'Ornithomimus. C'est en effet la première apparition dans l'histoire du cinéma de ces dinosaures autruche, 24 ans avant Jurassic Park et les splendides citation que fait Spielberg à l'ensemble de l'oeuvre de Willis O'brien et Ray Harryhausen : On pense évidemment à cette magnifique attaque des Gallimimus (cousins de l'ornithomimus) par le Tyrannosaurus Rex qui reprend à l'identique la scène de première rencontre avec Gwangi ou les déambulation anxieuses de la mère Tyrannosaure dans San Diego (Le Monde Perdu, 1997) qui trouveront une fin plus heureuses que celle de son modèle de 1969.


24 ans avant Jurassic Park, un ornithomimidé courait déjà vers la gloire.

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9 avr. 2010

BORGIA

Bande dessinée d'Alejandro Jodorowsky et Milo Manara.
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Rome n'est plus une ville sainte, mais un chaos sans foi ni loi et les Borgia, premiers parrains de l'histoire en sont les maîtres. Pendant que Savonarole harangue les foules pour essayer d'endiguer la vague de débauche qui déferle sur Rome, le Cardinal Rodrigo Borgia met tout en oeuvre pour se faire élire Pape. Pour parvenir à ses fins, tous les moyens sont bons et il est pret aux pires atrocités, jusqu'à utiliser ses enfants dans sa quête de pouvoir.
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Voila l'oeuvre fascinante de deux auteurs reconnus, le premiers pour son cinéma surréaliste et baroque et ses collaborations avec Roland Topor ou Fernando Arrabal, le second pour son style sans détour et le caractère sulfureux de ses univers. Borgia est bien le fruit de ces deux personnalités, cela se sent ! Tenant de Jodorowsky ses délires sanglants et anti-chrétiens et de Manara son érotisme quasi dérangeant, la mainmise des Borgia est fidèlement retracée dans cette bande dessinée éponyme.


Bénéficiant d'un dessin assuré, subtil et détaillé, Borgia propose de superbes vues de Rome (et d'autres, de Lucrèce...) ainsi qu'un regard acéré sur les habitudes de l'époque. La filiation avec le mouvement Panique dont Jodorowsky était l'un des instigateurs est mince, mais se ressent ça et là quand l'alégorie prend le pas sur les faits et que l'oeuvre se fait plus délirante. Une chose est sûre, on est très loin ici de la vision proposée par Christian Jacques dans son film Lucrèce Borgia avec Martine Carol. Sans conscession, chaque album de la série va au bout de son trip avec une minutie quasiment effrayante, mais si excitante qu'il est totalement impossible de refermer chaque tome avant de l'avoir achevé.
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Mélant le sang et le sexe dans une fresque historique magnifique, Borgia fait partie de ses petits joyaux de la bande dessinée que les non-amateurs éprouvent un immense plaisir à découvrir, ne serait-ce que pour les noms en couvertures, et ce titre si alléchant : Jodorowsky/Manara/Borgia !

14 févr. 2010

THE WOLFMAN (2009)

Un film de Joe Johnston.
Avec : Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, Hugo Weaving, Geraldine Chaplin...
D'après l'histoire originale de Curt Siodmak.
Musique composée par Danny Elfman.

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Lawrence Talbot rentre des Etats Unis au manoir familiale pour apprendre la mort violente de son frère, mis en pièce par ce qui semble être une bête sauvage, laissant Gwen Conliffe, veuve avant d'être mariée. Alors qu'il mène l'enquête auprès de sgitans de Blackmoor, Talbot est lui-même attaqué et sévèrement mordu par la bête...


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Le remake tant attendu de The Wolfman (1941) a enfin déchiré les écrans français, et si le succès populaire s'annonce mititgé, la réussite du film (à tous les niveaux) ne peut être niée.

Voila exactement 75 ans que le premier film de loup-garou, produit par Universal ; Le Monstre de Londres (Stuart Walker, 1935, avec Henry Hull) a lancé la carrière fructueuse du Lycanthrope à l'écran, mais c'est 6 ans plus tard, que le chef-d'oeuvre de Georges Wagner, The Wolfman (1941) rendra immortel cette figure imposante du cinéma fantastique. Il était donc légitime, qu'au même titre que Dracula, Frankenstein ou la Momie, Le Loup-Garou d'Universal ait droit lui aussi à un remake qui ne lésinerai pas sur les moyens : une excellente idée qui se révèle être tombé entre les meilleures mains !

Le film s'ouvre avec les paroles de la gitane Maleva, qui concluaient le film de 1941, paroles que l'ont peut voir gravées sur une pierre tombale. la mise en scène classique et le thème envoutant de Danny Elfman nous plonge dans ce film fait "à la manière de" qui ne trahi à aucun moment la mémoire de son ainé. L'envoutement se poursuit à travers les décors, gothiques, sombres, magnifiques et terrifiants où se situe l'intrigue; depuis le manoir Talbot, perdu dans les landes de Blackmoor jusque dans un Londres fantasmagorique, qui n'a rien à voire avec celui de Sherlock Holmes, mais se rapprocherai plutôt de celui de Sweeney Todd.

Ces magnfiques décors sont occupés par des personnages beaucoup plus complexes que ceux du film de Georges Wagner, et interprétés par des acteurs splendides qui rendent un "violent" hommage au film original et aux autres classqiues Universal. Comment ne pas penser à Lon Chaney Junior ou à Oliver Reed (La nuit de Loup-Garou, de Terence Fisher, 1961) en voyant la massive silhouette de Benicio Del Toro arborant la superbe canne à tête de loup du film de 41. Anthony Hopkins, dans une composition fameuse, reprend le rôle tenu 69 ans plus tôt par Claude Rains en lui donnant le côté calculateur et inquiétant d'un Hannibal Lecter en manteau de fourure. Emily Blunt, dont le maintient appelle les costumes d'époque est quand a elle d'une beauté discrète et tragique, dans le rôle difficil de l'unique amour de la bête, la seule à pouvoir la tuer.


Au niveau technique, il n'y a rien à redire, les effets spéciaux créés par Rick Baker (Le Loup-garou de Londres, de John "Thriller" Landis, 1981, ou encore Wolf, 1993), alternant un numérique discret avec un maquillage artisanal, donnent une puissance redoublée au film sans l'alourdir ; On retrouve enfin une transformation crédible et tout ce qu'il faut d'effrayante.
Le film de Joe Johnston ne se contente pas de faire référence au Wolfman original, mais contient au contraire nombre de clin d'oeil qui en font presque l'aboutissement de près d'un siècle de légende cinématographique : Un voyage en Asie évoquée par le père de Lawrence semble vouloir mettre en place une filiation entre Le Monstre de Londres et The Wolfman, Le Loup-garou de Londres se voit offrir un clin d'oeil amusant avec un carambolage impliquant un bus à impérial dans les rues de Londres, un duel à mort entre lycanthrope semble faire référence à Wolf et un plan très court lors d'une traque en forêt reprend à l'identique l'image de l'unes des affiches originales de La Nuit du Loup-garou. Ce côté référenciel, qui n'entrave aucunnement la vision du film pour les novices, se révèle être un véritable régal pour les connaisseurs, qui en apprécieront la pertinence, comme on goute un grand cru.


On pourra toujours dire que Joe Johnston est un bon réalisateur, mais pas un grand conteur (voire la différence entre son Jurassic Park et ceux de Spielberg), et que ce que ce Wolfman gagne en adrénaline, il le perd en romantisme (il est heureux du reste que le film n'ai pas atterri entre les mains d'un Stephen Sommers), néanmoins le score inattendu d'un Danny Elfman emprunté à Tim Burton rend lui aussi au loup-garou une splendeur qu'on croyait passée. Rien ne doit faire hésiter : Il ne faut pas passer à côté de cette somptueuse histoire à l'ambiance ensorcelante, réécrite par le scénariste de Sleepy Hollow, ni à côté du duo majestueux Del Toro / Hopkins, nous sommes bien là en face d'un chef-d'oeuvre du genre !

SHERLOCK HOLMES (2009)

Un film de Guy Ritchie.
Avec : Robert Downey Jr, Jude Law, Rachel Mc Adams, Mark Strong, Hans Matheson, Kelly Reilly, James Fox...
Basé sur les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle.
Musique de Hans Zimmer.

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Lorsqu'il n'a pas d'affaires à traiter, Sherlock Holmes déprime. Fort heureusement, le criminel Blackwood, pendu pour ses meurtres rituels, semble s'être relevé de sa propre mort. Voila donc Holmes et son fidèle ami Watson à nouveau sur les traces du meurtrier... mais comme un problème n'arrive jamais seul, c'est sans compté sur Mary Morstan, la fiancée de Watson, dont la présence semble considérablement contrarier le détective et sur Irène Adler, qui en sait beaucoup plus que ce qu'elle veut bien en dire.
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Une nouvelle fois, le célèbre détective Sherlock Holmes fait l'objet d'une transposition à l'écran. cette fois, c'est le surprenant Guy Ritchie qui s'intérèsse au personnage, s'entourant d'un casting fort "jeune" et bénéficiant de lourds moyens que les adaptations de Sherlock Holmes avaient jusque là rarement pu se permettre, bien souvent reléguées au rang de téléfilms.
Au casting de cette adaptation plutôt surprenante, on retrouve bien sûr Robert Downey Jr dans le rôle du célèbre détective et Jude Law en Dr Watson. Les deux acteurs insufflent à leurs personnages une jeunesse, certes inabhituelle en comparaison des grandes figures qui ont prété leurs traits au duo (Basil Rathbone/Nigel Bruce, Peter Cushing/André Morel, Christopher Plummer/James Mason...) mais assez proches des personnages apparus dans A Study in Scarlet, qui n'ont que 28 ans lors de leur première rencontre. Rachel McAdams dans le rôle d'Irène Adler, n'a elle, rien du personnage évoqué dans Un Scandale en Bohème, son côté minette a pour effet d'annuler son caractère premier de femme fatale, on est bien Loin de Charlotte Rampling qui reste la meilleure incarnation de la seule femme qu'aie jamais aimé Sherlock Holmes (Sherlock Holmes in New York, 1976). Cet aspect "dépoussiéré" s'accompagne d'une intrigue totalement inédite, quelque peu convenue, mais qui laisse une grande part à l'action, obligeant nos personnages préférés à littéralement crapahuter dans Londres, nous laissant tout le loisir d'admirrer le travail fourni sur les décors.


S'il faut parler des décors, commençons par le 221B Baker Street, dont le plan sur le numéro nous sera servi à plusieurs reprise dans le film, comme pour nous rappeler que nous sommes bien là dans une adaptation de Sherlock Holmes. L'appartement, dans un désordre soigneusement organisé, pourrait exactement être celui d'un détective célibataire cocaïnoman qui classe ses dossiers en fonction de l'épaisseur de la couche de poussière qui s'y est accumulée. On pourra regretter que malgré une excellente réplique, Mme Hudson fasse elle-même partie du décor. Le film de Guy Ritchie frappe d'emblée par son esthétique très sombre, léchée au possible, d'un londres fin XIXème baignée de brume, déjà vu bien entendu, mais produisant toujours son petit effet. L'intrigue elle-même fonctionne selon des poncifs déjà vu et le sous-génie du mal, Lord Blackwood (dont le nom a dû exiger un effort surhumain d'originalité) qui nous est présenté n'est pas toujours convaincant, le personnage de Mark Strong, au delà de son ambition mégalomane, manque cruellement de personnalité. Heureusement que les "second rôles" viennent mettre un peu de piment dans l'intrigue, lors d'une scène de dîner avec Mary Morstan (Kelly Reilly) ou une entrevue avec Lord Coward (Hans Matheson).



Contre toute attente, Sherlock Holmes par Guy Ritchie est loin d'être détestable, film d'aventure esthétisant, hautement divertissant, plus proches du Secret de la Pyramide que de Meurtre par Décret, il offre une vision tendre, mais non dépourvue d'un certain cynisme, des personnages créés par Conan Doyle. On saluera au final le score intrigant de Hans Zimmer qui compose un "Sherlock Holmes' theme" au accents tziganes, au violon bien entendu !